‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 318 sur 351 · MM · texte numérisé non relu

MM

Ledoux,

de Quélain,

Catinat,

Petit,

Hennequin,

Robert,

Maulnorry,

Brunet,

Brizard,

Leschassier, etc.

1. Comparez à ce rapport de M. de Harlay un long passage des Mémoires, tome X, p. 223-226, où Saint-Simon donne le texte de la déclaration royale, commente les questions de cérémonial, et explique le rôle du Premier Président, ses supercheries, enfin son désappointement mortel de ne point obtenir les sceaux qu'on lui avait promis en récompense.

Le prince de Condé,

Le duc de Bourbon,

Le prince de Conti,

Le comte d'Eu,

L'archevêque-duc de Reims,

L'évêque-duc de Langres,

Le duc de Montbazon,

Le duc de la Trémoïlle,

Le duc de Luynes,

Le duc de Chaulnes,

Le duc de Richelieu, ) Patrs de France>

Le duc de la Rochefoucauld,

Le duc d'Estrées,

Le duc de Saint-Aignan,

Le duc de Randan,

Le duc de Gesvres,

Le duc deChoiseul,

Le duc d'Aumont,

Le duc de la Ferté,

Le duc de Charost,

d'Aligre, conseiller cl honneur;

de Gourgue, \

de Thuisy, S maîtres des requêtes.

Lambert, )

« Ce jour, sur les sept heures et demie du matin, sont entrés en la Cour M. l'archevêque-duc de Reims , M. l'évêque-duc de Langres, MM. les ducs de Montbazon, de la Trémoïlle, de Luynes, de Chaulnes, de Richelieu et de la Rochefoucauld, d'Estrées, de Saint-Aignan, de Randan, de Gesvres, de Choiseul, d'Aumont, de la Ferté et de Charost, ci-dessus nommés, et ont assisté au rapport de quelques instances.

« Et sur les huit heures du matin, sont venus M. le prince de Condé, M. le duc de Bourbon et M. le prince de Conti, princes du sang, et ont pris leurs places, traversant le parquet.

« Le banc d'en bas à droite ayant été rempli par MM. les princes du sang, MM. les ducs et pairs, et par M. Pinon, conseiller clerc, qui y est resté seul des conseillers, MM. les pairs ont passé successivement à celui vis-à-vis MM. les présidents, et enfin à celui du côté gauche, remontant à la lanterne du greffe, les plus anciens au bas bout, en remontant au haut, où M. Doujat, doyen, est demeuré en sa place au bureau ; et, comme il y restoit encore deux places entre M. le duc de Charost et lui, MM. Méliand et le Tonnelier de Breteuil s'y sont tenus. M. d'Aligre-, conseiller d'honneur, MM. de Gourgue, Goujon de Thuisy

et Lambert d'Herbigny, maîtres des requêtes, et MM. les conseillers de la grand'chambre sont montés aux deux bancs d'en haut.

« Messieurs de la Tournelle étant venus, M. Doujat, doyen, a commencé la lecture de la requête de MM. du Maine et de Toulouse pour l'enregistrement des lettres par eux obtenues du Roi pour avoir rang et séance immédiatement après MM. les princes du sang. Aussitôt M. le prince de Condé, M. le duc de Bourbon et M. le prince de Conti se sont levés, et, traversant le parquet, ont passé vers la cheminée et sont entrés dans la quatrième chambre des Enquêtes. M. Doujat a continué la lecture de la requête, et ensuite des lettres patentes du Roi, de celles accordées à M. du Maine pour la continuation de la pairie d'Eu, de sa requête afin d'être reçu en la dignité de comte d'Eu, pair de France, et des conclusions du procureur général du Roi. Monsieur le Premier Président lui a demandé son avis, puis à M. Méliand et à M. le Tonnelier, qui étoient auprès de lui, et à M. Pinon. Ensuite, il l'a demandé à Messieurs qui étoient sur les deux bancs d'en haut, à M. le duc de Charost, qui étoit le dernier de MM. les pairs, à M. le duc de la Ferté, et ainsi, en revenant, jusqu'à M. l'archevêque-duc de Reims, sans ôter son bonnet et les nommant par les titres de leurs pairies, et enfin à MM. les présidents.

