‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 190 sur 351 · Comparez tome IV, p · texte numérisé non relu

Comparez tome IV, p

8. Marie-Angélique de Cosnac, petite-nièce de l'archevêque d'Aix dont on a des mémoires curieux, et arrière-petite-fille d'une Talleyrand- Chalais, dut d'abord épouser M. de Lesdiguières, puis M. de Châtillon, et fut mariée, le 25 mars 1697, à Procope-François, comte d'Egmont, baron du Saint-Empire, etc. Morte le 14 avril 1717, à quarante-trois ans.

9. Marie-Anne de la Trémoïlle, marquise de Royan et comtesse d'Olonne. fille du dernier marquis de Royan et d'une sœur de Mme de

Trémoïlle comme elle, toutes deux héritières et sans père ni mère4. Mme de Bracciano mouroit d'envie de me donner Mlle de Royan : elle me parloit souvent d'établissements, elle en parloit aussi à ma mère, pour voir si on ne lui jetteroit point quelque propos qu'elle pût ramasser. C'eût été un noble et riche mariage ; mais j'étois seul2, et je voulois un beau-père et une famille dont je pusse m 'appuyer.

Phélypeaux3, fils unique de Pontchartrain, avoit la survivance de sa charge de secrétaire d'État. La petite vérole l'avoit éborgné, mais la fortune l'avoit aveuglé : une héritière de la maison de la Trémoïlle ne lui avoit point paru au-dessus de ce qu'il pouvoit prétendre ; il y tournoit autour du pot4, et son père ménageoit extrêmement la tante dans cette même vue, qui, en habile femme, profitoit de ces ménagements, en se moquant en par elle5 de leur cause. Le père avoit toujours été ami du mien, et avoit fort désiré que je le fusse de son fils , qui en fit

Bracciano morte en 1693, était née le 10 novembre 1676. Après la mort de son père, le Roi l'avait fait élever au couvent du Pont-aux-Dames ; mais, depuis le mois de juin 1693, on l'avait remise aux mains de sa tante, qui, à ce qu'il semble, faisait entendre que des projets de mariage étaient déjà arrêtés. (Arch. nat., 01 37, fol. 17 et 130.) Mlle de Royan épousa, le 6 mars 1696, Paul-Sigismond de Montmorency- Luxembourg, comte de Luxe, devenu duc de Châtillon. Elle mourut le 2 juillet 1708. Selon sa tante, elle était jolie et n'avait pas « l'esprit monacal. » (Lettres inédites de la princesse des Ursins, publiées par M. Geffroy, p. 25.) Avec le temps, elle devint extrêmement grasse et prit l'habitude d'un tic effrayant (Mémoires, tome VI, p. 42).

1. Mme de Bracciano, écrivait Coulanges, en janvier 1695, « donne de petits bals, qui finicsent à dix heures du soir. On y voit toutes les héritières à marier, et c'est à ceux qui y prétendent à les aller faire danser. » (Sévigné, tome X, p. 233.)

2. C'est la quatrième fois que Saint-Simon revient sur cette idée.

3. Jérôme Phélypeaux, qu'on appela plus tard le comte de Pontchartrain. Voyez tome I, p. 299, note 2.

4. « Ne dire pas franchement sa pensée, agir d'une manière fine et couverte. » (Richelet.)

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