Le a été corrigé en Vy. — 2. Dans le manuscrit, group
pour le mettre en état d'entreprendre ce siège avec sûreté, et M. de Barbezieux, qu'il mettoit au désespoir1, n'osoit manquer à ce qui lui étoit prescrit, et qui étoit éclairé par le double intérêt de M. de Noailles de ne manquer de rien à temps, et de ne le pas ménager, s'il n'nvoit toutes choses à point2.
•1. Dans le manuscrit, despoir.
2. C'est bien là le texte du manuscrit; il faudrait, pour que la phrase, avec les deux membres relatifs : « qu'il mettoit » et « qui étoit éclairé », fût correcte, rejeter à la fin les mots : « n'osoit manquer à ce qui lui étoit prescrit ». — Saint-Simon ayant absolument dénaturé les détails de cet épisode, nous croyons nécessaire de les rétablir à l'aide des Mémoires de Noailles (p. 49-61), et surtout des documents inédits du Dépôt de la guerre (vol. 1282 et 1283). Dès le commencement de la campagne, le Roi pressant M. de Noailles de se diriger sur Barcelone, ce général avait répondu, de sa propre main, le 7 juin : « Quoique V. M. m'ait fait l'honneur de me dire qu'elle a voit assez de confiance en moi pour s'en remettre entièrement à ce que je jugerois qui pourroit être du bien de son service, je n'ai pas voulu néanmoins manquer à l'informer de l'état où sont les choses et du parti que je crois le meilleur.... » Ce parti, approuvé par l'intendant Trobat et par tous les officiers généraux, était de différer le siège de Barcelone, quoique ce fût une entreprise « d'un grand éclat et d'une grande conséquence, » et de marcher sur Girone. En arrivant devant cette ville , le maréchal fut atteint de très-violentes douleurs de reins. « Je suis si abattu et si fatigué, écrivait-il, que je ne puis répondre à la lettre de V. M. par cet ordinaire. » D'autres préoccupations se joignirent à ses souffrances corporelles : Barbezieux , soit négligence, soit pénurie de fonds, soit aussi jalousie (voyez les Mémoires de Noailles, p. 54 et 57), n'avait pas assuré le service de l'armée de Catalogne, et c'était un embarras constant, on le conçoit facilement, pour satisfaire le Roi. Le maréchal, maître de Girone, écrivait au ministre (30 juin) : « 11 ne nous reste quasi plus d'argent de notre dernière voiture. Nous avons fait trois sièges, et nous n'avons touché que deux cent soixante et tant de mille livres pour l'armée, dont la seule subsistance va bien plus haut pour un mois. » L'argent n'arriva point, et, lorsque Hoslalrich fut pris, le trésorier n'avait plu? en caisse que vingt pisloles (27 juillet); aussi le libertinage, le désordre et la maladie régnaient-ils dans l'armée. Ce fut dans ces conditions qu'on reçut l'ordre du Roi d'attaquer Barcelone, ordre daté du 8 août. Le maréchal assembla aussitôt les généraux et l'intendant; tous déclarèrent, dans le
Une flotte de cinquante-deux l vaisseaux partit le 3 octobre de Toulon , chargée de cinq mille deux cents hommes de troupes prises en Provence, de celles de M. de Vendôme 2 ; et rien ne manquoit plus qu'à mettre la main à l'œuvre, lorsque M. de Noailles voulut rendre au Roi un compte particulier de tout et recevoir directement ses ordres, et le tout à l'insu de M. de Barbezieux. Pour une [Add. S-S. 98] commission si importante pour lui, il choisit Genlis3, qui, étant* sans bien et sans fortune, s'étoit donné à lui, et
conseil tenu le 6 septembre, qu'il était difficile de faire le siège de Barcelone, impossible de songer à celui de Lerida, et qu'on pouvait seulement préparer une campagne défensive pour 1695. On était alors devant Castel-Follit, et le maréchal souffrait d'une forte fièvre, qui se compliqua de douleurs rhumatismales et de vomissements; il demanda, le 23 septembre, son congé et la séparation de l'armée. Deux jours après, le 25, il recevait encore des ordres si formels de marcher sur Barcelone, que l'armée dut s'y préparer, bien que tout le monde persistât à croire l'entreprise inexécutable sans troupes, sans argent, avec des soldats découragés, débandés, et des officiers non payés, ni même nourris. On le voit, Saint-Simon se trompe ou altère sciemment les faits lorsqu'il dit que « rien ne manquoit plus qu'à mettre la main à l'œuvre, » que M. de Noailles pressait le Roi d'ordonner le siège de Barcelone , que Barbezieux « n'osoit manquer à ce qui lui étoit prescrit, <> et que Barcelone eût été pris facilement sans 1' « horrible trahison » qu'il va dévoiler.