‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 259 sur 351 · Origines de Louvilîe · texte numérisé non relu

Origines de Louvilîe

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12 novembre 1701. — Louvilîe étoit un gentilhomme de Beauce, du nom d'Allonville, de très-bon lieu, et dont l'ancêtre paternel étoit chambellan de Louis XI et fort bien avec lui. Il étoit parent de M. de Beauvillier, et sa mère étoit Moyencourt, d'un bon nom, allié à une branche éteinte de Saint-Simon, et M. de Saint-Simon avoit pris soin de cette famille dans sa faveur sous Louis XIII. Quand on mit des gentilshommes de la manche auprès des princes, M. de Saint-Simon en parla à M. de Beauvillier, qui ne le connoissoit point ; le père étoit retiré depuis longtemps chez lui, et le fils étoit fort jeune et capitaine au régiment du Roi d'infanterie, où il s'étoit même distingué. Il fut donc gentilhomme de la manche de M. le duc d'Anjou. M. de Beauvillier le goûta, et il se fit beaucoup d'amis considérables à la cour. Toute la famille de M. de Beauvillier et ses amis particuliers, M. de Pomponne, M. de Torcy, même M. de Barbezieux, en Tirent le leur. Il étoit fort instruit, avoit beaucoup d'esprit, et de ces conversations charmantes par un amusement et des saillies toujours nouvelles, et avec cela tout le solide et la mesure possible. Il entra fort avant dans la confiance de M. de Beauvillier et lui fut attaché, et aux siens, en tout temps, avec une fidélité et une ardeur inviolable. Il suivit le roi d'Espagne, et fut jusqu'à son mariage l'âme de tout dans sa cour et dans son conseil, et rien ne se faisoit que par lui. Ce fut lui qui fut chargé de venir rendre compte de mille détails qui s'étoient passés jusqu'alors, de la première entrevue et du mariage du roi et de la reine d'Espagne, et de solliciter la permission pour le roi d'Espagne de faire la campagne en Italie, et d'arranger, s'il l'obtenoit, tout ce voyage avec notre cour, comme il l'exécuta très-bien, à la satisfaction de l'une et de l'autre1.

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