‹ Mémoires de thérapeutique médico-chirurgicaleChapitre 23 sur 29 · BE L’ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

BE L’ACCOUCHEMENT

L’tin des accidents les plus fréquents dans l’accouchement est, sans contredit, la déchirure du périnée. Si le plus souvent elle est le résultat de l’ignorance ou d’une coupable précipitation , quelquefois aussi elle est une conséquence de la nature même de l’accouchement.

Les résultats de cette déchirure sont très pénibles pour la femme ; elle produit toujours un relâchement insupportable sur F extrémité inférieure du rectum , et altère les fonctions de l’organe déchiré.

En général, les femmes souffrent et se taisent sur l’existence de cet accident , et quand elles s’en plaignent, l’art ne peut leur olfrir que deux moyens de consolation : les palliatifs , ou la suture avec ses douleurs. Elles s’y refusent ordinairement, vivent et meurent avec leur infirmité.

Cette déchirure est beaucoup plus fréquente qu’on ne pense; car les accoucheurs, par oubli, négligent souvent de s’en assurer, et les femmes,

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par pudeur, répugnent à s’en plaindre. Les lochies qui s’écoulent , les mouvements trop répétés , empêchent l’agglutination des bords de la plaie, qui se cicatrisent séparément.

Pour guérir cette infirmité , la première indication consiste à rafraîchir les bords de la déchirure , si I on est appelé trop tard , ou à profiter de la plaie fraîche, si l’on est prévenu à temps. La deuxième indication consiste à maintenir en rapport les bords de la plaie pendant le temps nécessaire à la cicatrisation.

Pour remplir la première indication, je n’ai pas recours à l’incision , ni à f excision des bords de la déchirure ; cette opération est difficile, très douloureuse ; les femmes s’y refusent généralement. J’ai employé d’autres moyens pour arriver à ce résultat : s’il n’y a que quelque temps que la cicatrisation est commencée, si elle est encore imparfaite , je me contente de toucher avec la pierre infernale. Si elle est plus avancée , je touche les bords avec un plumasseau imbibé d’unalcoholéde potasse ; enfin , si la cicatrisation est ancienne , je me sers d’un cautère potentiel, chauffé par l’eau bouillante, cautère à tige recourbée à son extrémité , et anguleux en arrière, pour pouvoir pénétrer entre les deux bords de la déchirure.

Cet instrument est dirigé de manière que sa pointe verticale est promenée sur les deux bords de la déchirure, dans l’étendue que l’on veut donner à la réunion, avec le soin d’imprimer assez fortement son angle sur la commissure des parties cicatrisées. Il en résulte une destruction de la ci-

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catrice , une véritable plaie par brûlure , dont les surfaces tendront à s’agglutiner.

Pour remplir la seconde indication , on à pinposé les sutures entrecoupées, entortillées, enchevillées. Comme je l’ai déjà dit , cette opération est toujours difficile èt douloureuse ; j’ai essayé d’y suppléer par une compression continuée pendant plusieurs jours , de manière à forcer les surfaces cautérisées à se maintenir dans un rapport parfait; j’y suis parvenu, et le succès a toujours couronné mon entreprise. Ce moyen est simple, mais il n’en est pas moins précieux , puisque sans vives douleurs , sans appareil , sans incision et en très peu de jours il remédie entièrement à une infirmité qui paraissait presque incurable.

La compression est produite par un bandage conformé de la manière suivante : une ceinture est placée et bouclée autour du ventre , au-dessus du bassin ; elle offre sur ses côtés des boutons pour recevoir et fixer les extrémités des sous-cuisses ; ceux-ci sont formés , chacun par une partie centrale , composée d’un cordon assez épais , en soie ou en fil , de 4 à 5 pouces de longueur. Ce cordon est uni par chacune de ses extrémités, à un ruban de tissus caoutchouc. On fixe une extrémité de ce sous-cuisse à la partie latérale de la ceinture, soit au moyen des boutons, soit avec une forte épingle; on place le cordon sur la partie latérale du périnée , et en contournant le pli de l’aine , on vient fixer l’autre extrémité du ruban au même point que l’autre, avec l’attention de serrer de manière à comprimer convenablement la partie latérale du

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périnée. On place de la meme manière l’autre souscuisse, et on maintient les genoux rapprochés au moyen d'une serviette. Cet appareil forme un mode de compression doux et élastique sur la partie latérale du périnée, et refoule de bas en haut les parties molles, les force à se tenir rapprochées pour en déterminer l’agglutination.

