ATTITUDE A PRENDBE DANS L'AFFAIRE GRECQUE
Mettemîch à Apponyi ( Lettre confid.), Yieiine, le 8 novembre 1826.
836. ... L'afiaire grecque touclie à sa décision. Celle-ci présente, selon le texte même de la dépêche russe, deux chances : Tune est que M. Ganning accepte les amendements que la Russie a faits aux premières propositions de F Angleterre; l'autre est que M. Ganning les rejette.
Dans le premier de ces cas, il est hors de doute que nous aurons très-incessamment une nouvelle communication russoanglaise aux trois autres Cours.
Dans le second cas, il y aura encore des pourparlers entre Londres et Pétersbourg, et, selon toute apparence, abandon du protocole du 4 avril.
Ce n'est que la première de ces chances qui a droit à nous occuper dans ce moment, et c'est sur elle que porte ma lettre ostensible (n* 835).
Si la nouvelle communication russo -anglaise devait avoir lieu, je désire que le Cabinet français ne réponde pas avant de s'être concerté avec nous et avec la Prusse, ou bien qu'en répondant il ne préjuge pas son attitude, les principes et l'avenir.
Le mot de M. Canning par lequel il me semble ne point fiaiire de difficultés d'admettre la quintuple alliance, est remarquable par deux raisons :
D'abord, parce que le fait est présenté par l'Empereur Nicolas comme une clause catégorique de son propre accord avec l'Angleterre; puis, parce que l'esprit retors et peu sujet à scrupules de M. Canning peut l'engager à accéder en toutes lettres au vœu de l'Empereur de Russie, sauf à se ménager les interprétations et les applications de ce qu'il ne regarderait que comme une concession faite à un simple mot.
On n'a en effet qu'à s'arrêter au texte de sa lettre à M* Temple pour se convaincre que si M. Canning foudroie l'alliance telle qu'il se plait à la définir, il la rétablit avec une égale facilité sur des bases qui conviennent à ses fins.
Or, si le Cabinet français se laisse allécher par une phcase
3U RECUEIL DE DOCrMBNTS (18S3-18S9).
sans s^attacher à la nature et à la valeur des pensées que le principal secrétaire d'État attache à ce mot, il pourra en naître le plus grand mal. Je regarderai comme tel le fait certain que la France se trouverait dès lors placée sur une autre ligne que celle sur laquelle nous nous maintiendrons dans la poursuite de Tafiaire grecque. Jamais nous ne violerons un principe et jamais également nous ne refuserons d'accéder à une pacification conforme aux principes. Une violation manifeste de principes, c'est la proposition adressée au Sultan de renoncer à sa souveraineté et de la modifier en une suzerainelé.
Le jeu de M. Ganning devra être celui de jeter de la poudre aux yeux de l'Empereur de Russie.
Ce Prince s'en doutera-t-il?
Il est possible que non ; il est probable cependant qu'il s'en apercevra bientôt, et la question sera si son réveil aura lien encore à temps, ou si son erreur durera au delà du temps utile.
Si les Cours continentales donnent à leur tour dans le panneau, dès lors la cause sera perdue
Je vous recommande l'objet de mes deux lettres. II ne me reste qu'à vous prier de mettre beaucoup de précaution dans vos démarches, afin d'éviter que l'on ne nous accuse de vouloir ameuter le monde contre une réunion de pensées et tf action si désirable.
L*BMPEREUa NICOLAS ET METTERMIGU.
83T. Mettemich au prince de Hesse-Hombourg, à Saint-Pétersboiug ( Lettre conSdentielle), Vienne, le 13 novembre i8î6.
857. De toutes les données que nous avons pu réunir jusqu'ici sur la situation , telle qu'elle est à la Cour de Russie, il me semble qu'il ressort clairement :
V Que l'Empereur Nicolas est plein de caractère, clairvoyant; que ses principes sont irréprochables, etque,persoii-