‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 338 sur 351 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

Lettre du comte de Tessé à M. de Noailles, archevêque de Paris'

f « A Pignerol, le 31 août (1695).

« J'avoue la vérité, Monseigneur : je suis ravi, et la joie ne s'exprime bien que par dire et ressentir que l'on est bien aise. Je regarde, dans le choix du Roi pour l'archevêché de Paris, que c'est encore plus le choix de Dieu. En un mot, Monseigneur, je ne vous fais point de compliment; car c'est quasi à moi d'en recevoir. Je n'en fais point non plus à Mme la duchesse de Noailles, car elle ne fait jamais réponse. Je n'en ferai point non plus à Mme la duchesse de Guiche : je suis trop vieux pour oser la faire souvenir de moi autrement que par des pots de chambre, dont deux douzaines sont partis pour Madame sa respectable mère; Dieu veui.le qu'ils arrivent à bon port cette fois-ci ! Quant à M. l'abbé de je ne sais où en Touraine, et que je n'ai point eu l'honneur de voir depuis qu'il n'étoit que M. l'abbé Gaston, je ne sais où le prendre; mais j'ai oui dire qu'il se fait en lui un grand homme de bien, et un grand serviteur de Dieu.

« Je vous supplie, Monseigneur, d'être bien persuadé de ma joie sensible et de mon attachement inviolable pour vous et pour tout ce qui a rapport à vous.

Page 1