DOCTRINE ORGAN OP ATII1QUE
Cette doctrine thérapeutique sera encore rendue plus probable par son caractère chez certains peuples par rapport à leur constitution , leur tempérament, et surtout par une esquisse des systèmes sur lesquels on s’est basé pour administrer les médicaments, dans les temps qui nous ontprécédés.
Ainsi én Italie , les évacuations sanguines constituent la plus importante médication ; on ouvre les veines dans la plupart des maladies ; la nécessité de cette médication a été inspirée par la prédominance sanguine si saillante dans le tempé-
plus frappante : c’est pour cette raison que l’on observe des succès si divers suivant les contrées et les théories médicales. Ainsi le professeur Broussais fait prédominer les évacuations sanguines ; le magister de bismuth est vanté à Varsovie; le laudanum est préconisé par beaucoup de médecins; à Gênes, on a vanté l’ipécacuanha ; à Saint-Pétersbourg, le café, l’eau de menthe, les aromates; à Sanok, le tartre stibié et la camomille ; les Israélites polonais ont employé avec avantage les frictions, les liniments irritants et l’insomnie; à Vienne, on a eu spécialement recours aux sinapismes, au café, à l’émétique; le calomélas a été le médicament favori des Anglais, ainsi que le gingembre, etc. Au milieu de cette abondance , on distingue trois genres de médications , 's’adressant aux trois modes , comme aux trois périodes de la maladie. Ainsipar exemple, la troisième est presque toujours marquée par la prédominance lymphatique, et c’estalorsque les diffusifs , les stimulants auront une grande puissance, surtout quand ils seront dirigés convenablement , pour ranimer la sensibilité nerveuse prête à s’éteindre. C’est dans cette période que le docteur Montain aîné , mon frère , pendant le règne du choléra à Alger , a obtenu des effets rationnels de l’emploi de la strychnine dont Faction thérapeutique est si manifeste sur le système nerveux.
DÜCT a IN E ORGAJXOP ATH I Q U K .
rament comme dans l’état morbide. Dans les pays brumeux, humides, au contraire, comme enAngleterre, en Hollande, ce sont les toniques, les stimulants qui fournissent aux premières et aux principales indications : l’utilité de ces moyens leur est indiquée par la prédominance lymphatique (1). En France, où tant d’éléments divers modifient et caractérisent le tempérament national , la prédominance nerveuse est la plus remarquable et la plus générale. Cependant, on peut dire que le système sanguin lutte souvent avec cette disposition ou semble concomiter avec elle. Aussi les modérateurs de tous genres , aussi tous les moyens qui agissent sur le système nerveux , même sur l’imagination , trouvent - ils fréquemment une application rationelie. On peut avancer avec raison que cette prédominance , qui exige tant de moyens calmants , au physique comme au moral, dispose singulièrement les esprits à désirer ces moyens, à se leurrer de fausses espérances, à adopter aveuglément et avec enthousiasme, les systèmes nouveaux, les remèdes secrets, les spécifiques, etc. (2).
p) Après avoir attaqué par quelques évacuations sanguines une gastrite aiguë, ils administrent de doux toniques, bientôt des stimulants, des purgatifs même; ils nourrissent convenablement le malade, et le succès couronne ce traitement, par les raisons que j’ai signalées. C’est ce que j’ai vu sans étonnement, dans les hôpitaux de Londres, spécialement à riiôpital Saint-Barthélemy , dans la pratique de M. le docteur Lawrence.
P) Il est facile de se rendre raison de la facilité avec la-
DOCTRINE ORGANOPATH1QUE. i (
C’est en considérant le rôle que jouent ces prédominances dans l’application des moyens de la thérapeutique, que nous nous rendrons raison de ces succès et de ces revers. En revenant sur les temps passés , en jetant un coup-d’œil rapide sur les principales bases qui ont guidé cette application, nous verrons pourquoi tant de médicaments ont tour-àtour mérité et démérité.
