‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 177 sur 351 · Le a été ajouté au-dessus de la ligne · texte numérisé non relu

Le a été ajouté au-dessus de la ligne

3. Saint-Simon répétera presque mot pour mot le même article, en parlant de la mort de M. de Crécy (tome VII, p. 128).

4. Jean Morcl, conseiller de grand'chambre, était lils d'un bourgeois de Champagne, qui, après avoir été intendant du cardinal de Fursten-

[Add. S'-S. 108] dans l'Empire. C'étoit une excellente tête, pleine de sens et de jugement, produite par Saint- Pouenge, dont il étoit ami de table et de plaisir, et que M. de Louvois, et le Roi ensuite, qui s'en étoit bien trouvé, avoit employé 1 en plusieurs voyages secrets. Il avoit un frère conseiller au Parlement et chanoine de Notre-Dame2, qui ne lui , ressembloit que par aimer encore mieux le vin que lui et ne le porter pas si bien3, et qu'il fit enfin aumônier du Roi.

* Harlay , conseiller d'État et gendre du chancelier , homme d'esprit, jnai s c'étoit à peu près tout, étoit allé à Maëstricht4 sonder les Hollandois. Mais ces démarches ne firent qu'enorgueillir les ennemis et les éloigner de la

berg, entra dans les affaires du Roi, fit fortune, et mourut en avril 1697, maître de la Chambre aux deniers et riche de quinze cent mille livres. (Papiers du P. Léonard, MM 826, fol. 88.) Trois de ses fils étaient entrés au Parlement, dont deux comme conseillers clercs ; celui dont il s'agit ici, Jean Morel, formé à la diplomatie par M. de Lionne (Mémoires du marquis de Sourches, tome I, p. 8), était conseiller clerc depuis 1674, et avait eu en 1676 l'abbaye de Saint-Arnoul de Metz. Envoyé d'abord à Mantoue, en 1680, pour négocier la cession du Montferrat, puis nommé résident auprès de l'Empereur et de l'Électeur palatin (1685), il était allé aussi à Rome, en 1689, comme conclaviste du cardinal de Fûrstenberg, et avait reçu plusieurs missions secrètes en 1692 et 1693. Il mourut fort âgé, le 21 décembre 1719.

1. Il y a bien emploijé au masculin; c'est une reprise de l'accord avec le sujet de la phrase précédente : « L'abbé Morel ».

2. François-Philippe Morel, baptisé le 23 septembre 1660, reçu avocat en 1688, prêtre en 1691, docteur et conseiller clerc à la seconde chambre des enquêtes en 1692, venait d'acheter une charge d'aumônier du Roi en juillet 1694, et fut nommé abbé de Molosme en 1701. Il vendit sa charge d'aumônier en 1716.

3. L'abbé Jean Morel passait en effet pour un homme débauché, quoique d'esprit et de mérite (Chansonnier, ms. Fr. 12 690, p. 253-254).

4. Ville très-forte, sur la Meuse, à cinq lieues de Liège, conquise par les Hollandais en 1633. Louis XIV l'avait prise en treize jours, en 1673; mais il l'avait rendue à la Hollande par le traité de Nimègue. — M. de Harlay y eut plusieurs conférences avec Dijckweldt, l'un des principaux ministres de Guillaume III. (Dangeau, tome V, p. 103-106.)

paix à proportion qu'ils nous la jugeoient plus nécessaire et qu'ils y voyoient un empressement et des recherches si opposées à l'orgueil avec lequel on s'étoit piqué de terminer toutes les guerres précédentes. Ce fut tout le fruit que ces Messieurs rapportèrent dans les premiers mois de cet hiver. Ils l eurent même l'impudence de faire sentir à M. de Harlay, dont la maigreur et la pâleur étoient extraordinaires, qu'ils le prenoient pour un échantillon de la réduction où se trouvoit la France. Lui, sans se fâcher, répondit plaisamment que, s'ils vouloient lui donner le temps de faire venir sa femme, ils pourroient en concevoir une autre opinion de l'état du Royaume : en effet, elle étoit extrêmement grosse et étoit2 très-haute en couleur. Il fut assez brutalement congédié, et se hâta de regagner notre frontière3.

Les hivers ne se passent guère sans aventures et sans m. d'Elbeuf. tracasseries. M. d'Elbeuf trouva plaisant de faire l'amoureux de la duchesse de Villeroy*, toute nouvelle mariée, . et qui n'y donnoit aucun lieu. Il lui en coûta quelque séjour à Paris pour laisser passer cette fantaisie, qui alloit plus à insulter MM. de Villeroy qu'à toute autre chose. Ce n'étoit pas que M. d'Elbeuf eût aucun lieu de se plaindre d'eux ; mais c' étoit un homme dont l'esprit audacieux se plaisoit à des scènes éclatantes, et que sa

Page 1