EN INJECTIONS
ALCOHOLÈ SÉCALIQUE.
Parmi les médications qui se manifestent d’une manière évidente , en provoquant , en modifiant les fonctions d’un organe, il en est peu d’aussi frappante que le seigle ergoté ,par les effets qu’il détermine sur l’utérus, dans le travail de l’accouchement. Son action est prompte et intense; les contractions semblent se réveiller sous F influence de la volonté qui leur commande; et si F enfant est placé dans des conditions convenables, l’accouchement ne tarde pas à se terminer. Malheureusement pour l’humanité , l’ignorance , entraînée par l’appât du gain, cherche trop souvent à profiter de celte puissante médication , et les plus funestes suites en sont les résultats. Ce n’est donc que dans les cas
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d’inertie de la matrice, lorsque l’enfant est convenablement placé , et enfin quand on juge que l’application du forceps ne conviendrait pas mieux, que l’on peut avoir recours à ce puissant agent thérapeutique (1). Avant d’agir sur l’utérus, ce médicament doit nécessairement déterminer un effet primitif sur d’autres organes , lorsqu’il est introduit par les voies digestives , surtout chez les femmes nerveuses ou très sanguines» J’ai vu une jeune personne chez laquelle il détermina tous les symptômes de l’ergotisme convulsif, sans favoriser l’accouchement ; je fus appelé pour la délivrer a l’aide du forceps que j’appliquai à la fin d’une cruelle agonie. Dans d’autres circonstances , des gastrites , des entérites , des hépatites ont été la suite de cette injestion.
Aussi , tout en rendant justice à la vérité , en reconnaissant la puissance de cette médication , suis-je loin d’en admettre le trop grand usage, ou plutôt l’abus blâmable qu’en font beaucoup de sages-femmes et plusieurs accoucheurs; mais enfin j’admets l’indication bien rationnelle, et je propose d’éviter quelques-uns des inconvénients , et surtout ceux qui sont la suite de l’action du seigle ergoté sur l’estomac et le système nerveux. Pour provoquer cette médication, je propose d’injecter
(1) Je ne présente ici que quelques considérations thérapeutiques sur cette importante question; un assez grand nombre de monographes Font traitée ex-professo; je signalerai principalement , sur cet important sujet, les travaux du docteur Levrat Péroton.
AIXOHOLÉ SECALIQUE.
sur le col de l’utérus, et meme plus haut , un alcoholé sécalique, étendu dans une certaine quantité d’eau tiède. Le procédé que je conseille consiste à faire macérer une demi -once de seigle ergoté dans 4 onces d’alcohol, de conserver le mélange dans Un flacon bien bouché, d’en étendre une ou deux cuillerées dans de l’eau tiède , et de se servir du syphon que j’emploie dans les accouchements secs , pour faire des injections entre la tête de l’enfant et le col de l’utérus. On renouvelle plus ou moins souvent ces injections, jusqu’à ce que la médication commence à se manifester.
Ce procédé, outre les avantages que j’ai déjà signalés, en offre d’autres très évidents. Si son action est trop vive , on peut la corriger par d’autres injections sédatives ; quand il a accompli son œuvre , on en prévient les effets secondaires par des injections modératrices. Ainsi je pense que la raison et l’ expérience s’accorderont pour donner la préférence à cette manière d’employer le seigle ergoté (1).
(1) La teinture sécalique peut encore être substituée à la poudre de seigle ergoté, dans tous les cas où ce médicament est indiqué, surtout dans les cas de pertes ou dans certaines altérations menstruelles.