‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 280 sur 351 · En a été corrigé après coup en et · texte numérisé non relu

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2. Pour cet emploi du mot cœur, voyez les Mémoires, tome VI, p. 272.

nécessaire, ne pouvoit se faire goûter du Roi : il comptoit bien de le survivre, et pensa à faire un grand personnage sous son successeur, à quoi le prince de Conti, élevé et fort bien avec lui, pourroit le servir grandement : c'étoit leur intérêt réciproque. M. de Vendôme, de tout temps jaloux de la faveur do ce prince auprès de Monseigneur, qui n'avoit ni moins de désir ni moins d'espérance de figurer en chef sous lui, et qui sentit ses forces croître par ses intérêts communs avec M. du Maine et par le vol rapide que leurs rangs pointèrent à prendre, ne put souffrir une union qui ne pouvoit qu'être fatale à ses vues pour l'avenir : tellement que, après avoir essayé du temps, avec succès, à captiver le maréchal et avoir vécu en grande et longue amitié ensemble, piqué d'inégalité avec M. le prince de Conti, plus encore de son mérite et de sa naissance, et tiraillant sans cesse tous deux, chacun à soi, les courtisans les plus familiers de Monseigneur, venus plus d'une fois, son frère et lui, à des prises avec le prince de Conti, dont sa qualité les rendoit mauvais marchands, ils ne purent tenir davantage dans une armée où leur ancien ami lui donnoit toutes les préférences ; ils éclatèrent donc contre lui, et pour lui, et pour le prince de Conti en sa personne, et préférèrent l'Italie. C'est ce qui fit le sujet de ce raccommodement à la mort ; et le Roi, qu'ils croyoient survivre, et pour le successeur duquel ils formoient de si vifs projets, enterra ce prétendu successeur et les compétiteurs. Car, pour le grand prieur, il s'enterra lui-même bien des années avant qu'il mourût.

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