ACTE II, SCÉHH III
WUM1T0RIÀ.
Les imposteurs sout toujours prêts à attester tes dieux. Ce qu'une mère , une Romaine , une plébéienne , ose assurer, est-îl doDC moins digne de fol que les mensonges des infâmes qui font trafic des parjures? Mais auparavant d'entendre leurs faux serments, ah I du moins , un moment , écoutez une mère. Le peuple tout entier, à mes discours, à mes larmes, à mon désespoir, jugera si je suis vraiment la mère de Virginie.
appuis.
Je dois juger seul ; le peuple doit se taire. Ils doivent surtout garder le silence ceux qui , esclaves de l'amour, de la haine, ou de la colère, ne sont ennemis que de la raison. Toujours égarés par la partialité, ils avaient corrompu et détruit la justice dans Rome.
1CILIUS.
Est-ce un jugement, celui que l'on prononce sans entendre les parties? Eh quoi! prétendez-vous enlever a une mère ce que l'on n'a jamais refusé à un citoyen?
Et vous, parce que vous avez été tribun, prétendezvous m'enseigner à juger? Simple particulier, ainsi que vous, je m'attendrirais aux noms de fille et de mère; mais, sur le tribunal je dois être impassible , je dois être sourd à la plainte, aux menaces, et n'écouter que la raison. Je dois commencer par entendre les preuves de Marcus ; ensuite, la mère, vraie ou supposée, parlera : la loi le veut ainsi. Mais je ne le vois que trop, vous n'avez aucune confiance dans la justice des lois.
1CILIUS.
Entendrai-je donc toujours parler de lois, aujourd'hui
3SS VIHGIHIR.
que la loi n'est plus que la volonté d'un petit nombre de tyrans? Mais puisque celui qui les viole toutes ose les attester, et mol aussi j'en invoquerai le secours. Je dirai que l'on ne peut prononcer sur le sort d'une fille quand son père est absent.
LE PEUPLE
Il dit vrai. Le père doit être présent.
KA.HCU&.
Je vous l'ai déjà dit, Virginius ignore la fraude de son épouse...
1C1LIUS.
Mais la tienne m'est connue à moi! Et si tu ne te désistes de ton entreprise, Rome entière va m'entendre dévoiler tes trames criminelles.
ÀPPIU5.
Arrêtez, Icilius. Qu'espérez-vous? qui vous donne tant d'audace? Sont-ce les murmures séditieux du petit nombre d'hommes coupables qui applaudissent à vos discours? Insensé! quelle erreur est la vôtre! Je n'ai que mol, que moi seul pour appui. L'amour de vos vils partisans est impuissant, comme leur haine. J'estime le peuple, mais non les soutiens d'Icilius; leurs cris ne peuvent m'émouvoir; je redoute peu leur courroux, et je méprise les vaines clameurs d'une vile populace. ici Lies.
Vous faîtes bien. Vous devez mépriser les lâches qui obéissent. Mais le jour où vous imploriez notre faveur; le jour où vous étiez humble par orgueil, magnanime par bassesse, juste, équitable, et pieux par impiété , ce jour, dis-je, vos paroles étaient moins nltières. Désormais Appius est connu de tous ; l'imprudent s'est trop hâté de