‹ Mémoires de Vidocq (volume 4)Chapitre 79 sur 113 · LES ESCARPES OU GARÇONS DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

LES ESCARPES OU GARÇONS DE CAMPAGNE

Les braves gens. — La famille des Cornu — L'alibi prépare. — Lecul-de-jal .

Presque tous les assassins de profession prennent la qualité de marchands colporteurs, de marchands de bestiaux, de maquignons, etc. Leur costume et leurs manières sont toujours analogues à l'état qu'ils sont censés exercer; ils affectent en général de mœurs douces et un air froid et calme; rarement ils sont adonnés au vin, parce qu'ils redoutent les indiscrétions de l'ivresse; ils ont toujours des papiers fort en règle, qu'ils font viser avec la plus scrupuleuse exactitude: dans les auber ges, ils paient bien sans se montrer trop généreux; ils veulent être réputés économes, parce que l'économie fait présumer l'honnêteté; cependant en réglant leur compte, ils n'oublient ni la fille ni le garçon : il importe beaucoup à un escarpe que les domestiques disent de lui qu'il est un brave homme.

Les assassins qui simulent la profession de ma-

chands colporteurs ne sont que médiocrement chargés de marchandises. La plupart du temps ils vendent de la coutellerie, des ciseaux, des rasoirs, des rubans de fil. aéslàcets ou d'autres objets qui forment peu de volume. Les auberges situées dans les faubourgs des villes et à proximité des marchés sont celles dans lesquelles ils vont se loger de préférence; c'est là rj ;'i's choisissent leurs victimes, soit parmi les marchands véritables, soit parmi les cultivateurs qui sont venus vendre leurs denrées. Ils s'attachent à connaître les sommes dont ils sont porteurs, le moment de leur départ, la route qu'ils doivent suivre, et, une fois instruits de toutes ces circonstances, ils en donnent avis à leurs affidés qui sont toujours dans une autre maison, assez souvent située hors la ville ; alors ces derniers les devancent et vont les attendre dans l'endroit le plus propice à l'accomplissement du crime qu'ils méditent.

Les escarpes sont des malfaiteurs dont on ne se méfie pas. parce qu'or: est accoutumé à les voir rôder dans le pays, et que l'apparente régularité de leur conduite les m t à l'abri du soupçon. La famille des Cornu, dont il est parlé dans la première partie, de ces Mémoires, était une famille d'escarpes; pendant plus de vingt ans, elle jouit de l'impunité la plus complète, et elle avait commis plusieurs centaines d'assassinats avant qu'on songeât à l'accuser.

Le meilleur moyen de se garantir des atteintes de ces scélérats est de parler le moins possible de ses propres affaires, de ne jamais dire que l'on va loucher de l'argent, et d'éviter de s'expliquer sur le but comme sur le terme du voyage entrepris. Les voyageurs doivent .surtout se tenir en garde contre ces officieux de grands chemins, qui profitent de toutes les occasions d'accoster et d'entamer la conversation. Un officieux questionneur est toujours un personnage dont il faut suspecter les intentions, principalement s'il aborde le chapitre de la sûreté ues routes, ou de la nécessité d'être armé. Les fermiers, qui quelquefois ne quittent les marchés qu'à la tombée de la nui', ne sauraient trop se prémunir contre les gens qui aiment, disent-ils, à voyager de compagnie. Au surplus, toute liaison impromptu est une imprudence quand on est hors de chez soi.

Les femmes des escarpes sont aussi des créatures fort dangereuses; familiarisées avec le meurtre, elles aident volontiers à le consommer; elles dressent de bonne heure leurs enfants à exercer des surveillances, et à leur transmettre des avis dont elles ou leurs maris peuvent profiter ; elles les accoutument à la vue du sang, et pour les intéresser au succès, à chaque assassinat, elles donnent une espèce "de curée à ces petits monstres.

