‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 50 sur 123 · SUR LAVÉNEMENT DE L'EMPEREUR NICOLAS · texte numérisé non relu

SUR LAVÉNEMENT DE L'EMPEREUR NICOLAS

inconvénients les plus faciles à ënumérer, s'écarter de la ligne de conduite qu'il a suivie. Le manifeste développe les raisons de cette conduite de la manière la plus satisfaisante, et Sa Majesté Impériale, en se plaçant et en se maintenant droit et ferme sur la pragmatique si heureusement établie par l'Empereur Paul, a rendu un service éminent à son pays et à l'Europe entière. Le premier des besoins en tout pays étant la détermination claire et précise de la ligne de la succession au trône, il serait impossible de méconnaître que Sa Majesté Impériale vient d'en assurer de nouveau le bien&it à la Russie. Il est heureux de voir un Monarque puissant débuter avec autant de calme et de rectitude de principes dans la carrière pénible que lui a assignée la Providence.

Le même jugement s'applique à la manière dont l'Empereur s'est conduit à l'occasion de la déplorable échauffourée qui a signalé la journée du 26 décembre. Un événement et une conduite de cette nature équivalent à plusieurs années de règne.

Rien, d'un autre côté, n'aurait pu satisfaire davantage l'Empereur notre auguste Maître que les termes de la première Note circulaire que M. le comte de Nesscirode a adressée le même 26 décembre au corps diplomatique accrédité à Saint- Pétersbourg. C'est en manifestant aussi explicitement la détermination du nouvel Empereur de se maintenir sur la ligne de principes établie par son grand et auguste prédécesseur, sur cette ligne à laquelle dix années de paix, — et il est permis de le dire, d'existence pour les trônes et de repos pour les peuples de l'Europe, — servent et de démonstration et d'éloge.

Vous voudrez bien. Monsieur le comte, adresser à M. le comte de Nesseirode une Note par laquelle vous répondrez à celle du 26 décembre dans les termes que nous venons d'énoncer. Ce sont ceux que dicte à l'Empereur sa conscience.

Votre Excellence recevra ci-joint ses nouvelles lettres de créance en original et en copie.

Mgr l'Archiduc Ferdinand se mettra en route le 11 de ce mois.

MettemichÀ Lebzellem, à Saint-Pétersbourg (E. D. rés.)« Vienne, le 10 janvier 1826.

831. L'ëloge que renferme la dépêche précédente (n** 830) du premier manifeste du règne de l'Empereur Nicolas n^a rîeo d^exagéré

Plus Tacte du nouveau Monarque est correct, plus il jette d'un autre côté unblàme mofal sur les diverses pièces échangées entre l'Empereur Alexandre et le grand-duc Constantin. Quiconque n'a pas connu la marche de l'esprit du premier, doit avoir de la peine à concevoir l'existence d'un acte tel que l'est celui du 28 août 1823*. L'événement n'a, au reste, pas manqué de constater qu'on ne saurait traiter avec légèreté ou avec indifférence les actes qui exigent le plus de méditation et qai réclament la rédaction la plus sévère, — savoir, ceux destinés à servir de base à la Monarchie, — sans mettre en péril le repos des Empires. Si la Russie ne paye un mois d'interrègne que par la perte de quelques centaines d'hommes, elle aura subi à bon marché une forte épreuve.

Vous devez comprendre. Monsieur le comte, que, dans le cas présent, les spectateurs placés hors de la mêlée doivent éprouver des sentiments et se livrer à des impressions fort différentes de ceux des hommes qui occupent l'arène même dans laquelle se vide le conflit. Aussi sommes-nous juges du mouvement extraordinaire que les errements du mois de décembre ont imprimé aux esprits hors des frontières de la Russie. L'afBeiire n'est pas petite, et quelque espoir que j'aie quelle ne fournira plus guère de matière aux espérances coupables, aux jugements hardis, osés et erronés, à des craintes même fort naturelles, il n'en retombe pas moins de justes

* Il t^agît du manifeste de l'Empereur Alexandre en fereor du gmid*d«c Nicolas, manifeste rédigé ^ la suite de la renonciation yolontaire dn fraadduc Constantin à la succession au trône. On en avait fait quatre exemplaires qu'on avait cachetés, qui ne devaient être ouverts qu'après la mort d* Alexandre, et qui avaient été déposés entre les mains de différentes personnes de Eance. {NoUt ée VÉéiUmr.)

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