vie d'alfiebi
de colère si vif, que je jetai le livre par la fenêtre, en m'écriant comme un fou : « C'est une nécessité bien cruelle et « bien fâcheuse que, pour écrire des tragédies, à l'âge de « vingt-sept ans, je sois obligé d'avaler toutes ces puérilités, ■ et de me dessécher le cerveau avec des pédanteries pa- « reilles. » Le père Paciaudi sourit de cette fureur poétique et peu polie ; et il me prophétisa que je lirais par la suite le Ga/ri/eo plus d'une fois. La chose arriva ainsi, mais plusieurs années après, quand mes nerfs se trouvèrent assez rmlureis pour supporter le joug de la grammaire. Non-seulement je lus le Galateo, et y fis des notes, mais aussi sur tous nos prosateurs du quatorzième siècle. J'ignore avec quel profit. Le fait est que celui qui pourrait bien les lire sous le rapport de leurs tournures de phrases, et qui saurait se parer avec adresse de l'or de leurs habits, en séparant les guenilles qu'ils couvrent, serait sûr de donner au style de ses écrits, soit historiques, soit philosophiques, soit poétiques ou de tout autre genre, une richesse, une brièveté, une netteté et une force de coloris qu'aucun de nos écrivains italiens ne possède. Peut-être le travail en serait affreux ; et celui qui aurait l'esprit et la capacité d'eu tirer parti, ne voudrait pas le faire, tandis que celui qui ne les aurait pas, le ferait en vain.