Personne de plus obligeant qu'un escarpe mâle ou femelle; personne de plus charitable; tous les mendiants sont ses amis, parce que les mendiants peuvent toujours fournir des indications utiles, et qu'étant par voie et par chemin, ils sont les espions naturels des grandes routes. Les escarpes femelles poussent l'hypocrisie jusqu'à se parer ostensiblement de tous les signes d'une dévotion profonde; elles portent des

chapelets, des scapulaires, des crucifix, etc.; elles assistent régulièrement aux offices, et ne se font pas faute d'approcher de la sainte table.

Les hommes portent habituellement une blouse ou un sarrau bleu, destiné à garantir leurs habits des taches de sang : un meurtre commis, ils anéantissent la blouse, l'enterrent, la brûlent ou la lavent, suivant qu'ils ont plus ou moins de temps devant eux. Un bâton, avec une sorte de fouet à la poignée, un chapeau couvert d'un taffetas gommé, sous lequel est un mouchoir rouge ou bleu enveloppant la tête, complètent la tenue de ces misérables, qui excellent à préparer les circonstances dont au besoin ils pourront se servir pour faire constater un alibi : c'est notamment dans ce but qu'ils font viser leurs passe-ports dans toutes les communes où ils passent.

Fort heureusement pour la société, les escarpes sont aujourd'hui peu nombreux, excepté dans quelques-uns de nos départements méridionaux? cependant je ne crains pas d'affirmer qu'on ne parviendra pas à extirper l'engeance des assassins tant que la France sera parcourue danstoutes les directions par des vitriers ambulants, des marchands de parapluies, des marchands de cantiques, des chaudronniers magnins, des banquistes, escamoteurs, jongleurs, saltimbanques, chanteurs en plein vent, joueurs d'orgues, condtictêtifa d'ours et de chameaux, montreurs de lanternes ma.iques, carreleurs de souliers, teneurs de jeux dans les foires, estropiés fauxou véritables, etc., etc. A propos de ces derniers, il n'est pas superflu de recommander aux voyageurs de se défier de ces hommes qui, tapis dans un fossé et feignant de ne pouvoir s'en retirer, appellent à leur secours : que l'on se rappelle l'histoire du cul-de-jatte, qui attirait ainsi les passants afin d'assa'ssiner ceux qui avaient le malheur de céder à un mouvement de compassion ; le moment où ils se baissaient pour l'aider à sortir du fossé était celui qu'il choisissait pour leur plonger un poignard dans le cœur. Il est dangereux de coucher dans les mauvais bouchons, principalement s'ils sont isolés; les hôtes peuvent être honnêtes, mais ceux qu'ils hébergent ne le sont pas toujours, et le moins qu'il puisse advenir au pauvre diable qui se risque dans de pareils taudis, c'est d'être dévalisé pendant la nuit.

CHAPfTRE LXXVI

LES RIFFAUDEURS

— Une fugue. —

L'ordre du maire. — Les chiens dans l'erreur Le zéro de la vie. — L'alpha, l'oméga et le béu. — Le pot au noir. — 1816.

De même que les escarpes ou garçons de campagne, les riffaudeurs prennent assez ordinairement h qualité de marchands forains ou de marchands colporteurs. Ce sont de^ voleurs qui chauffent ou plut U brûlent les pieds des personnes, pour les contraindre à déclarer où est leur argent. Lorsqu'ils ont jeté leur dévolu sur une maison, ils s'y introduisent sous le

pré!, vie d'offrir leurs marchandises, ot i ' qu'après avpir exarqiné les localités, , ,

