Voyez le Journal de dangeau, tome V, p
4. Ce voyage serait donc celui qui dura du 14 au 16 décembre.
5. L'expression est insolite; mais on n'a pas besoin d'écarter le mot rompu de son vrai sens pour qu'il marque bien ce que ce repas de fantaisie a d'irrégulier, d'incomplet, surtout de non suivi. Ailleurs (tomes VII, p. 438, et XIV, p. 23) Saint-Simon parlera encore de « repas rompus », pour dire des impromptus, sans cérémonie, des repas « non réglés, à heures rompues », comme il dit aussi dans le tome XI,
6. Depuis le commencement de novembre, Mme la duchesse de Chartres, sous prétexte qu'elle était incommodée, avait obtenu une chambre
teau. Monseigneur joua tard dans le salon. En se retirant chez lui, il monta chez ces princesses, et les trouva qui fumoient avec des pipes qu'elles avoient envoyé chercher au corps de garde suisse1. Monseigneur, qui en vit les suites si cette odeur gagnoit , leur fit quitter cet exercice; mais la fumée les avoit trahies. Le Roi leur fit le lendemain une rude correction, dont Mme la princesse de Conti triompha. Cependant ces brouilleries se multiplièrent, et le Roi, qui avoit espéré qu'elles finiroient d'elles-mêmes, s'en ennuya, et, un soir, à Versailles, qu'elles étoient dans son cabinet après son souper, il leur en parla très-fortement, et conclut par les assurer que, s'il en entendoit parler davantage, elles avoient chacune des maisons de campagne où il les enverroit pour longséparée, à l'étage supérieur du corps du château, tandis que son mari logeait en bas. (Journal de Dangeau, tome V, p. 301.)
1. Nous n'avons pas de preuves positives de l'authenticité de cette anecdote, qui a été si souvent empruntée à Saint-Simon et reproduite sous toutes les formes, même dans les histoires de France. Cependant il n'est pas douteux que des femmes de qualité, sinon les Princesses mêmes, s'adonnaient parfois aux goûts les moins convenables. Quant au tabac, non-seulement l'usage de priser était passé des hommes aux femmes, mais certaines dames fumaient comme des soldats. A la suite d'une chanson de Coulanges, le commentateur du Chansonnier (ms. Fr. 12 692, p. 64) dit : « Les femmes prenoient alors communément du tabac par le nez, ce qui eût été autrefois une impolitesse aux hommes mêmes, surtout devant des femmes. L'auteur auroit pu ajouter à ce couplet qu'il y avoit beaucoup de dames, des plus jeunes et des plus aimables, qui fumoient comme des soldats. » Et voici comment Mme de Maintenon s'exprimait, en 1707, avec la princesse des Ursins : « Je vous avoue, Madame, que les femmes de ce temps-ci me sont insupportables ; leur habillement insensé et immodeste, leur tabac, leur vin, leur gourmandise, leur grossièreté, leur paresse, tout cela est si opposé à mon goût, et, ce me semble, à la raison, que je ne puis le souffrir. » (Lettres inédites de Mme de Maintenon et de Mme des Ursins, éd. de 1826, tome I, p. 138.) Comparez le récit fait par Mme de la Troche, en 1699, d'un souper offert par la maréchale de Rochefort à la duchesse de Chartres, en compagnie de Mines de Sforce, de Blanzac et de Saint-Pierre. (Lettres de Mme de Sévignê, tome X, p. 442.)
temps, et où il les trouveroit fort bien1. La menace eut son effet, et le calme et la bienséance revinrent, et suppléèrent à l'amitié.
1. Ceci doit être tiré du Journal de Dangeau, tome V, p. 328; la scène se passa le 25 décembre 1695.