Les rubans de gomme élastique prêtent convenablement pour obéir à la situation du périnée ; ils ne sont pas trop résistants ; et la direction que je donne à la compression par la manière dont je fixe les extrémités , empêche quelles ne se déjètent en dedans, et force au contraire les parties molles à se rapprocher.

Avec ces précautions la malade peut se retourner , changer de place, se mettre sur le côté sans inconvénients ; si elle a le soin de ne pas déranger la courroie que l’on resserre de temps en temps , après trois ou quatre jours la réunion paraît faite; cependant je conseille de laisser l’appareil quelques jours de plus.

Il faut enfin , pour favoriser la guérison , ne faire aucun effort pour aller à la selle , inconvé nient que l’on préviendra par des lavements que la situation du bandage permet d’administrer. Il est important aussi que la malade prenne une position convenable pour uriner , afin que l’appareil ne soit pas souillé, ce qui, comme on le conçoit, est très-facile.

Parmi un assez grand nombre d’observations , je citerai les suivantes :

Madame C.; au trentième jour de couche, me fit

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confidence de cette infirmité. Les bords de la déchirure commençaient à se cicatriser ; cette solution de continuité s’étendait presque jusqu’à la cloison recto-vaginale. Je touchai deux ou trois jours de suite les bords avec le nitrate d’argent, je plaçai ensuite le bandage, et le sixième jour la réunion était complète.

Madame V. eut un accouchement des plus laborieux : pendant que je faisais l’extraction de la tête , le confrère qui m’aidait soutint mollement le périnée , et il se déchira dans toute son étendue. De graves accidents succédèrent à cette couche , et ce n’est que plusieurs mois après que madame V. me fit appeler pour me confier ses chagrins et l’incommodité qu’elle éprouvait. Les bords de la déchirure étaient cicatrisés, et la vulve offrait une très-grande étendue. Je promenai l’extrémité du cautère sur la commissure et les deux bords , opération qui fut peu douloureuse, et j’appliquai le bandage , qui , lors même que les cuisses étaient écartées , maintenait les bords de la déchirure en rapport, rapport qui fut encore plus immédiat par le rapprochement et la fixation des cuisses. Après six jours de compression et de repos, madame V. a été entièrement débarrassée de cette pénible infirmité, qui avait fait son tourment pendant plusieurs mois.

La déchirure du périnée s’étend quelquefois beaucoup plus foin et comprend la cloison rectovaginale ; accident bien plus grave encore que le précédent, et qui exige des moyens plus énergiques. C’est ce qui constitue la rupture gu la cîé-

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chirure de la cloison recto-vaginale. J’ai lu a l’Académie royale de médecine un mémoire sur cel important sujet , et j’ai présenté un nouveau procédé de réunion. Ce mémoire avant été mis au

rapport, j"en présente ici seulement une courte analyse (1 ).

Les deux bords de la déchirure sont saisis au moyen d'un instrument formé par deux branches droite et gauche. Chaque branche est fermée par deux tiges anguleuses à leur extrémité , l’une vaginale et l’autre rectale ; cette dernière est armée de petites pointes aiguës , qui pénètrent d’arrière en avant la cloison , la seconde comprime cette même cloison sur ces pointes. Les deux parties se réunissant parallèlement par le moyen d’un pêne, d’une gâche et d’un pas de vis, les bords de la déchirure sont mis en contact immédiat et la réunion se fait en trois ou quatre jours.

(1) Cel accident étant assez fréquent, F Académie a jugé à propos, quoique le mémoire fût présenté par un correspondant, de le soumettre au rapport ; M. le docteur Blandin a été chargé de cette tâche; il a trouvé le sujet assez important pour mériter toute son attention.

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DU SULFURE DE CHAUX

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