‹ Mémoires de Thérésa, écrits par elle-memeChapitre 20 sur 35 · S MÉMOIRES · texte numérisé non relu

S MÉMOIRES

BOUDEVILLE. Mademoiselle, si vous dites prendre-z-un bâton, vous ne débuterez jamais à la Salle Lyrique. On dit : prendre un bâton!

ANGÈLE. On ne prononce donc pasl'S?

BOUDEVILLE. (A ;M/'/.)Quelle grue ! [Haut. )Conlinuez, mademoiselle. Je vous donne la réplique :

Ou sa façon dî rire, ou son ton de fausset Ont-ils de vous toucher su trouver le secret?

ANGÈLE [d'îw to?i d'indifférence) :

Qu'injustement de lui vous prenez de l'ombrage!

BOUDEVILLE. Allons, mademoiselle! un peu de grâce dans votre maintien !

ANGÈLE. Vous êtes encore poli, vous !

BOUDEVILLE. Je n'ai pas dit cela pour vous insulter.

ANGÈLE. Vous u'avez que des choses désagréables à me dire.

BOUDEVILLE. Il faut bien que je vous enseigne l'art dramatique. Continuez.

ANGÈLE. Je veux bien, mais ne recommencez pas.

Ne savei-vous pas bien pourquoi je le ménage, Et que, dans mon procès, ainsi qu'il m'a promis, Il peut intéresser tout ce qu'il a d'amis?

nouDEviLLE [bâillant) .

Perdez votre procès, madame, avec constance. Et ne ménagez point un rival qui m'ofifense.

ANGÈLE [avec tendresse). Ah! Boudeville, si c'était vrai ! Si vous vouliez me venger de ce monstre d'Alfred?

BOUDEVILLE [cwec difjnité). Je vous en prie, mademoiselle, ces choses-là ne me regardent pas.

ANGÈLE, Vous n'aimez donc pas les femmes, Boudeville?

BOUDEVILLE [exospéré). Non ! Continuons notre leçon !

ANGÈLE. C'est pourtant bien gentil, les femmes.

BOUDEVILLE. A la réplique, je vous prie !

ANGÈLE [récitant) .

Mais de toui l'univers vous devenez jaloux !

BOUDKViLLE [bdiUunt jilus fort).

C'est que tout l'univers est bicur^çu de vous.

ANGÈLE. Ah ! c'est trop fort,'Boudeville! Vous êtes un grossier personnage.

BOUDEViLLE. Mais, mademoiseile ! c'est dans Molière !

ANGÈLE. Je me fiche pas mal de votre Mohère. Je ne connais que vous ! Vous êtes insolent avec les femmes. Ça ne me va pas ! Je m'en vais chez Ricourt! [Elle sort furieuse.)

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