LE COMMERCE MARITIME DE L AUTRICHE DANS LE LEVANT
780. MettermchàLebzelceni,àSaint-Péter8bout^(D.% Isclil,le 13aoûtl8t$.
780. L'un des derniers rapports de Votre Excellence touche un objet sur lequel il règne une erreur tellement évidente, qu'il me paraîtrait impossible de ne pas la relever.
M. le comte de Nesselrode paratt supposer que notre commerce maritime du Levant, loin de souflrir par l'insurrection, gagnerait au contraire à l'état de confusion qui règne en Morée et dans l'Archipel. Le feit est absolument faux et démenti par les embarras extrêmes auxquels notre commerce, et par suite notre Gouvernement, sont en proie journellement.
Il suffirait peut-être de se tenir à une règle générale pour constater la vérité. 11 est de fait, — et l'expérience l'a constan^ment prouvé, — que tout commerce régulier doit souf&îr par le désordre. Or, plus notre commerce maritime avec le LfCvant est un commerce régulier, plus il doit son extension à la confiance que les négociants ont dans la sévérité de nos lois commerciales et dans la loyauté de nos fréteurs, plus l'état de choses actuel doit influer en mal sur notre intérêt commercial et sur la prospérité de l'Empire. Tel est en effet le cas.
Malgré l'entretien de stations maritimes fort coûteuses, et dont la charge retombe en entier sûr l'État, malgré la néces^
3tS RECUEIL DE DOCUMENTS (1833M839).
$it«S absolue dans laquelle nous nous trouvons de les augmenter encore, pour ne point laisser perdre en entier notre commerce, celui-ci a éprouTé déjà une diminution notable, et que ne constatent que trop les tableaux. Cette diminution tient à deux causes.
L'une est Tinsurrection ; état de choses qui favorise tous les genres de désordres et qui, entre autres inconvénients, fournit à des populations grecques entières Toccasion de se transformer en autant de forbans.
L'autre se trouve dans la concurrence que soutiennent maintenant des pavillons étrangers jusqu'à cette heure dans la mer Noire, avec ceux qui jusqu'ici y ont seuls possédé le droit d'admission.
La première de ces causes est intolérable à la longue, et plus elle est difficile à faire disparaître, plus l'Empereur notre auguste Matire désire ardemment la voir cesser bientôt.
La seconde cause est d'une bien autre nature. Elle réveille chez Sa Majesté Impériale le sentiment de justice inné en elle, et l'engage à faire l'application de cette politique aussi saine que vigoureuse qui lui est propre, et qui ne lui permet jamais d^hésiter quand il s*agit d'employer un moyen utile à un but désirable.
L'Empereur a trouvé juste que les exportations de la Russie méridionale ne fussent point arrêtées par suite de l'insurrection des Grecs et du trouble dans la navigation qui a dû se présenter à ses calculs comme une conséquence nécessaire et qui devrait immanquablement se prolonger. Il n'est sorte de représentations que les départements de l'intérieur niaient faites contre l'appui que nous avons prêté à l'admission du pavillon sarde, et que nous prêtons et prêterons de même à ceux des autres puissances commerçantes. Ces représentations, naturelles de la part de ces départements, se trouvent justifiées par l'expérience. Si les rapports du mouvement du seul port de Gênes, fort important de sa nature, sont consultés à Saint-Pétersbourg, il sera facile de s'y convaincre que Tapparition du pavillon autrichien y a diminué de plus des deux tiers dans le courant de l'année 1825. Il nattra du fait de l'admis-