‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 72 sur 123 · MORT DE CANNING · texte numérisé non relu

MORT DE CANNING

par Fautorité suprême qui ont amené la chute du trône en France. L'anarchie, qui a été la conséquence inévitable de cette chute, a trouvé son terme dans le despotisme militaire,

— dans ce remède héroïque qui, après avoir rétabli Tordre public, est toujours soumis aux conséquences de s'user vite par ses excès ou de s'affaisser sur lui-même. La Restauration,

— cette œuvre due à l'esprit de conquête de Napoléon, — au lieu de puiser ses forces dans les éléments historiques et dans les institutions de l'Empire favorables à l'autorité, s'est engagée dans 1 es voies d'un doctrinalisme niais.

Je vous trace dans ce court exposé la vérité sur la situation du jour. J'ai été appelé à jouer un rôle dans les grandes phases de notre misérable temps; les princes libéraux ne m'ont pas compris, et leurs conseillers radicaux m'ont détesté. Les premiers ont eu tort; les autres ont eu raison.

Napoléon, à qui le sentiment de la force ne saurait être nié, m'a dit : « Vous me voyez maftre de la France ; eh bien, je ne me chargerais pas de fa gouverner pendant trois mois avec la liberté de la presse. » Louis XVIII, se croyant apparemment plus fort que Napoléon, ne s'est point contenté de laisser faire la presse, il a consigné sa liberté dans ia Charte,

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