‹ Memoires de Victor Alfieri ecrits par luimemeChapitre 117 sur 131 · V1B01HIE · texte numérisé non relu

V1B01HIE

ICIL1US

Je serai Romain, citoyen et libre; je serai l'égal de tous les Romains, soumis aux lois seules, et plus grand que tes rois. Vous avez pu concevoir sur moi un doute horrible, mais il ne m'offense pas. Ce vil soupçon n'aurait jamais pu s'élever dans votre cœur si Appfus ne l'y avilit fait naître.

viitGimus.

0 temps affreux! l'homme puissant ne rougit donc pas d'employer la ruse avec le faible. Je ne l'avais pas cru... mais Appius savait si bien colorer ses discours... Qu'importe 1 quand même j'aurais pu le croire , un seul de vos regards me prouverait plutôt la vérité que tous les serments d' Appius. Ah ! le monstre! Je le jure... jamais je ne vous abaudonnerai; vous pouvez compter sur moi comme sur votre courage et sur votre glaive.

icilios.

Et moi, je vous crois ; je n'ai confiance qu'en vous , et non dans ceux qui m'ont suivi, quoique dans leur indignation ils aient juré fidélité a Rome et à moi. La crainte, la calomnie et l'or peuvent me les enlever; ce sont-là les armes d'Appius; elles sont inconnues aux vrais braves, mais leur effet n'est que trop certain. Maintenant quelque chose qui arrive, si Appius persévère dans son criminel projet, il périra. Il commence à craindre; il l'a montré en essayant de vous séduire. Il se fie à la stupeur du peuple avili : il n'a que trop raison. Appius abattu, il reste encore neuf tyrans, bien moins redoutables et séparés. Les deux armées, toutes les forces de Rome sont en leur pouvoir. Ainsi , la liberté qu'un petit nombre désire, dont vous seul êtes digne, est encore incertaine. Dans

Page 1