‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 57 sur 123 · IV. SI · texte numérisé non relu

IV. SI

322 AECfJElL DE DOCUMENTS (1823-1829).

M. de TatistschefF, dont la marche personnelle continue à mériter nos suffrages, a passé ici une quinzaine de jours. II est retourné depuis à Vienne, où je compte arriver vers le 20 du présent mois.

Le résultat des négociations à Ackerman vous sera connu aussitôt et probablement plus t6t qu^à nous. Ce n'est pas dans un moment où les dés sont jetés qu'il vaut la peine de faire des calculs sur les points qu'ils amèneront. Les qucbtions me semblent placées depuis longtemps sur une base fort simple. La Russie comme la Porte ont un intérêt qui leur est commun, et il se trouve dans la conservation de la paix; dans toute situation de choses pareille, la raison veut que les parties en contestation s'entendent à l'amiable; si elles ne le font pas, elles ont tort; les torts volontaires, comme les folies, déroulent la piévoyance des observateurs.

Si l'affaire directe entre la Russie et la Porte s'arrange, la médiation anglaise aura bien de la peine h se (aire jour.

D'après nos nouvelles les plus récentes de l'Orient, ni M. Stratford-Ganning ni les nombreux agents anglais employés dans l'affaire ne sont parvenus à se faire écouter jusqu^à ce jour, même par les Grecs. Désunis entre eux, bien plus animés les uns contre les autres que disposés à concourir à un but commun, les chefs divers de l'insurrection se rencontrent sur un seul point, et ce point est tout juste celui auquel ni TAngleterre ni la Russie ne visent : l'indépendance politique ! Le peuple, d'un autre côté, ne soupire qu'après la fin de ses maux, et il est sans aucun doute fort près de se soumettre, si la chance devait se présenter de capituler avec les Turcs.

Une lutte morale fort vive, qui dans le Levant comme sur plusieurs autres points encore continue à se feire sentir, c'est l'intense jalousie et la rivalité entre l'Angleterre et la France. Les deux parties épuisent leurs peines à se contrecarrer et à se déjouer, et ce ne sont certes pas les Grecs qui pourraient gagner à cette singulière lutte,

MM. les ambassadeurs de Russie et d'Angleterre à Paris ont reçu Tordre de faire conjointement la communication du protocole du A avril au Gouvernement français. Je viens de

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