Par mégarde, une, au lieu d'un
4. Il y a bien ainsi : c'éloit, au singulier, dans le manuscrit.
treize ans*; toutes les autres, des enfants, qu'il avoit à Montargis, aux Bénédictines2, dont il avoit préféré la vertu et la piété qu'il y connoissoit, à des couvents plus voisins où il auroit eu le plaisir de les voir plus souvent. Il ajouta que son aînée vouloit être religieuse ; que la dernière fois qu'il l'avoit été voir de Fontainebleau, il l'y avoit trouvée plus déterminée que jamais ; que, pour le bien, il en avoit peu3, qu'il ne savoit s'il me conviendroit, mais qu'il me protestoit qu'il n'y avoit point d'effort qu'il ne fît pour moi de ce côté-là. Je lui répondis qu'il voyoit bien, à la proposition4 que je lui faisois, que ce n'étoit pas le bien qui m'amenoit à lui, ni même sa fille, que je n'avois jamais vue ; que c'étoit lui qui m'avoit charmé et que je voulois épouser, avec Mme de Beauvillier. «Mais, me dit-il, si elle
1. Marie-Antoinette de Beauvillier, née le 29 janvier 1679, se fît religieuse à Montargis en octobre 1696, et y mourut dans les fonctions de prieure perpétuelle. Marie-Geneviève, née le 16 mars 1680, fut religieuse au même monastère, ainsi que Marie-Louise, née le 9 août 1681, morte le 9 avril 1717. — Les cinq autres filles, nées en 1683, 1685, 1686, 1687 et 1688, entrèrent toutes dans la même maison, et une seule en sortit, en 1703, pour épouser son cousin le duc de Mortemart. Voyez tome VIII, p. 295, et les Mémoires du duc de Luynes, tome VII, p. 86 et 87, où Ton trouvera des détails sur le couvent de Montargis.
2. Ce monastère avait été rétabli aux frais de M.. et Mme de Beauvillier, qui s'y firent enterrer l'un et l'autre.
3. En dehors de son patrimoine et de la fortune de sa femme, née Colbert, M. de Beauvillier cumulait un certain nombre de très-gros traitements, qui formaient, sinon un « bien », du moins un revenu considérable : quarante-huit mille livres et plus, comme chef du conseil des finances ; vingt mille livres, comme ministre d'État ; trente-six mille livres, comme gouverneur du Havre ; quarante-huit mille livres, pour sa table de gouverneur du duc de Bourgogne, sans compter les appointements ou profits de gouverneur et premier gentilhomme des deux autres princes, de premier gentilhomme de la chambre du Boi (quatorze mille livres d'appointements réglés), de gouverneur de Loches et de Beaulieu, etc. Colbert n'avait donné que cent mille livres de dot à sa fille ; mais le Roi y avait joint l'énorme taxe du financier Monnerot et une pension de trente mille livres, qui fut augmentée de six mille livres en mars 1679.