Mort du prince de Turenne à Steinkerque. (Page
14 août 1692. — M. de Turenne mourut écrivant à sa maîtresse: ce
qui n'empêcha pas le cardinal de Bouillon d'exiger du P. Gaillard une oraison funèbre, qui eut la complaisance de la faire. Il fut fort regretté de sa famille, dont il avoit tout l'esprit.
81. Réponse insolente du chevalier de Bouillon à son père. (Page 129, note 1.)
23 décembre 1690. — Le chevalier de Bouillon menoit une vie fort débauchée, et de tout point fort étrange. M. de Bouillon, ennuyé de ses déportements, lui en fit une forte romancine : le chevalier de Bouillon l'écouta quelque temps, puis lui dit qu'il le trouvoit bien bon de se mettre si fort en peine de sa conduite, et bien plaisant de lui en parler avec tant d'autorité. M. de Bouillon, plus irrité que devant, lui répondit qu'il le trouvoit bien insolent, et s'il n'étoit donc pas son père et en droit de lui parler en père. « Vous, mon père! lui répliqua le chevalier de Bouillon avec un grand éclat de rire : vous savez bien que non, et que c'est Monsieur le grand prieur; » et enfile aussitôt la porte. Voilà sans doute ce qui le fit envoyer à Turenne, sans que le Roi s'en mêlât.