‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 73 sur 123 · MORT DE CANNING · texte numérisé non relu

MORT DE CANNING

864. Metternich à Esterhazy (E. D.), Kœnigswart, le 19 août 18t7. — 865. Metternich à Esterhazy (E.D. rés.), Kœnigswart, le 19 août 1827.

864. J'expédie un courrier à Paris, et je lui iais continuer sa route jusqu'à Londres, bien qu'il me soit impossible de le charger de rien qui puisse avoir la valeur d'instructions pour Votre Altesse dans le moment de cette crise extrême où se trouve placée l'Angleterre par suite du décès de M. Ganning. Je ne me permettrai même pas, mon prince, d'entrer vis-à-vis de vous dans Texamen des suites de cet événement inattendu ; c'est de votre part que je dois attendre des lumières

sur les conséquences probables qu'un chang;ement aussi subit devra avoir pour rAngleterre, et par suite pour la politique {][énérale.

Ce n'est pas à vous, mon prince, que je crois nécessaire de retracer ici Topinion que nous nous sommes formée , dès le principe, du mérite de Tbomme que la Providence avait lancé sur r Angleterre et sur l'Europe comme un météore malÉEiisant. "Vous m'avez vu, en mon particulier, devancer le jugement que déjà les contemporains ont porté sur lui; la tâche que rhistoire impartiale aura à remplir relativement à la vie publique de ce même homme sera fecile. Il a tout ébranlé et beaucoup détruit, mais il n'a rien bâti; apanage triste, mais ordinaire, des hommes de cette trempe. L'Angleterre est délivrée d'un grand fléau ; le monde recherchera-t-il les compensations qui lui sont dues pour le mal qui a réagi sur lui d'une manière difficile à évaluer dans toute son étendue? Cette importante question ne pourra être décidée que dans des voies et par des moyens placés tellement en' dehors de nos Ëgicnlté:>, que tout ce que nous pouvons nous permettre, c'est d'espérer et d'attendre.

La confiance, mon prince, que nous vouons à M. le duc de Wellington est grande. Sa position sociale et son caractère lui assurent des droits et lui imposent des devoirs qui n'appartiennent qu'à lui. Nos vœux les plus sincères accompagneront tous ses pas, et le duc, s'il cherche quelque part, comme point d'appui, des vœux en fiaveur de la bonne cause , qui soient dégagés de toutes vues particulières, de tout préjugé comme de toute erreur, ira, je m'en flatte, les chercher à Vienne.

Veuillez, mon prince, vous expliquer dans ce sens envers Sa Grâce et recevoir vous-même, etc.

MctternicK à Esterhazy (E.D. rés.), Kœnig^wart, le 19 août 1827.

865. Il me serait bien difficile d'aborder en détail , sans tomber dans de nombreuses redites, l'événement immense qui , avec une étonnante célérité, est arrivé à ma connaissance.

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