les issues. Lorsqu'une maison est de ditli i|e acr^s, un des aflidés. déguisé en ni«M.(f ian t , (Iciii.i ixlc à y être couché par charité, et si on lui accorde l'Iiospitalité, il se lève pendant la nuit pour ouvrir à ses complices. Souvent la maison est gardée par un chien : dans ce cas le prétendu mendiant le réduit au silence, en le charmant par l'odeur qu'exhale une éponge imprégnée de la liqueur que répand une chienne en folie, ou par le fumet d'un morceau de foie de cheval cuit dans le pot-au-feu. Ce sont là des séductions auxquelles ne résiste pas le plus hargneux des dogues. Maître de l'animal, qui alors le suivra partout, le mendiant s'éloigne avec lui, et laisse ainsi le champ libre aux brigands. Quelquefois aussi les chauffeurs recourent au poison qu'ils jettent dans les cours à la tombée de la nuit ; le poison est toujours assez prompt po îr que le chien soit mort au moment où ils tenteront l'escalade. Il est sans doute louable de donner asile aux pauvres diables, aux piétons égarés, enfin à tous ceux qui ne savent où reposer leur tête; mais en se conformant à ce que prescrit l'humanité, il n'est pas défendu de se mettre à l'abri des atteintes du brigandage. Les fermiers et autres habitants des campagnes, qui ne veulent point renoncer à ces charitables habitudes, feront donc sagement de tenir à la disposition des voyageurs inconnus, une pièce dont les croisées soient grillées et fermées par de gros barreaux de fer, et les portes garnies d'une serrure fixée de façon qu'on ne puisse pas la démonter; de la sorte, ils tiendront les inconnus sous clef jusqu'au jour, et n'auront rien à redouter de leurs mauvaises. intentions.

Souvent les chauffeurs assassinent afin qu'il ne reste pas de témoins de leur scélératesse...; d'autres fois pour ne pas être reconnus, ils cachent leur figure sous un masque, ou bien encore ils se noircissent avec une composition qu'ils font ensuite disparaître en se frottant avec une espèce de pommade; il en est aussi qui s'enveloppent la tête dans un crêpe noir. Ceux qui sont dans l'habitude de se noircir, portent ordinairement sur eux une petite boîte à double fond, dans laquelle sont contenus et le noir et ce qui sert à l'enlever. Lorsqu'ils vont en expédition, ils ont encore soin de se munir de cordelettes longues de quatre à cinq pieds, dont ils font usage pour attacher les victimes. Ces brigands -ne marchent jamais qu'isolément; s'ils se sont donné un rendez-vous, afin de ne pas être remarqués, ils y viennent par des chemins différents, en prenant le plus possible les routes les moins fréquentées; ils ne quittent leur domicile que de nuit et ont bien soin de se faire remarquer de tous leurs voisins, peu d'instants avant le départ; au retour, ils emploient la même tactique, à l'effet de persuader qu'ils ne se sont pas absentés, et d'être à même, au besoin, de prouver un alibi.

Les riffaudeurs n'aiment pas à se charger d'effets; à moins que ce ne soient des diamants ou autres objets précieux formant peu de volume; hors ces cas qui ne se présentent que rarement à la campagne, c'est de l'argent monnayé qu'il leur faut.

Le fameux Salambier projet '< le

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sur m s j-unlrs : à une époque où dapg 1<- pays il u'< bruit que des in< ursion.s des c hahll<'. i . il aurail été dillicile qu'il en fût autrement. La ferme renl'em, iil un personnel considérable, et deux chiens énormes en défendaient l'approche. Salambier avait déjà poussé des reconnaissances, afin de se rendre compte des chances que présentait l'entreprise; mai, plus il y avait réfléchi, plps les obstacles lui avaient paru intirmoiitables ; cependant il ne doutait pas que le fermier ne fût possesseur d'une forte somme, et il ne cessait de la convoiter. Comment parvenir à s'en emparer? c'était là le problème auquel s appliquait toute sa sagacité. Enfin il imagina le moyen que voici : s'étant fait délivrer par quelques habitants dont il ('-tait connu un certificat de bonne-vie et mœurs, il le fait légaliser par le maire de Poperingue : muni de cette pièce, avec de l'acide muriatique il la lave de manière à ne conserver que la signature du maire et le sceau de la commune, et sur la feuille blanchie, il fait écrire par l'un des hommes de sa bande, le nommé Louis Lemaire, un ordre ainsi conçu :

