‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 227 sur 351 · Dans le manuscrit, échouer (sic). Faut-il lire échoués · texte numérisé non relu

Dans le manuscrit, échouer (sic). Faut-il lire échoués

3. Comparez le portrait de Louis XIV, dans la suite des Mémoires, tome XII, p. 74-76, et voyez des exemples de sa patience à l'égard des valets, dans les Œuvres de J. Racine, tome V, p. 125.

4. « Le ser-d'eau (sic).... reçoit tous les plats de la desserte de la table du Roi, qui sont portés à l'office, ou autrement à la salle des gentilshommes servants appelée le ser-d'eau, et à ceux qui mangent

un bas valet vant le fruit', mit un biscuit dans sa poche. Dans l'instant, du serdeau. jj oukije toute sa dignité, et, sa canne à la main, qu'on venoit de lui rendre avec son chapeau, court sur ce valet, qui ne s'attendoit à rien moins, ni pas un de ceux qu'il sépara sur son passage, le frappe, l'injurie, et lui casse sa canne sur le corps : à la vérité, elle étoit de roseau et ne résista guère. De là, le tronçon à la main, et l'air d'un homme qui ne se possédoit plus, et continuant à injurier ce valet, qui étoit déjà bien loin, il traversa ce petit salon et une antichambre, et entra chez Mme de Maintenon, où il fut près d'une heure, comme il faisoit souvent à Marly après dîner2. Sortant de là pour repasser chez lui, il trouva le P. de la Chaise3. Dès qu'il l'aperçut parmi les courtisans : « Mon Père, lui dit-il fort haut, j'ai bien battu un coquin, et lui ai cassé ma canne sur le dos; mais je ne crois pas avoir offensé Dieu ; » et tout de suite lui raconte le prétendu crime. Tout ce qui étoit làtrembloit encore de ce qu'il avoit vu ou entendu des spectateurs. La frayeur redoubla à cette reprise : les plus familiers bourdonnèrent contre ce valet ; et le pauvre Père fit semblant d'approuver entre ses dents, pour ne pas irriter davantage et devant tout le monde. On peut juger si ce fut la nouvelle, et la terreur qu'elle imprima, parce que personne n'en put alors deviner la cause, et que chacun comprenoit aisément que celle qui avoit paru ne pouvoit être la véritable. Enfin tout vient à se découvrir, et peu à peu, et d'un ami à l'autre, on apprit enfin que la Vienne, forcé

avec eux, ou qui ont ordinaire à la même table. Sous ce ser-d'eau sont encore d'autres garçons qui servent à cet office.... » (État de la France, 1698, tome I, p. 80.)

1. Le fruit ou dessert (cette dernière façon de parler était bourgeoise, selon Callières) se composait de deux bassins de porcelaine remplis de fruit cru, deux autres remplis de confitures sèches, et quatre compotes ou confitures liquides. (État de la France, au chapitre de la Maison du Roi.)

2. Rien ne nous autorise à révoquer en doute cette anecdote. Nous dirons seulement que nous n'en avons trouvé aucune mention ailleurs.

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