« L'enregistrement des lettres et la réception ayant été ordonnés suivant les arrêts particuliers qui en ont été dressés, M. le prince de Condé, M. le duc de Bourbon et M. le prince de Conti sont rentrés à travers le parquet, et ont repris leurs places.

« M. du Maine a été mandé, et, ayant laissé son épée à la porte entre les mains du premier huissier, il est venu au bureau, et Monsieur le Premier Président lui a prononcé que la Cour avoit ordonné qu'il seroit reçu en la dignité de comte d'Eu, pair de France, en prêtant le serment accoutumé. Il a levé la main et fait serment de bien et fidèlement servir, assister et conseiller le Roi en ses très-hautes et très-importantes affaires, et, prenant séance en la Cour, de rendre la justice aux pauvres comme aux riches, garder les ordonnances, tenir les délibérations secrètes1, et en tout se comporter comme un bon, sage, vertueux et magnanime pair de France doit faire. Son épée lui a été remise au côté, et il est venu prendre place au-dessous de M. le prince de Conti. Lorsqu'il a été assis, Monsieur le Premier Président lui a dit :

« Monsieur, la Cour m'a chargé de vous dire qu'elle vous voit avec « beaucoup de plaisir prendre la place qu'il a plu au Roi de vous « donner dans cet ancien tribunal de sa justice souveraine. Elle res- « pecte en vous le sang auguste de ce prince, dont elle tient unique- « ment tout ce qu'elle a d'honneur, de pouvoir et de dignité, et ce que « nous apprenons de l'attachement que vous avez pour sa personne, ce « que nous entendons dire de vos lumières, de votre valeur et de votre « capacité dans la guerre, augmenteroit encore la satisfaction que nous « avons aujourd'hui, si, dans les choses où le Roi s'intéresse, nous

1. Ce membre de phrase a été ajouté en interligne par le Premier Président.

« pouvions avoir d'autres vues que celles de son service et de son con- « lentement . Aussi, Monsieur, la Cour, fidèle dépositaire des volontés « de ce grand roi, dont les ordres doivent être étemels aussi bien que « la gloire, emploiera comme elle doit l'autorité qu'il lui donne pour « conserver également, en tout temps, à vous et à la postérité qu'elle « vous souhaite ce rang honorable que vous venez de prendre. Elle « rendra, suivant la volonté du Roi et suivant l'ordre observé si juste- « ment depuis tant de siècles dans le Royaume, les premiers honneurs à « MM. les princes du sang; elle vous rendra bien volontiers les seconds, « dans une juste subordination à ces premiers, et elle vous assure par ma « bouche que vous recevrez d'elle, dans l'ordre de la justice, tout le ser- « vice que vous en pouvez désirer dans les occasions qui se présenteront. »

« M. du Maine a répondu1....

« M. le Meunier, conseiller, a fait ensuite rapport des lettres d'érection de la terre de Manicamp en titre et dignité de marquisat en faveur du sieur de Madaillan de Montataire. Monsieur le Premier Président a demandé les avis presque dans le même ordre et de la même manière qu'il l'avoit fait pour l'enregistrement des lettres et pour la réception de M. du Maine, sinon qu'il a ôté son bonnet lorsqu'il a demandé l'avis à M. du Maine, lui a fait une inclination, et l'a nommé par son titre de comte d'Eu, et qu'il a fait une plus grande inclination à MM. les princes du sang, et ne les a point nommés.

« M. le prince de Condé, M. le duc de Bourbon et M. le prince de Conti sont sortis en traversant le parquet, et ont été reconduits par deux huissiers, battant de leurs baguettes, jusques à la Sainte-Chapelle.

