‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 274 sur 351 · Les bons mots de Mme Cornuel · texte numérisé non relu

Les bons mots de Mme Cornuel

(Page 129.)

9 février 1694. — Mme Cornuel étoit une vieille bourgeoise du Marais, dont l'esprit lui avoit acquis quantité d'amis de considération et une sorte de tribunal chez elle. Elle étoit pleine de bons mots, mais de ces mots qui sont des apophthegmes. Son dernier, et presque à l'agonie, fut à M. de Soubise, qui lui vint donner part de la conclusion encore secrète du mariage de son fils aîné avec l'héritière de Ventadour, veuve sans enfants du prince de Turenne. « Ho ! Monsieur, lui répondit-elle, que voilà un grand et bon mariage pour dans soixante ou quatre-vingts ans ' d'ici ! » C'est que la naissance et les alliances étoient à souhait, avec des biens immenses, mais que la conduite n'y répondoit pas, et étoit fort publique.

83. Démission du duché de Villeroy. — Rang de droit et rang de grâce. (Page 131, note 1.)

17 février 1694. — L'auteur de ces Mémoires est fort courtisan2 et fort ignorant : ces deux mots sont volontiers synonymes. Quand on a eu un rang de droit, non de grâce, on ne le perd jamais ; et de grâce, il n'y a peut-être pas d'exemple qu'on en ait perdu. M. de Villeroy, démis de son duché-pairie, a donc retenu son rang sans grâce du Roi, et de droit, parce qu'il en avoit joui de droit ; mais la grâce est que le

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