\° L’humorisme, qui a pour ainsi' dire présidé à la naissance de la thérapeutique , qui l’a dirigée long - temps avec ses dépuratifs , ses évacuants , ses sudorifiques , ses exutoires, etc. , a eu des succès incontestables , non parce qu’il attaquait un principe humoral, mais parce qu’il atteignait une prédominance qui exigeait des
quelle ces systèmes nouveaux sont aveuglément adoptés par un certain nombre de personnes très sensées d’ailleurs. Il est des esprits qui ont une disposition pour ainsi dire physiologique à accepter, à admirer tout ce qu’ils ne comprennent pas , ou ce qu’ils croient comprendre; c’est une disposition en quelque sorte inhérente à leur organisation, qui les entraîne à s’enthousiasmer sans examen profond pour tout ce qui est nouveau et qui offre quelque chose de mystérieux et de merveilleux. J’ai vu des familles entières présenter cette crédulité; j’ai vu nombre de personnes, qui, sans tenir compte du défaut d’expérience, sacrifiaient celle des siècles pour adopter la première utopie riche en brillantes et trompeuses espérances : ils ont cru au magnétisme, à l’eau merveilleuse, au remède de Leroy, et ils croient maintenant en aveugles à l’homœopathie, et allient à cette croyance une grande foi pour des recettes , des secrets de famille tout-à-fait allopathiques.
78 DOCTRINE ORGANOPATH1QUE.
révulsifs puissants (1 ) , ou des toniques, des diurétiques, etc. Ainsi, cette médication purgative, autrefois si prodiguée , aujourd’hui si négligée, a d’autant plus d’influence qu’elle agit sur des surfaces accoutumées à toute espèce d’agression, et qu’elle est souvent pour la nature une voie de révulsion ou d’élimination. Ainsi, tout en croyant attaquer un être idéal , les anciens provoquaient souvent une médication rationnelle, et ils obtenaient un certain nombre de succès , surtout dans les tempéraments lymphatiques présentan t des modifications dans les appareils sécrétoires. D’après notre méthode , sans être humoriste , nous utiliserons rationnellement ces agents thérapeutiques trop délaissés, soit comme modificateurs, soit comme révulsifs, spécialement dans les cas et les périodes de prédominance lymphatique.
2° Le brownisme, en dirigeant sa thérapeutique d’après le degré de force ou de faiblesse , à l’aide des toniques et des débilitants , a eu aussi sa part
(1) En voici un exemple. Le jeune Ricard, âgé de 10 ans, était au dernier terme d’une affection cérébrale. Je conseillais la révulsion sur le tube intestinal avec la coloquinte et la gomme-gutte en lavement : un voisin officieux, partisan du purgatif de Leroy, fit préférer ce remède qui détermina une violente révulsion sur les voies digestives. Le cerveau se débarrassa, cet enfant reprit connaissance, et peu s’en fallut qu’il ne fut sauvé par ce violent remède qui avait fait tant de victime. Malheureusement, malgré mes conseils, on redoubla la dose , et ce jeune infortuné , qui avait échappé à la maladie cérébrale , succomba à la maladie abdominale.
D0CTR3NE ORGANOP ATHIQUE.
de succès quand il est tombé juste. Souvent il a soutenu les forces affaiblies dans une prédominance ou une période lymphatique , avec les fortifiants, et il a tempéré l’intensité d'une plilegmasie , la douleur des symptômes nerveux par les a toniques dans les prédominances et les périodes sanguines ou nerveuses; mais fréquemment aussi , il a pris la force pour la faiblesse , et la débilité pour un état contraire : ainsi l’adynamie du système locomoteur lui a voilé l’irritation, l’inflammation de l’appareil digestif.
3° Le rasorisme , avec ses moyens énergiques, n’obtient-il pas souvent des succès incontestables, en dirigeant les médications d’après les liaisons sympathiques, en provoquantdes révulsions importantes, en donnant aux agents thérapeutiques une grande puissance comme modificateurs. Aussi, la doctrine organopathique y puisera de puissants arguments en sa faveur et des médications précieuses suivant les périodes et la nature des maladies, suivant les tempéraments et leur influence sur celles-ci (1).
