Dans le manuscrit, diffinitivement
6. Il y a bien ainsi mesures au pluriel, ici et plus haut. p. 114, ligne 7.
146 MÉMOIRES [HiW
le premier président, qui1 se mil sur une défense de m conduite avec nous confuse el embarrassée. M. deChaulnes vit qu'il ne tendoit qu'à échapper, le remit sur l'assemblée des chambres, et le pressa vivement. Serré de si près,
il se retrancha sur Ja difficulté de la faire, et diminua, tant qu'il put, son autorité à cet égard. M. de Chaumes n'avoit
garde de s'y laisser tromper : il se servit habilement de sa foiblesse pour les personnes de crédit à la cour, et de sa propre vanité ; il lui représenta qu'inutilement [il*] voudroit persuader qu'il n'étoit pas maître d'assembler les chambres toutes les fois qu'il le vouloit ; qu'on savoit bien que c'est honnêteté à lui, et non pas un devoir, d'en prendre avis de la grand'chambre, et qu'on ne savoit pas moins qu'il étoit tellement le maître de ses délibérations que, quand même celle de la grand'chambre y seroit nécessaire, ce n'étoit pas une difficulté qu'il pût objecter, ni qui pût être reçue, dès que son intention seroit véritable de nous accorder l'assemblée de toutes les chambres.
Ces raisons ne donnèrent pas, à la vérité, de meilleurs sentiments au premier président, mais bien un vif repentir de ne s'être pas assez ménagé avec nous, et un regret cuisant sur l'intérêt de sa réputation, qui lui arrachèrent enfin la parole positive, qu'il donna à M. de Ghaulnes pour nous, qu'il assembleroit toutes les chambres pour la continuation et le jugement de notre procès, après un long raisonnement pour mieux faire valoir cet effort.
Le lendemain, M. de Ghaulnes rendit compte à notre assemblée du succès inespéré de sa négociation, et il reçut de nous tous les remerciements si dignement mérités. Nous publiâmes ensuite cet engagement si solennellement pris par le premier président, avec tout ce que nous y pûmes ajouter pour compenser nos plaintes et pour l'engager de plus en plus. Mais notre politique et