‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 58 sur 123 · SUR LES AFFAIRES LES PLUS IMPORTANTES (I826X · texte numérisé non relu

SUR LES AFFAIRES LES PLUS IMPORTANTES (I826X

recevoir de M. de TatîstschefF et de sir Henry Wellesley deux lettres, en date du 1*' septembre, par lesquelles ils me préviennent qu^ils sont chargés de la même commission, mais qu'ils croient bien feire en attendant mon retour dans la capitale pour s'en acquitter. Ma réplique à la communication sera en tout point conforme à celle du Cabinet firançais.

Le Portugal s'approche tous les jours davantage d'une révolution ouverte. Ce n'est en effet pas une constitution, mais an système d'anarchie que l'Empereur Dom Pedro a implanté dans ce pays, et le terrain commun pour les Cours me semble devoir se trouver dans les points suivants :

1* UniiFormité du jugement entre elles sur la nature des choses ;

2"* Soins pour tenir la révolution renfermée dans ses propres foyers ;

3** Conseils de sagesse à donner à VEspagne.

Je me permets d'ajouter à ce tableau ce qu'exige la situation particulière de l'Empereur notre auguste Maître, vu ses rela- • tions naturelles avec l'Empereur du Brésil et la présence de l'Infant Dom Miguel à Vienne, et je ne crois pas devoir aller chercher hors de ce cercle les moyens les mieux appropriés • aux besoins.

Vous avez trouvé. Monsieur le comte, que les premières réponses que vous a données M. le comte de Nesseirode à nos . communications du 4 juillet dernier* étaient gênées et faibles. Mon jugement ne diffère pas du vôtre, mais je n'hésite pas à faire ici une part et au manque d'informations plus complètes dont le Cabinet russe se trouvait encore privé, et à certains égards particuliers envers la Cour de Londres, vers lesquels

* La dépèclie de Mettcrnicli, datée du 4 juillet, se rapportait aux décrets que Dora Pedro avait publiés à l'occasion de sa renonciation conditionnelle au trône de Portugal, relativement k la succession au trône de Maria da Gloria, à la régence d*lsabelle, à l'union de la première avec Dom Miguel et k Toctroi d'une constitution au peuple portugais. Différents scrupules et différents doutes que faisaient naître forcément la question de la Charte et celle dû la Talidité du changement de lois fondamentales furent communiqués par le chancelier d'Éut non-seulement à l'ambassadeur d'Autriche à Saint<-^Pétersl>ourg, mais encore exposés, dans des dépêches identiques, aux représentants

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nous avons tu constamment pencher ce Cabinet, et cela, même dans des temps où il s'appliquait à nous fiaire le reproche bien mat fondé de ménager l^AngleterrCi la seule puissance avec laquelle la Russie ne reut jamais se compi^omettre.

Depuis Texpédition de votre courrier de la fin de juillet, les afEaires ont marché, et M. Canning lui-même nous a fourni plus d'une preuve des embarras de sa situation.

Celle-ci est facile à définir. Il se dédit de toute participation à la confection de la Charte portugaise, tout en se prononçant pour son soutien. Mais ce qui est facile à définir présente souvent de bien autres difficultés dans son développement, et tel est le cas des afBaires en Portugal. Rien ne porte un caractère plus problématique que l'application de la déplorable œuvre de Dom Pedro. Il serait difficile de décider de la nature du régime par lequel le Portugal se trouve gouverné aujourd'hui, car chaque jour présente de singulières anomalies. M. Canning nous a fait témoigner le désir de s'entendre avec nous sur la conduite h observer par nos deux Cours dans les affaires du Portugal ; j'ai cru devoir lui adresser avant tout quelques questions qui me semblent fondamentales, et sur lesquelles le ministre britannique aura quelque peine à jeter le jour nécessaire.

Il nous est prouvé qu'il règne une heureuse identité de jugement entre nous et le Cabinet français, et elle semble partagée par M. le général Pozzo. Je ne doute pas que FEmpereur de Russie, bien informé, ne finisse par abonder dans notre sens ; mais plus je nourris ce sentiment, moins je regarderai comme utile pour nous de déployer une grande activité. Il faut laisser la Russie à elle-même dans ce moment, et cette règle doit surtout être la nôtre. Moins nous mettrons d'em-

de r Autriche à Paris et à Berlin, dans le but de les faire connaître aux Cours de France et de Prusse. Quant k Londres, Metternicli se borna (le 2 septembre) ^ faire poser par Esterbazy à Canning la question suivante : Qui est aujourd'hui Souverain du Portugal, où tous les actes de la Régente sont publiés au nom de Dom Pedro, Roi de Portugal? La Charte a-t*elle été acceptée par ceux que l'acte d'installation lui-même appelle ^ cette mission? La r^ence d*Isabelle n'est-elle pas en contradiction avec la loi fondamentale?

{Noie de tÉditevr,)

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