‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 325 sur 351 · Ce mot est biffé · texte numérisé non relu

Ce mot est biffé

Yy. Le texte de la déclaration a été donné en entier, avec les tarifs, dans

buables était réparti en vingt-deux classes, taxées depuis deux mille livres jusqu'à vingt sols ; qu'aucun des sujets du Roi, quelle que fût sa qualité et sa condition, ecclésiastique séculier ou régulier, noble, militaire, ou autre, ne devait être exempt du nouvel impôt, à l'exception des taillables cotisés au-dessous de quarante sols, des religieux mendiants et des pauvres mendiants ; et que cette « capitation générale par feux ou par famille » devait se payer chaque année, jusqu'à la fin de la guerre. A la suite des considérants de l'édit, le Roi ajoutait : « Nous croyons même, si ce recouvrement réussit, comme nous avons sujet de l'espérer, qu'il nous donnera lieu de nous passer à l'avenir des affaires extraordinaires auxquelles la nécessité des temps nous a obligé d'avoir recours, promettant, en foi et parole de roi, de faire cesser cette capitation générale trois mois après la publication de la paix. »

L'apparition de l'édit inspira à la gazette étrangère dont nous avons eu déjà à signaler les correspondances, un article d'Extraordinaire ^ qui paraît reproduire assez exactement l'impression générale, aussi bien celle des intendants et autres agents du gouvernement royal, que celle d'une bonne partie de la population. C'est d'ailleurs un intéressant spécimen du ton et de la polémique des écrivains réfugiés en Hollande. Il est ainsi conçu :

« Le 18e jour de cette année ne manquera pas d'être marqué dans les annales de France, pour l'époque de la naissance de la capitation et de son établissement dans toute l'étendue du Royaume et des Pays conquis. Les années suivantes marqueront son âge, et feront connoître si ce nouveau droit acquerra par le temps la même consistance que tant d'autres qui l'ont précédé. Il a déjà produit une nouvelle distribution des sujets en vingt-deux classes, dans lesquelles l'ordre de la noblesse se trouve confondu avec les roturiers, et quelques-uns de ceux-ci élevés par le caprice de leur fortune à l'honneur de la première classe 2. C'est le fruit de la guerre, ou, pour mieux dire, de la nécessité, qui ne connoît point de distinction, et qui même fait plier sous sa loi la volonté des souverains, quelque indépendante et absolue qu'elle puisse être. On voit ici un Dauphin, l'héritier d'un si puissant royaume, marcher à la tête de la capitation. On y voit le monarque lui-même se déclarer soumis à la nécessité des temps, qui l'a obligé, après tant d'autres moyens extraordinaires et à charge à ses peuples, de recourir à celui-ci, pour se mettre en état de soutenir une guerre qui est plus

l'Appendice du tome I de la Correspondance des contrôleurs généraux. On y trouvera aussi un autre plan de capitation et unHarif tout différent présentés par Vauban, et qui devaient, selon lui, produire soixante millions par an.

Page 1