On a deux projets de tarif préparés sous ce titre
3. Histoire générale du Languedoc, des Bénédictins, continuée par M. Roschach, tome XIII, p. 664-675, et Pièces justificatives, n° dxxxix.
4. « Il n'est point douteux, dit M. Roschach, que, même dans le milieu particulier des États, « l'application et les soins » du président avaient heureusement secondé l'initiative provinciale. » Aussi est-ce le cardinal qui reçut directement les remerciements du Roi (17 janvier). Les dates des enquêtes et travaux préparatoires du Conseil prouvent surabondamment que les États de Languedoc eurent le seul mérite de prendre les devants sur les autres provinces pour accepter une forme d'impôt qui, on le fera
de 1695 (p. 7-12). Ces manœuvres ne sont point douteuses lorsque, grâce au Journal de Dangeau, on suit le travail du conseil des finances1.
Enfin, après de longues hésitations et de nombreux remaniements du projet primitif, après avoir même remis l'exécution à trois mois, le Roi se décida à régler la plupart des articles du nouvel impôt dans la séance du 14 décembre, et le travail fut achevé dans celle du 15 janvier2. Le 17, Pontchartrain écrivait, de sa propre main, au premier président de Harlay 5 :
« Cet ouvrage dont il est mention depuis si longtemps, et dont tout le monde a tant parlé sans l'entendre, est enfin achevé d'hier. S'il l'est bien ou s'il l'est mal, c'est ce qu'il faut nécessairement remettre au jugement public et à l'événement. Ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est que, c'est que n'ayant pu vous le faire voir plus tost, parce qu'il a changé de face dix fois depuis les veùes premières que le Roi s'en estoit formées, Sa Majesté m'ordonne en mesme instant de vous l'envoyer ensuite pour le faire enregistrer, car le Roi veut que cela soit enregistré cette semaine, à moins toutefois que, par la lecture que vous en ferés, vous n'y trouviésdes fautes si considérables que vous croies 4 absolument nécessaire de les coriger : ce que vous aurés, s'il vous plaist, la bonté de faire. Je suis, avec mon attachemenl ordinaire, Monsieur, absolument à vous.
« Pontchartrain. »
« Dans le moment mesme que j'ai l'honneur de vous escrire, il me revient quelque chose à changer et dans la déclaration et dans le tarif; et cela n'est pas extraordinaire en affaire aussy vaste et aussy inconnue. Cependant il faut finir : le Roi le veut, et il a raison. »
Scellée dès le jour suivant, 18 janvier, la déclaration fut enregistrée au Parlement le vendredi 21. Son texte est trop connu pour que nous le reproduisions ici". Rappelons seulement que l'ensemble des contri-
observer, devait être moins pénible et moins nouvelle dans un pays de taille réelle que partout ailleurs. Néanmoins ils continuèrent de réclamer l'honneur de cette prétendue invention. En 1696, dans son discours au Roi (16 août), le député du tiers état chargé de présenter le cahier de remontrances s'exprima en ces termes : « La province de Languedoc s'est épuisée avec plaisir pour fournir aux dépenses de la guerre; son zèle ingénieux a su même trouver des moyens inconnus jusqu'alors de secourir l'État. Elle osoit se vanter, il y a deux ans, d'avoir offert la première ce nouveau secours à Votre Majesté. »
1. Malgré les lenteurs de ce travail, Saint-Simon dira (tome VIII, p. 140) : « L'établissement delà capitation fut proposé et passa sans examen au conseil des finances, comme je l'ai raconté en son lieu, singularité donnée ;i Ténormité de cette espèce de dénombrement. »