A LA GRÈCE
907. Mettemich à Esterliazy, ù Londres (E. D.), Vienne, le 12 décembre 1828.
007. . . .Dans la déclaration*' que les trois Cours se proposent d'adresser au Divan, le mot de provisoire se lie à la vérité à la garantie, et dans cette acception, il ne se présente
* Se basant sur le protocole de la conférence de Londres du 16 novembre, les trois Cours firent remettre à la Porte, par Tintermédiaire de Tenvoyé néerlandais, M. de Zuyien, qui se trouvait à Gonstantinople, une déclaration qui portait ce qui suit : « Jusqu'au moment où les trois puissances, d'accord avec la Porte, seraient arrivées à un arrangement final, l'Angleterre, la France et la Russie prendront jusqu'à nouvel ordre sous leur protection (garantie provisoire) la Morée ainsi que les fies qui en dépendent et les Cyclades, et elles ne toléreront aucune attaque contre ces pays ; d'autre part, les mêmes puissances espèrent que la Porte voudra enfin s'entendre avec elles et traiter à l'amiable la question de la pacification de la Grèce. ■ Gette déclaration fat aussi portée à la connaissance du Gabinet autrichien, avec prière d'appuyer la reprise des relations diplomatiques entre l'Angleterre et la France, d'une part, et la Porte, de l'autre, ce qui eut lieu en effet. (Jfote de l'Éditeur,)
533 RECUEIL DE DOCUMENTS (l823-1839).
pas à notre esprit comme un obstacle insurmontable ; mais si le Divan croyait pouvoir l'appliquer à la délimitation, il acquerrait infailliblement à ses yeux la valeur d'un impedimentum in re. Nous avons déjà, et trop souvent, traité cette question de la délimitation, pour que je ne me dispense pas d'y revenir encore une fois. Si je la touche, ce n'est que pour faire sentir l'extrême difficulté que j'entrevois d'obtenir de la Porte son consentement à une proposition qui me parait incompatible avec ses principes connus. Le Sultan poun^a circonscrire son action sur la Morée et sur les Cyclades; il pourrait même renoncer à leur possession ; je dis plus : il pourrait, par suite d'une guerre malheureuse, être forcé à renoncer à la possession de pays beaucoup plus étendus, mais il ne pourra jamais, ni aujourd'hui ni en aucun temps, se décider à admettre eu principe une délimitation provisoire
Il me reste, mon prince, à vous définir notre position relativement à cette démarche
La démarche que M. l'ambassadeur des Pays-Bas va faire à Gonstantinople nous fait pressentir trois résultats, savoir :
!• Que la Porte ne répondra pas d'une manière satisfaisante ù la déclaration trilatérale ;
2* Que la démarche arrêtée dans la conférence à Londres causera à Pétersbourg de l'irritation, ne fût-ce que cette irritation qui, en Russie plus encore qu'en aucun autre lieu, se lie au sentiment de l'impossibilité d'empêcher ce qui n'y pi ait pas ;
3* Que l'organe lui-même par lequel la démarche sera faite à Gonstantinople, ajoute à la difficulté qui pourrait, aux yeux de la Porte, se trouver dans le fond de la question.
Ces considérations, mon prince, devaient nécessairement influer sur le parti que nous avions à prendre. Mais il en est d'autres encore que nous ne saurions nous dissimuler, et qui, réunies aux précédentes, ont dû nous décider à adopter la marche qui ressort de ma direction à l'Internonce.
Ces considérations sont puisées dans notre parfaite connaissance des hommes et des choses.
L'Internonce, s'il devait être invité par M. de Zuylen à se