« Monsieur le commandant, je suis informé que, la nuit prochaine, des chauffeurs, au nombre de dix à douze, doivent faire une tentative sur la ferme d'Oermaille; vous voudrez donc bien faire déguiser dix de vos soldats, et sous la conduite d'un sousofficier, les envoyer dans cette ferme, pour qu'au besoin ils puissent prêter main-forte au fermier et arrêter les brigands qui se présenteraient pour le mettre à contribution. L'adjoint de lacommune de Lebel, à qui cet ordre devra être communiqué, pourra servir de guide au détachement, et l'installer au domicile du fermier dont il est connu. »

Salambier, ayant fabriqué ce faux ordre, part aussitôt, et à la tête de dix de ses complices, il se présente audacieusement chez le fonctionnaire qui, à son insu, doit favoriser ses projets criminels : celui-ci, reconnaissant la signature, s'empresse de le conduire à la ferme; des auxiliaires qui arrivent si à propos ne peuvent manquer d'être bien venus : Salambier et les siens sont reçus à bras ouverts ; on fête comme des libérateurs les brigands et leur chef, qui est censé être un sergent. — Ah çà ( mes amis, dit Salambier, combien êtes-yous de monde ici?

— Quinze personnes, répond ie fermier, en comptant quatre femmes et un enfant.

— Quatre femmes et un enfant I bouches inutiles, n'en parlons pas ; dans le danger cela n'est boa qu'à embarrasser. Vous avez des armes?

— Nous avons deux fusils.

— Vous allez les apporter, afin que nous les ayons sous la main; d'ailleurs je veux m'assurer s'ils peuvent faire le ser\ ice.

On donne les fusils à Salambier, qui - • t en d voir d'en démonter la batterie. « A tu I L-jJ,

que je suis instruit de l'état de la plai reposer sur moi du soin delà défendre ; qpand le n ment viendra, j'assignerai à chacun son poste; en

attendant, ce que les habitants ont de mieux à faire, c'est de dormir en paix, la garnison veillera pour

eux- " , • /. • j-

A minuit, Salambier n avait encore fait aucune disposition. Tout à coup il feint d'avoir entendu quelque bruit. « Allons, debout, commande-t-il à ses compagnons; il n'y a pas un instant à perdre; je vais vous placer de manière à ne pas en laisser échapper un seul. »

A la voix du chef, toute la troupe est sur pied le fermier, la lanterne à la main, offre d'éclairer la marche. « Ne vous dérangez pas, lui dit^ Salambier en lui posant deux pistolets sur la poitrine, c'est nous qui sommes les chauffeurs, si vous avez le malheur de faire un mouvement vous êtes mort. » Les chauffeurs étaient armés jusqu'aux dents : en vain les gens de la ferme eussent-ils tenté de faire résistance, ils se laissèrent attacher les mains sur le dos; cette opération terminée, on les enferma dans la cave.

Garrotté comme les autres, le fermier était resté près de la cheminée ; on le

somma de déclarer où était son argent.

— Il y a beaux jours, répondit-il, que je n'ai plus un sou ici; depuis que les chaufeurs rôdent dans les environs, il n'y a pas de presse à garder des sommes importantes chez soi.

— Ahl tu cherches des défaites, reprit Salambier;c'est bon, nous allons savoir la vérité. Aussitôt deux brigands se saisissent du fermier, on lui ôte sa chaussure, et quand ses pieds sont à nu, on les oint avec de la graisse. — Messieurs les chauffeurs, je vous en supplie, s'écriait le malheureux, ayez pitié de moi ; puisque je vous promets qu'il n'y a pas une couronne dans la maison, cherchez plutôt partout; voulez-vous mes clefs ? demandez-moi tout ce que vous voudrez ; parlez, tout est à votre service ; je vais vous faire un billet, si vous l'exigez.

— Non pas, dit Salambier; il nous prend, je crois, pour des négociants ; un billet!., oh ! nous ne faisons pas de ces affaires-là, c'est du comptant qu'il nous faut.

— Mais, messieurs....

— Ah! tu es entêté, tu peux te taire maintenant; avant cinq minutes tu seras trop content de nous apprendre ton secret.

