‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 75 sur 123 · ENTREVUE DE METTERNICH AVEC LE ROI FRÉDÉRIC-GUILLAUME III · texte numérisé non relu

ENTREVUE DE METTERNICH AVEC LE ROI FRÉDÉRIC-GUILLAUME III

A TEPLITZ.

866. Metternich à FEmperear François (ExU-ait de rapport), Teplitz, le 23 août. — Résolution souveraine de Sa Majesté, datée du 28 août 1827.

866! Je suis arrivé ici le 21 de ce mois. Hier et aujourd'hui, j'ai discuté à fond toutes les questions que je voulais traiter avec le Roi de Prusse.

Je ne puis mieux faire connaître à Votre Majesté le résultat

de nos entretiens qu*en lui donnant Tassurance que, sur aucune des grandes questions du jour, les vues du Roi ne différent de celles de Votre Majesté Elle-même. Il pense et Tent ce que Votre Majesté désire et veut ; de plus, il connaît la situation à fond. Surtout il voit très-clair dans la position de l'Empereur de Russie; il n'a aucun préjugé à cet égard, et je n'ai rien pu lui dire dont il ne fût déjà intimement convaincu.

Il travaille de toutes ses forces à mettre fin à la tension qui s'est produite entre nous et la Russie. Je Tai même trouvé si zélé sous ce rapport, que j'ai dû le prier de ne pas se donner de peine dans une afiaire où l'on ne peut forcer le cours naturel des choses. Quand le droit et la vérité sont évidents, le temps et l'expérience sont les meilleurs alliés. Ce qui n'est pas moins rassurant, c'est de voir un prince qui, devant Dieu et les hommes, est tout à fait impartial dans son jugement, animé de sentiments pareils; aussi l'influence que la Cour de Prusse exerce tout naturellement sur la Cour de Russie ne manquera-t-elle pas de porter ses fruits.

J'ai appelé l'attention du Roi sur l'impression que la mort de Ganning doit produire à Saint-Pétersbourg, et je lui ai fiait comprendre que, si une seule force agit dans le sens du bien, son action ne pourra qu'être af&iblie par l'intervention d'une seconde force. Le jugement que porte le Roi sur la valeur plus ou moins grande de Canning concorde tout à fait avec celui que Votre Majesté a porté sur cet homme d'État. Il regarde le sort de ce ministre comme un de ces avertissements de la Providence dont la portée échappe à tous les calculs.

Je crois avoir heureusement terminé l'affaire de Hesse- Cassel *. Au reste, du côté de la Prusse, il n'y aura plus d'obstacle à ce que tout s'arrrange à l'amiable.

Les paroles que le Roi m'a chargé de redire à Votre Majesté sont la fidèle expression de ses sentiments intimes et de la vénération qu'il éprouve pour Elle. Votre Majesté sait combien

*' ]1 8*agU d*ane tension qae des affaires de famille avaient amenée entre les Cours de Berlin et de Hesse-Cassel. (Note de fÉditeur,)

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