‹ Memoires de Victor Alfieri ecrits par luimemeChapitre 93 sur 131 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

reprendre son caractère. Il a toutes les qualités d'un tyran, tout ce qu'il faut pour l'être; il ne lui manque que In prudence. Cependant, la prudence est ordinairement la première vertu des tyrans ; c'est la base de la tyrannie naissante.

LE PEUPLE

Ses discours sont trop énergiques ; mais il dit la vérité.

Je croyais n'avoir à prononcer ici que sur le sort d'une esclave ; mais je vols que je serai forcé de commencer par punir ce téméraire.

ICILIUS

Je croyais, moi, ne défendre ici qu'une jeune fille, née libre, et qui doit être mon épouse. Mais je suis mille fois heureux si je puis , au prix de mon sang , défendre en ce jour les droits de Borne, les miens et ceux de tout le peuple.

LE PEUPLE

0 paroles courageuses I ô cœur intrépide! Il est Romain.

APPICS.

Licteurs , arrêtez ce factieux ; que la hache soit suspendue sur sa tète, et qu'au premier mouvement...

VIBGIKIB.

0 ciel, arrêtez, arrêtez; je serai son égide. Tournez le fer contre moi ; que les licteurs m'entraînent comme esclave. Je brave l'esclavage, la mort, pourvu que l'on épargne le seul défenseur de Borne.

Qu'on l'arrache de son sein. Cela cache un horrible complot, et Rome est en danger.

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