‹ Memoires de Victor Alfieri ecrits par luimemeChapitre 88 sur 131 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

APPIUS seul.

,Appius, que fais-tu 7 Insensé, toi amoureux! Tu veux régner, et ton lâche cœurbrûle pour une plébéienne 1 Oui, puisqu'elle refuse de se rendre à tes prières, le sceptre te donnera le pouvoir de lasoumettre à tes désirs. Mais le peuple... Qu'ai- je à redouter ? Le peuple tremble devant les lois ; c'est avec leur appui que je me suis élevé, et aujourd'hui elles ne servent qu'à augmenter ma puissance. Je puis, je le sais, en créerde nouvelles, les détruire, ou les interpréter. Combien il faut d'artifice pour imposer un joug durablel Mais j'ai su y parvenir. Féroces patriciens, il m'était trop facile de vous soumettre , vous , sur qui l'or a tant de pouvoir : on l'épuiserait avant de satisfaire votre insatiable avarice. Si je n'ai pas encore trouvé en vous des satellites dévoués, vous me servez au moins , aujourd'hui à terrasser et à enchaîner le peuple. Mais votre tour viendra. Quelle résistance pourrez-vous opposer à celui qui vous a achetés, opprimés et avilis? Mais déjà Virginie approche du tribunal. Sa mère est avec elle ; Icilius, une foule immense l'accompagnent. Cortège terrible! redoutable pour tout autre qu'Appius. Mais celui qui se sent né pour le diadème , qui veut régner ou mou-

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rir, ne doit pus connaître la crainte ni changer ses volontés.

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