I. — La paix générale
Lorsqu'au mois d'août 1813, les Souverains se réunirent pour conclure la quadruple alliance, cette grande œuvre de paix qu'il jfallait accomplir par la voie des armes, la question allemande formait, eu égard à la marche de l'alliance et à la durée de son triomphe, un problème naturel et dont la solution était de la plus haute importance.
Le Saint-Empire romain, cet Empire dix fois séculaire, s'était dissous en 1806. Une partie des princes, formant une confédération, s'était placée sous le protectorat de l'Empereur français-, elle combattit les souverains alliés sur les champs de bataille.
Les Monarques alliés pouvaient prendre en considération les trois éventualités suivantes :
' L'Archiduc Jean prit le poste d'Administrateur de l'Empire d'Allemagne le 12 juillet. Dès que ce fait fut parvenu à la connaissance du chancelier
a. Traiterait-on en ennemis les princes allemands qui faisaient partie de la Gonfédëration du RLin, et regarderait-on leurs États comme des pays à conquérir?
b. Grëerait'On ou rétablirait-on un Empire germanique?
c. Réunirait-on tous les pays allemands en une confédéra-tion d'États?
La première de ces solutions était désirée par la Prusse.
L'Empereur François n'en voulait pas, et, pour la prévenir, son Cabinet engagea avec la Bavière des négociations dont Tissue devait empêcher la réalisation du plan prussien au moment où les Monarques étaient en pourparlers pour conclure définitivement la quadruple alliance.
L'Empereur ne voulut pas donner suite à la proposition qui lui était fiaite par des voix très-autorisées, ceUe de reprendre la couronne d'Empereur d'Allemagne quMl avait déposée. Ce que l'Empereur demandait à l'alliance, c'était d'assurer la paix politique après vingt-deux années de guerre et de bouleversements de tout genre. Vouloir reconstruire le vieil édifice désagrégé lui semblait une entreprise peu pratique ; quant & en construire un nouveau, semblable pour la forme et l'extérieur à celui qui avait disparu, il disait que c'était une chimère dangereuse.
Les Monarques s'entendirent donc pour former un grand corps politique, placé au centre du continent européen, qu'on ne pouvait concevoir que comme une force politique et conservatrice, ayant la forme* d'une confédération composée des princes souverains d'Allemagne et des quatre villes libres auxquelles on devait rendre l'existence politique. Le principe fut arrêté à Teplitz; quant au développement de l'idée, il fut remis jusqu'au Congrès qui devait se réunir à Vienne, à la suite des succès remportés par l'alliance.
Le 9 juin 1815 fut signé à Vienne le traité constituant la Confédération.
d*Éut, celui-ci eiamîna également les afCdres d'Allemagne dans le mémoire détaillé adressé à TÂdministrateur de l'Empire germanique, que nous publions dans le chapitre ci-dessus : « La Question aUemande, ■
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