Un grand feu étak allumé à l'âtre.)— Camarades, commanda le scélérat, chauffez le citoyen.

Mais, tandis qu'on le livre à la plus horrible des tortures, les cris perçants d'un homme qui se débat contre des chiens furieux, attirent tout à coup l'attention des brigands: l'individu sur lequel les animaux assouvissent leur rage, est un des garçons de ferme qui, ayant brisé ses liens, s'est sauvé par un soupirail, afin d'aller chercher du secours. Par une fatalité inconcevable, les chiens ne l'ont pa? reconnu. Surpris de cet événement dont il ne peut s'expliquer ; ! la cause, Salambier ordonne à l'un de ses compagnons de voir ce qui se passe au dehors ; mais, à peine le chauffeur parait-il dans la cour, que l'un des chiens s'éla.ice sur lui. Pour ne pas en être dévoré, il est obligé de rentrer en toute hâte. Sauvonsnous, sauvons-nous! A ce cri, qu'il profère avec un accent de terreur, saisis d'épouvante, tous les membres de la bande se précipitent par une croisée qui donne

sur la campagne Ils fuient Au même instant, le

fermier, accom agné du garçon dont les chiens ont enfin reconnu la voix, descend à la cave, où il délivre tout son monde. Ilnemanqua pas de se mettre à la poursuite des chaufeurs; mais, quelque diligence qu'il fil, il lui fut impossible de les atteindre. En me racontant cette aventure, Salambier m'avouaitqu'aufond de l'âme, il n'avait pas été fâché de la circonstance qui 1 avait contraint à la retraite: — Car, me disait-il, dans la crainte d'être reconnu, j'aurais été

Désordre d'une chambre à coucher.

obligé de faire tout périr.

La bande de Salambier était l'une des plus nombreuses ; elle avait des ramifications immenses. Il fallut plusieurs années pour parvenir à la détruire. En 1804, on exécuta à Anvers plusieurs individus qui en avaient fait partie ; l'un d'eux, dont on n'a jamais pu savoir le véritable nom, paraissait avoir reçu une éducation brillante : monté sur l'échafaud, il éleva son regard jusqu'au fatal couteau, puis le descendant à hauteur de cette lunette qu'un autre condamné appelait le zéro de la vi« : — J'ai vu Yalpha, dit-il, à présent je vois Y oméga ; et se tournant vefs le bourreau : Voici le béia, faites votre devoir. Quelque helléniste que l'on soit, pour faire de pareilles allusions à la forme, in articulo mortis, ne faut-il pas être possédé du démon de la plaisanterie et des jeux de mots?

Tous les complices de Salambier ne sont pas morts ; j'en ai rencontré plusieurs dans mes fréquentes

pérégrinations, depuis, je ne les ai jamais perdu de vue, mais j'ai inutilement cherché l'occasion de mettre un terme à la trop longue impunité dont ils jouissaient et jouissent encore. L'un de ces brigands, qui s'était fait chanteur, a longtemps été en possession d'étourdir les bons habitants de la capitale, par les paroles de la marche des Tartares, qu'il hurlait sous un costume turc. Ce personnage qui, la pièce de deux sous aidant, excellait à lancer un pont-neuf au septième étage, est un des plus célèbres sur le pavé de Paris, où on ne le désigne que par son surnom. II méritait certainement d'être un particulier

très-connu; on l'accusait d'avoir pris part aux massacres Me septembre, en 1793: et en novembre 1828, il a été vu à la tête d'un pulk de briseurs de vitres, dans la rue Saint Denis.

Depuis 1816, les chauffeurs paraissent s'être condamnés à l'inaction. Leurs derniers exploits eurent lieu dans le midi de la France, principalement aux environs de Nismes, Marseilleet Montpellier, pendant la dictature de M. Trestaillon. Alors on chauffait les protestants et les bonapartistes qui avaient de l'argent, et, digne représentante des verdets, la chambre des introuvables trouvait que c'était pain bénit.

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