Les Hollandais
2. On lirait plutôt : avoit; toutefois, il semble que les premières lettres ont été retouchées.
3. Les trois négociateurs revinrent rendre compte de leurs tentatives infructueuses clans les premiers jours du mois de janvier 1695 ; voyez le Journal de Dangeau, tome V, p. 126 et 132, et la Gazette d'Amsterdam, 1695, p. 6 et 23.
4. Saint-Simon a parlé plus haut (p. 131-132) du mariage conclu le 20 avril 1694 entre Marguerite le Tcllier, fille de Louvois, et Louis-Nicolas de Neufville, duc de Villeroy. 11 fera de cette duchesse de Villeroy deux très-curieux portraits, l'un (tome VI, p. 108) en 1708, époque où elle devint la favorite de la duchesse de Bourgogne, et l'autre (tome VIII, p. 310) au moment de sa mort.
figure, sa naissance et les bontés du Roi avoient solidement1 gâté2.
Roquelaure Roquelaure, duc à brevet et plaisant de profession3,
insulte essuya une triste aventure. Il avoit été toute sa vie extrê-
l>ar MM. de J . ...
Vendôme. mement du grand monde, et ami intime de M. de Ven- Uld.S-S.i09} dôme. Comme il vouloit tenir à tout, il s'étoit fourré parmi les amis de M. de Luxembourg, de la brillante situation duquel4 il espéroit tirer parti, et de ce qu'il entrevoyoit dans la cour de Monseigneur, que ce général, intimement uni avec le prince de Conti, méditoit de gouverner et d'avoir une part principale à tout lorsque le Roi n'y seroit plus. La difficulté pour Roquelaure étoit de demeurer bien avec des gens si opposés, qui devint bien plus fâcheuse lors de la rupture ouverte de MM. de Vendôme avec M. de Luxembourg, dont j'ai parlé plus haut3, et de ses causes. Elle fut si entière qu'il fallut opter, et Roquelaure, qui ne lisoit pas dans l'avenir, ne balança pas à quitter son ancien ami de tous les temps pour ceux qu'il venoit de se faire, et dont il espéroit beaucoup. M. de Vendôme en fut piqué au vif; mais il n'étoit pas temps de le montrer. L'éloignement de l'Italie,
1. Nous trouverons plusieurs fois dans les Mémoires cet emploi figuré, de solide?nent, marquant un fort superlatif.
2. Henri de Lorraine, duc d'Elbeuf (voyez tome I, p. 46), était réputé, le plus grand menteur du monde, et, outre cela, fripon, escroc, perdu de vices. Le Chansonnier raconte que, voulant séduire Mme de Villeroy, il lui fit remettre un billet par le jeune la Feuillade ; mais elle le montra aussitôt à son frère Barbezieux et à sa belle-mère. (Ms. Fr. 12 692, p. 179.) En 1697, le duc d'Elbeuf eut encore une aventure analogue avec Mme de Barbezieux ; voyez le tome II, p. 150. Mme de Caylus dit de lui (Souvenirs, p. 489) : « Il a passé sa jeunesse à être le fléau de toutes les familles, par ses mauvais procédés avec les femmes et par se vanter souvent de faveurs qu'il n'avoit pas reçues. »
3. La bouffonnerie, souvent spirituelle, mais non moins souvent grossière, était comme héréditaire dans cette famille depuis deux généralions. Saint-Simon citera plusieurs traits du duc dont il est question ici.