« M. Brunet, conseiller, a fait rapport des lettres patentes du Roi confirmatives de la translation d'une petite chapelle située près la ville d'Arras en un lieu plus éloigné. Monsieur le Premier Président a pris les avis, comme il avoit fait pour l'enregistrement des autres lettres, ôtant son bonnet à M. du Maine, lui faisant une inclination, et le nommant par son titre de comte d'Eu.

« La Cour s'est levée pour aller à la buvette. M. du Maine a passé parderrière le barreau et s'en est allé, conduit depuis le parquet des huissiers jusqu'à la Sainte-Chapelle par un huissier battant de sa baguette.

« Quelques-uns de MM. les ducs et pairs s'en sont aussi allés, et les autres sont demeurés pour l'audience, où ils ont assisté. »

Le duc de Vendôme avait signifié, le 16 mars 1694, qu'il reprenait la requête présentée en 1664 par son aïeul, aux fins d'être « maintenu et gardé en la possession et jouissance du rang et préséance en laquelle il étoit en la Cour, du jour de l'érection du duché et pairie de Vendôme, qui étoit de l'année 1514. »

1. L'espace destiné à recevoir cette réponse est resté en blanc.

Le 4 mai, il demanda que, « sans s'arrêter aux empêchements de Mre Henri de Lorraine, duc d'Elbeuf, il fût ordonné que, suivant et conformément aux lettres patentes du 15 avril 1610, registrées en la Cour par arrêt du 30 dudit mois, il seroit reçu au serment de duc et pair de France, et, en conséquence, il auroit rang et séance en la Cour immédiatement après MM. les princes du sang, devant tous autres princes et seigneurs du Royaume, etc. » Cette demande fut soutenue par l'avocat Tessé. M. de Lamoignon, parlant pour le procureur général, dit qu'il ne croyait pas que personne empêchât ces conclusions, et que, outre les droits acquis à l'aïeul du demandeur, les longs et importants services de celui-ci ne faisaient qu'ajouter au mérite de sa haute naissance.

Le secrétaire d'État de la maison du Roi écrivit, à cette occasion, les trois lettres suivantes au premier président de Harlay * :

« 9 mai 1694.

« J'ai lu au Roi la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire hier au soir, Monsieur. Sa Majesté est fort contente de ce qui se passa au Parlement ; elle m'ordonne de vous dire que, ne s'étant point encore déterminée si elle doit laisser juger l'affaire de M. de Vendôme avant ou après la campagne, vous ne devez point donner demain l'audience qu'on vous demande, sans vous laisser pénétrer néanmoins sur la raison qui vous la fait différer. Et, comme Sa Majesté n'entend pas bien ce que vous voulez dire quand vous dites que vous avez lieu de croire que le Roi entendra parler de cette affaire, et bientôt, de la part d'autres personnes que de celles qui en ont parlé jusques à présent, elle souhaite que vous vous expliquiez davantage, et vous assure du secret, si vous le souhaitez.... Je suis, Monsieur, très-fidèlement à vous.

« PONTCHARTRAIN

« 24 mai 1694.

« Ce que M. le grand prieur vous a dit, Monsieur, est véritable. Le Roi trouve bon que vous donniez audience mercredi à M. de Vendôme et à ceux qui se pourront présenter contre lui. A l'égard des honneurs de cette réception, comme cela est susceptible de quelques difficultés et de quelque discussion, le Roi n'a point voulu se déterminer, quoiqu'il ait lui-même agité l'affaire, et qu'il n'ait rien omis du pour et du contre, et m'a ordonné de vous dire qu'il vouloit avoir votre avis avant de décider et de donner ses ordres, et que vous eussiez par conséquent à le lui envoyer au plus tôt.... Je suis, etc.

« PONTCHARTRAIN

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