‹ Mémoires de thérapeutique médico-chirurgicaleChapitre 28 sur 29 · DOCTRINE ORG AN OP ATH1QII E · texte numérisé non relu

DOCTRINE ORG AN OP ATH1QII E

peut répéter cette ponction plusieurs fois sans inconvénient. Je l ai faite cinq fois à l’hospice de la Charité de Lyon sur la même cornée, pour essayer d’établir une pupille artificielle ; en déplaçant légèrement le cristallin il tend à s’atrophier et tomber de lui-même, comme j’e nai vu un exemple. Enfin on n’a pas à craindre les désordres qui accompagnent si souvent l’abaissement par la sclérotique et la lésion de toutes les parties traversées par la lance. Souvent même l’opéré a pu faire un certain trajet sans accidens après le premier temps, comme après le second , l’impression laissée par cette opération ne consistant que dans une petite plaie de la cornée , etc.

J’opérai, il y a dix ans, madame de L . à St-

Foix, près de Lyon. Le docteur Polinière , médecin de la Charité, voulut bien m’assister dans cette opération. Après le premier temps, cette dame se laissa aller à un sommeil profond et se coucha sur l’œil opéré qui fut comprimé et un peu enflammé, accident qui se dissippa rapidement; je fus obligé de faire cette opération en trois temps et le

succès fut complet. Madame de L . jouit encore

des bienfaits de ce procédé, dont elle supporta sans peine et sans douleur les répétitions.

Madame de S . de Colonge, présentait un

grand obstacle à la manœuvre opératoire ; ses yeux roulaient convulsivement dans les orbites et sa tête était continuellement vacillante ; de plus elle ne pouvait rester couchée : je l’opérai en trois temps , assisté par mon ami et confrère le docteur Méy, et l’abaissement a eu lieu sans aucun accident.

88 DOCTRINE ORGANOPATH1QÜE.

J’ai opéré avec le meme succès, le nommé L'empereur , de Colonge , qui après chaque ponction a pu se rendre chez lui à pied, conduit par un guide. La femme d’un maçon, demeurant à Lyon, quai de Bondy, m’offrit un fait assez singulier : elle fut violemment frappée par son mari , ivre , le premier jour de l'opération, elle pleura abondamment, et je crus son œil perdu; il ne se manifesta aucun accident; il paraît au contraire que les secousses violentes qu’elle avait éprouvées , hâtèrent la chute du cristallin. Je n’aurais pas osé citer cette observation, si elle n’avait pas eu pour témoin mon honorable ami et confrère, le docteur Brachet , qui voulut bien m’assister dans cette opération et dans plusieurs autres , ainsi que le docteur Méy. Je pourrais citer un assez grand nombre de faits à l’appui des avantages que présente le procédé que j’ai constamment employé (1), et j’ai vu avec plaisir que quelques praticiens distingués de Paris donnent la préférence au broyement du cristallin, qui a quelques rapports avec le déplacement en plusieurs temps; broyement qui serait plus facile et plus certain par la cornée.Ilenest de même de la position de l’opérateur derrière le malade, qui est aussi adoptée par quelques-uns d’entr’eux.

(1) Le professeur Gayervoulut bien me faciliter l’application de ce procédé à l'art vétérinaire. J’opérai publiquement, en 1819, à l’école de Lyon , un cheval convenablementfixé; je traversai la cornée avec une lance? et je luxai et broyai très aisément le cristallin.

Page 1