5° La doctrine physiologique, qui a régénéré en
(i) Ainsi les préparations d’antimoine à haute dose, sont administrées avec succès dans certaines péripneumonies , parce que , primitivement , par la saignée , on a combattu l’état sanguin, et que l’on agit sur l’appareil digestif lié de sympathie morbide avec la peau , appareil qui n’est plus dans les mêmes conditions que dans l’état normal, et sur lequel les remèdes agissent victorieusement comme modificateurs et révulsifs.
80 DOCTRINE OIIGÂNOPATHIQUE.
quelque sorte la science médicale, et qui paraissait à beaucoup, devoir diminuer l'empire de la thérapeutique , donne au contraire de nouvelles armes à sa puissance. Elle fournit des preuves à la localisation des maladies, par conséquent, à celle des médications, et si son auteur a trop insisté sur les médications vasculaires , c’est que la prédominance sanguine est fréquente , par rapport à l’âge, au tempérament et à la période morbide. Aussi devons-nous préconiser cette méthode dans les conditions énoncées, en l’étayant des autres ressources de la matière médicale, comme le fait le professeur Broussais dans ses savantes cliniques( l).
Des moyens nombreux-, un grand nombre de médicaments, sans autre base qu’une sorte d’empirisme, ont encore eu, dans divers temps, une réputation plus ou moins brillante et même quelques succès. Ainsi le magnétisme minéral , qui pourrait cependant posséder quelques vertus d’après les propriétés chimiques et physiques de nos humeurs et de nos tissus, a paru produire des effets salutaires , et on ne peut présumer qu’il y
(i) Les partisans aveugles de cette doctrine s’imaginent que son auteur, après avoir jeté tant de lumière sur la science médicale, a voué au mépris toutes les ressources de la pharmacopée, et qu’il suffit de deux ou trois agents thérapeutiques pour remplir toutes les indications : les sangsues, l’eau de gomme; s’ils appréciaient les principes de l’auteur, s’ils concevaient sa pratique , ils sauraient que personne n’utilise avec autant de succès que lui les agents thérapeutiques.
DOCTRINE OEGANOPATH1QUE. 81
a eu de rinfluence dans la prédominance nerveuse, ïl en est de même du magnétisme animal et du somnambulisme. Le siècle qui les vit naître et mourir était fait pour le règne des puissances imaginaires et pour tous les moyens capables d’agir sur le système nerveux. Ce dernier, par F égarement des passions, l’oubli de tous les soins hygiéniques, était dans un état continuel d’excitation; la société était, pour ainsi dire, détériorée par les veilles, l’abus des plaisirs et les excès de tous les genres : aussi la prédominance nerveuse se manifestait dans tous les tempéraments comme dans toutes les maladies. Faut-il s’étonner alors de la confiance inspirée par ces faibles médications qui, cependant, avait quelque puissance alors, par rapport aux dispositions nerveuses dont je viens deparler, dispositions qui n’existentplus de nos jours que chez quelques individus et par des causes accidentelles.
Il en est de même de la médication homœopathique adoptée avec tant d’ardeur par certaines personnes qui la jugent, la proclament et l’ordonnent souvent sans la connaître: partisans aveugles, et trop ardents, qui par leur ignorance et leur fanatisme , concourent toujours plus à discréditer Un système qu’à le défendre et à le propager (1).
(i) Je crois à la médication rationnelle , mais non à la doctrine , parce que j’ai bien étudié et bien apprécié sa puissance comme médication propre à produire des effets semblables, et c’est pour cette raison que je suis si étonné, même
82 DOCTRINE ORGANOPATHIQUE.
Cette question est à l’ordre du jour, elle est toute vitale pour certaines croyances ; elle compte momentanément un certain nombre de partisants en France, et mérite sous beaucoup de rapports un jugement sévère et impartial.
