‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 239 sur 351 · Voyez ci-après, p. 348 et suivantes · texte numérisé non relu

Voyez ci-après, p. 348 et suivantes

3. Fénelon fut sacré dans la chapelle de Saint-Cyr, le 10 juillet 1695, par Bossuet, assisté de l'évêque de Chartres, comme diocésain, et de l'évêque d'Amiens. (Journal de Dangeau, tome V, p. 237 ; Gazette, p. 335 ; Gazette d'Amsterdam, p. 230.) Sur les difficultés qui s'élevèrent à cette occasion, voyez deux lettres de Mme de Maintenon à l'évêque de Châlons, dans la Correspondance générale, publiée par Lavallée, tome IV, p. 6-10.

Il j avoit eu cet été une assemblée du clergé1, et c'étoit la grande, comme il y en a une grande et petite de cinq ans en cinq ans, c'est-à-dire de quatre ou de deux députés par province. Le chancelier Boucherat, dès qu'il fut dans cette grande place, ferma sa porte aux carrosses des magistrats, puis des gens de condition sans titre, enfin des prélats. Jamais chancelier n'avoit imaginé cette distinction, et la nouveauté sembla d'autant plus étrange, que les princes du sang n'ont2 jamais fermé la porte de leur cour à aucun carrosse. On cria, on se moqua; mais chacun eut affaire au chancelier, et, comme en ces tempsci rien ne décide plus3 que les besoins, on subit : cela forma l'exemple, et il ne s'en parla plus. A la fin de cette assemblée, qui se tenoit à Saint-Germain, elle fit une députation au chancelier pour mettre la dernière main aux affaires, et l'archevêque de Bourges *, fils du duc de

1. C'est en 1561 que, pour la première fois, le clergé de France, réuni en assemblée solennelle à Poissy, avait voté un don gratuit de seize cent mille livres au Roi, pour être exempté de toute autre imposition. Depuis 1625, les assemblées se tenaient régulièrement et alternativement, comme le dit Saint-Simon, la grande pour renouveler le contrat de don gratuit ou décimes ordinaires, la petite pour régler les comptes ou traiter, à l'occasion, les affaires pressantes. Aux grandes assemblées, chaque province envoyait deux députés du premier ordre, évêques ou archevêques, et deux du second ordre, bénéficiers sujets aux décimes. Voyez le détail de ces assemblées dans la Nouvelle description de la France, de Piganiol de la Force, éd. de 1722, tome I, p. 339-346. Outre ces grandes et petites assemblées, le Roi pouvait autoriser des réunions extraordinaires du premier ordre, en certaines circonstances, comme il le fit en 1682. L'assemblée dont parle ici Saint-Simon s'était ouverte le 28 mai 1695.

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