‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 266 sur 351 · Légitimation du chevalier de Longueville. (Page · texte numérisé non relu

Légitimation du chevalier de Longueville. (Page

4 novembre 1688. — Ce chevalier de Longueville étoit fils de M. de Longueville ou comte de Saint-Pol tué au passage du Rhin, comme il alloit être élu roi de Pologne. La célèbre maréchale de la Ferté, par ses galanteries, étoit sa mère : son mari vivant, il n'y avoit point d'exemple en France de la légitimation d'un bâtard de femme mariée, parce qu'il falloit nommer la mère, et qu'en la nommant, ce fils, par la loi, devenoit le fils de son mari. Le Roi, pressé par Mme de Montespan de reconnoître leurs enfants et de les légitimer, chargea Harlay, lors procureur général et depuis premier président, d'en chercher les moyens. Il n'osa hasarder rien sur les enfants du Roi ; mais ce chevalier de Longueville lui parut propre pour un essai. Ils subornèrent donc Mme de Longueville, sœur du grand prince de Condé et si connue dans les troubles de la Régence, qui étoit retirée et dans une grande pénitence, et lui persuadèrent de reconnoître ce bâtard de son fils et de présenter requête pour le faire légitimer ; elle le fit, et le Parlement, dans l'ignorance du pont qu'il construisoit sans le* savoir, le légitima sans nommer la mère. Après quoi, il n'y eut plus de difficulté pour les enfants du Roi et de Mme de Montespan. Le frère aîné de ce comte de Saint-Pol a vécu longues années, prêtre, fou et interdit, confiné en Normandie, dans l'abbaye de Saint-Georges; et en lui a fini la maison de Longueville.

73. Rôle du duc de Saint-Simon dans le procès des ducs et pairs

contre le maréchal de Luxembourg.

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30 janvier 1694. — M. de Luxembourg avoit si bien cabale au Parlement, que les ducs n'y pouvoient espérer de justice. Maulnorry, conseiller clerc, eut horreur des faussetés répandues dans un mémoire non signifié et distribué sous le manteau, et le donna à M. de la Rochefoucauld. Il étoit capital aux ducs d'y répondre : en deux jours, cela fut fait. Il en falloit le double pour être imprimé et distribué, et, à deux

1. Comparez les passages correspondants de deux autres Additions sur Harlay, 5 septembre 1699 et 9 avril 1707.

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