Ce mode de médication .peut être envisagé sous deux rapports , le rationnel et X idéal. La médication semblable est réelle par des doses de médicaments appréciables ; elle est idéale et illusoire par des doses fractionnées à finfmi(1 ). Il est bien certain que les agents thérapeutiques peuvent déterminer des effets semblables à ceux que produisent les causes morbides ; on peut même créer artificiellement un grand nombre de maladies : il suffit de signaler les effets produits par les cantharides , l’arsenic , la vératrine , les oxides de cuivre , la strychnine , pour prouver cette assertion , et alors nous serons forcés d’admettre cette médication , et nous comprendrons la possibilité de modifier la marche, les symptômes d’une maladie, en dirigeant sur l’organe on le tissu qui en est le siège l’influence des agents thérapeutiques qui pourraient
si effrayé de voir tant de gens du monde parler avec tant de témérité d’une chose qu’ils ne peuvent pas comprendre.
(i)Si les molécules atomiques avaient une si grande puissance, nous courrions tous les jours de grands dangers d’être médicamentés ou contrariés dans un traitement homœopathique par une continuelle homœopathisation , tous les jours nous prenons quelques billionièmes de cuprum de metallicum album et de tant d’autres puissants poisons échappés à nos instruments, à nos ustensiles.
DOCTRINE ORGANOPATHIQUE. 83
la faire naître. Ce mode de médication, qui est plutôt organopathique qu’homœopathique , remonte à la plus haute antiquité , mais il n’a été érigé en doctrine que dans notre siècle. Il pourrait souvent, lorsque l'expérience l'aura sanctionné , avoir d’heureux résultats, dirigé convenablement; mais il peut dépasser les bornes que l’on veut lui assigner , et au lieu de produire un effet semblable ou artificiel , augmenter le mal et pousser à une terminaison fatale , comme j’en ai vu déjà un trop grand nombre d’exemples. Ainsi, des fractions d’arsenic, de jusquiame , de belladona , etc., ont quelquefois modifié avantageusement l’état morbide d’un organe, mais d’autres fois ils ont ajouté à la cause , et par conséquent aux effets. J’ai vu des gastrites , des cérébrites , des affections du poumon , et surtout des rhumatismes goutteux se terminer rapidement par la mort, sous l’influence de cette médication. Ainsi donc nous ne pouvons nous refuser à admettre sa puissance autant qu’elle est déterminée par des doses sensibles; mais ii n’en est pas de même des infiniment petits qui n’ont de l’influence que sur les imaginations complaisantes et qui constituent le ridicule de la médication ; ces molécules atomiques dissoutes par des torrents de liquide sont des êtres imaginaires créés au profit du vendeur et pour la consolation des dupes et des croyants (1).
(1) Les partisans aveugles de cette médication, quoique très-honnêtes et très-polis d’ailleurs, ne laissent pas que d’anatliématiser les médecins qui ne veulent pas tout-à-coup oublier les siècles d’expérience devant la puissance inspirée
DOCTRINE ORGANOPATfliQUE.
Ainsi , en parcourant l’histoire des erreurs et des vérités , en nous appuyant sur les tempéraments et les constitutions , en admettant les modifications morbides des prédominances élémentaires, nous avons des bases plus certaines pour diriger la thérapeutique des maladies , puiser dans les travaux de nos devanciers d’immenses ressources , et utiliser toutes les richesses de la matière médicale (1).
de ces molécules invisibles. Mais quels seraient donc les motifs qui pourraient fermer leurs yeux à l’évidence , si les avantages de cette doctrine étaient si vrais, si grands et ses succès si certains? Quelle serait donc cette bizarrerie de l’esprit qui ferait repousser des promesses si brillantes et pour le praticien et pour l’humanité ? Tout est bénéfice dans cette manière de pratiquer. Il y a cumul, l’homce'opathe réunit les bénéfices du médecin et du pharmacien, et de plus il élude toute responsabilité : point d’écrit, point de preuves de ses erreurs; les catastrophes sont toujours fa^ ciles à mettre sur le compte du malade ou de la maladie, etc.
