LE TRAITÉ DE MUNICH
tenant au royaume de Bavière et devant lui rester , n'est que trop surexcite; et désirant, d'un autre côté, prouver au Roi de Bavière qu'il ne veut pas arrêter la conclusion d'une affaire majeure pour des considérations liées à de simples détails financiers, a cherché le moyen d'atteindre l'un et l'autre de ces buts. Le plus simple de tous s'est présenté à la pensée de Sa Majesté Impériale. M. de Rechberg m'avait remis une évaluation statistique et financière du cercle de Main-et-Tauber. Sa Majesté s'est décidée à offrir au Prince royal de prendre à sa charge la perte qui résulte pour la Bavière du revenu de ce cercle , à compter du jour de la remise des provinces qu'elle doit nous rendre, jusqu'à celui où la Bavière entrerait en jouissance de l'indemnité réclamée par elle comme compensation de sa renonciation à la contiguïté de ses territoires anciens et nouveaux...
Le comte de Rechberg m'ayant parlé du désir du Roi de posséder le territoire que traverse une partie de la route de Reichenhall à Berchtesgaden , qui de tout temps a fait partic de Salzbourg, l'Empereur n'a vu aucune difficulté à accorder cette demande. Il réclame, de son côté, le libre passage pour ses troupes sur la route de Salzbourg h Lofer par Reichenhall...
...Il me reste à vous parler. Monsieur le baron, de l'idée de l'acquisition du Palatinat par le Roi. Le Prince royal voyant l'impossibilité de nous engager à soutenir aujourd'hui les vœux qu'il forme pour l'acquisition du Palatinat , et bien moins encore à les imposer au grand-duc de Bade , a fini par demander d'être au moins rassuré sur les dispositions de l'Empereur notre auguste Mattre en faveur d'un arrangement que la Bavière pourrait être tentée par la suite de proposer à la Cour de Bade, arrangement qui devrait être fait de gré à gré et d'après le principe d'une juste compensation. Sa Majesté n'a pas hésite à assurer le Prince royal que pareille aflaire ne rencontrerait jamais aucune difficulté de sa part, et qu'Elle serait au contraire charmée de pouvoir contribuer, dans Toccasion, h concilier les vœux du Roi avec les intérêts de la Cour de Bade par une intervention amicale.
Vous Irouyerez dans Tannexe les pleins pouvoirs pour conclure et signer le traité que vous êtes chargé de négocier.
Mettemich à WacqîMnt« Vérone| le 8 ayril 1816.
2iO. Le présent courrier vous mettra à même de conclure et de signer enfin Tarrangement final avec la Bavière , et il ne vous sera pas difficile de prouver au Roi et à son ministère que l'Empereur notre auguste Maître a joint aux preuves de patience qu'il a données dans le cours d'une négociation sans exemple , toutes les nouvelles condescendances qu'il lui a été possible d'ajouter à celles qu'il a étendues antérieurement aux prétentions souvent les moins fondées en raison de la partie adverse...
Le terme du l** mai est tellement de rigueur, que nos généraux ont l'ordre de ne se laisser arrêter piir aucune protestation ou opposition dans l'occupation des parties que doit nous céder la Bavière. Il serait essentiel, en conséquence, que Votre Excellence insistât de la manière la plus forte sur cette remise, et que, si besoin était, elle rejetât sur M. le comte de Montgelas lui-même toute la responsabilité des complications qui pourraient survenir par suite du défaut d'instructions ou d'un manque de bonne foi de la part de la Bavière, il vous sera facile de prouver que l'Empereur, déterminé comme il l'est à ne plus admettre ni lenteur, ni retard, ni faux-fuyants dans le recouvrement de ses provinces, se trouverait même hors d'état de modifier des ordres quelconques donnés à ses autorités civiles et militaires , vu la distance des objets à éclian- {;er tant entre eux que du point du séjour actuel de Sa Majesté Impériale.
J'admets, ainsi que vous, la possibilité que la signature ait lieu le 13 ou le 14 au plus tard *.
* Le traité en question, daté du 14 avril, a été publié selon Tusage. Par suite, TAutricbe est rentrée en possession des parties de Tlnnyiertel, du Hausruck-Viertel et du duché de Salzbourg, ainsi que du bailliage de Vils dans le Tyrol, qui lui avaient été enlevées en 1809.
(Note de tÉdiUur.)