‹ Mémoires de Victor Alfieri, d'AstiChapitre 39 sur 85 · SCÈNE SECONDE · texte numérisé non relu

SCÈNE SECONDE

DIOMEDE, CLÉOPAXRE, ISMENE.

CLÉOPATRE

Fidèle Diomede, est-ce la vie, est-ce la mort que tu m'apportes?... Qu'as-tu découvert?.. .mon destines! il accompli?... Parle.

DIOUÈDE.

Reine, j'allais m'acquitter de tes ordres, lorsqu'on descendant sur le rivage de la mer, j'ai vu l'aveugle multitude se précipiter vers le port; j'entends des cris confus. Est-ce la joie, la douleur ou l'étonnement, je ne le demande pas; je cours moi-même, et bientôt la cause fatale de cette grande rumeur ne m'est que trop bleu consue. Uq petit nombre de

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La finesse , la grâce et l'élégance de ses observations au sujet de ma malheureuse Cléopàtre, feraient bien rire le lecteur, si j'avais le courage de lui en faire part; mais l'aiguillon en serait pour

navires fugitifs et fracasses, misérables débris de nos flottes superbes, étaient l'objet des perverses clameurs de la foule toujours prompte à railler ceux qu'elle a cessé de craindre.

CLÉOPÀTRE.

Et Antoine élait sur ces vaisseaux?

DIOMEDE.

Canidius, qui ramène ce peuple de fuyards, croyait le trouver, etc.

Et la pièce allait ainsi d'un bout à l'autre, assez longue d'ailleurs, et n'ayant pas moins de mille six cent quarante-un vers. Rarement depuis il m'est arrivé d'en mettre autant dans les autres tragédies que j'ai composées ( et elles sont au nombre de vingt ) , à une époque où j'avais peut-être quelque chose de plus à dire, tant il y ade profit pour la précision du style à savoir dire d'une façon plutôt que d'une autre.

LETTRE DU COMTE AUGUSTIN TANA, ARISTARQUE DE l'aUTEUR.

Vous m'avez choisi pour votre Aristarque; en échange de l'honneur que vous m'avez fait, j'accepte. Préparez-vous donc à la plus sévère, à la plus inexorable censure, et telle que peu ont le courage de l'exercer, très-peu celui de la supporter. Je serai du petit, vous du très-petit nombre. La plèbe littéraire, flatteuse, menteuse, suffisante, n'a pas coutume assurément d'en user ainsi; présent, on vous loue sans retenue; absent, on vous déchire, on vous trahit sans pudeur. C'est ce qui n'arrivera jamais entre l'auteur de cette tragédie et le censeur son ami.

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moi trop piquant. Elles pourraient d'ailleurs ne pas être bien saisies , parce que je n'ai cité que les quarante premiers vers de cet autre avorton . Mais je transcrirai volontiers la petite lettre d'envoi qui accompagnait ces observations, elle suffira pour le faire connaître.

Cependant, j'avais joint à la tragédie une petite farce qui devait se jouer immédiatement après ma Cléopâtre, et je l'intitulai les Poètes. Pour donner aussi une idée de mon inexpérience en prose , j'en cite un fragment *. Ni la farce, ni la tragédie n'étaient les sottises d'un sot ; çà et là ,

aES POETES,

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