Voyez tome I, p. 131, note
MtMOIRF.S DE SAINT-SIMON. II 14
département de directeur séparé en deux, pour les deux inspecteurs : desquels tous, la moitié étoit fixée à l'infanterie, et l'autre moitié à la cavalerie. Outre un pouvoir étendu en1 toute espèce de détail de troupes, les directeurs les pouvoient voir en campagne, mettre aux arrêts, interdire même les brigadiers de cavalerie ou d'infanterie; et les inspecteurs, qui furent tous pris d'entre les brigadiers, eurent un logement au quartier général, et dispense de leur service de brigadier pendant la campagne2. Telle fut la fondation de ces emplois, qui blessa extrêmement les officiers généraux de la cavalerie et des dragons. Le comte d'Auvergne, nourri de couleuvres sur sa charge depuis longtemps, avala encore celle-ci en silence3. Rosen4, étranger et soldat de fortune jusqu'à avoir tiré au billet pour maraude3, quoique* de bonne noblesse de Po- I méranie6, devenu lieutenant général et mestre de camp I général de la cavalerie, étoit un matois rusé, qui n'avoit garde de se blesser, et qui loua au contraire cet établissement. Villars, lieutenant général et commissaire général de la cavalerie, ébloui de sa fortune et de celle de son père7, se fit moquer des deux autres, à qui il proposa de s'opposer à une nouveauté si préjudiciable à leurs charges, et encore plus du Roi, à qui il osa en parler.