(i)On peut dire qu’une maladie est un problème à résoudre de la manière suivante : 1° établir son siège ou son point de départ ; 2° en caractériser la prédominance élémentaire ; 3° en déduire la thérapeutique. Pour bien apprécier cette dernière , il faut l’étudier dans chaque appareil et prendre, pour ainsi dire, les maladies , toutes décrites par la pathologie pour y adapter les médications, ce qui constitue un cours de thérapeutique organopathique , cours qui devrait être le complément des études médicales.. Pour faciliter cette importante étude et comprendre tous ses éléments et ses moyens , je l’ai divisée en trois grandes classes : 1° thérapeutique appliquée aux organes des fonctions relatives , 2° aux organes des fonctions organiques, 3° aux organes des fonctions reproductives.
DOCTRINE ORGANOPATIIIQUE. 85
Telles sont les différentes questions de thérapeutique médico-chirurgicale que mon expérience m a permis de traiter , sans doute d’une manière imparfaite. J’aurais pu y ajouter plusieurs modifications de procédés et quelques observations pour étayer la puissance d’un grand nombre de médications que j’ai déterminées avec succès. Je me contenterai seulement de signaler quelques-uns de ces procédés.
J’ai obtenu plusieurs guérisons de fistule à l’anus en comprimant progressivement de bas en haut et de dedans en dehors sur le trajet fistuleux par le rectum , en prenant le point d’appui sur la hanche au moyen d’un arc de fer, en plilogosant le trajet à l’aide du cautère hydraulique et en favorisant l’agglutination des parois ; avec une canule conique et des injections fréquentes.
J’ai obtenu un succès remarquable dans le traitement d’une fistule urétro-vaginale , au moyen - d’une sorte d’agrafe en fer-blanc dont les pointes pénétraient les parois vaginales, rapprochaient les bords de la fistule , primitivement touchés avec le
Chaque classe a été divisée en genre par les appareils ou les organes. Ainsi la première comprend la thérapeutique du derme et de ses annexes, de la vision, de rouie, de l’odorat, du goût, du système locomoteur, etc. ; la deuxième, la thérapeutique des appareils de la circulation , de la respiration, de la digestion, etc.; la troisième, la thérapeutique de h utérus, etc. Dans chaque appareil et pour chaque maladie, i’examineles moyens fournis parlamédecine opératoire, les agents physiques , les règnes minéral , végétal et animal.
86 DOCTRINE ORGANOPATHIQUE.
nitrate d’argent et les comprimait sur une sonde de gomme placée dans le canal de l’urètre .
Un mode de compression rationnel m’a aussi
réussi dans le traitement d’une fistule urinaire.
Une grosse sonde a été placée dans l’urètre, le trajet fistuleux a été fortement phlogosé avec un cautère hydraulique, une petite guille conique a été placée dans la fistule ; le contour de cette fistule a été comprimé avec une rondelle très épaisse de caoutchouc sans presser la guille qu’elle contournait, et les parois du trajet fistuleux se sont agglutinées de haut en bas avec assez de rapidité.
J’ai fait un assez grand nombre d’opérations de cataracte , et je crois pouvoir attribuer le succès que j’ai obtenu au procédé que j’ai constamment suivi et que j’ai signalé dans différents mémoires , spécialement en 1816. J’ai, je crois, le premier en France proposé de traverser la cornée transparente avec une lance mince et d’abattre le cristallin en plusieurs temps : c’est-à-dire que pour peu qu’il résiste , je me contente de le luxer et quelques jours après, par une autre ponction de la cornée, j’achève l’abaissement. On peut revenir plusieurs fois à cette ponction, comme je l’ai fait assez souvent sans accident ; enfin j’ai aussi prouvé qu’il était bien plus facile d’opérer en se plaçant derrière le malade, et j’ai toujours pris cette position. Ce procédé,, que j’avais désigné sous le nom & antéro-postérieur en plusieurs temps, offre des avantages incontestables. On traverse la cornée qui est insensible et ne s’enflamme pas quand l’instrument est bien aiguisé. On