ACTE V, SCÈNE I
ce moment la vengeance seule me parait assurée. Je vois tous les dangers de notre entreprise, et je veux les affronter.
VIBOINIUS.
Ah 1 Romain magnanime ! dans ce jour Rome doit périr ou renaître avec vous. Cédez seulement à ma vieillesse l'honneur de donner le signal; que ce soit moi seul qui décide l'Instant et la manière de frapper. Votre glaive sera prêt, et vos regards seront attachés sur les miens. Commençons par examiner les dispositions du peuple assemblé. Pour que nos coups soient plus assurés, nous devons peufeêtre d'abord employer la douceur. Ah I je vous en conjure , dans cette haute entreprise, ne faites que suivre mon exemple.
ICILtUS.
Vous êtes Romain et père. Donnez le signal, et je serai toujours prêt à frapper.
Allez, vous devez accompagner ma femme et ma fille. Ayez soin de répandre quelques-uns de vos braves parmi le peuple. Il sera mieux qu'Applus, en arrivant, me trouve seul : je veux encore lui parler; ensuite je me placerai près du tyran. Je vous attends ici. En revenant, ne montrez pas trop d'audace. Mettez encore, pour quelques instants, un frein à votre fureur; bientôt vous pourrez vous y livrer tout entier.