‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 21 sur 126 · VISITE AUX COUKS DE MODÈNE ET DE PARME · texte numérisé non relu

VISITE AUX COUKS DE MODÈNE ET DE PARME

font travailler leurs statues à Carrare; on y fisiit le choix des blocs, on les met en œuvre, et ils les finissent ensuite dans leurs ateliers, h Rome. D'autres viennent s^établir eux-mêmes pour plusieurs mois à la source des marbres. J'ai trouvé là Rauch et Tieck, deux Prussiens de beaucoup de talent, qui travaillent à de très-beaux ouvragées pour le Roi. Rauch fait entre autres , dans ce moment même , une copie du mausolée de la Reine. Après avoir tout vu , je suis retourné à Massa. Le lendemain, à six heures, je suis parti pour Lerici. Le spectacle que vous avez sous les yeux au moment où vous arrivez sur la cime des montagnes et où vous découvrez le golfe de la Spezia exactement sous vos pieds, est de la plus grande beauté. Je me suis embarqué à Lerici; j'ai traversé le golfe jusqu'à Porto- Venere; de là, j'a ait une course dans le golfe même, pour le visiter dans toutes ses parties, et j'étais de retour à Massa à quatre heures. J'y ai diné , et je suis allé coucher à Lucques. Hier , j'ai couché dans un maudit lieu nommé Paulo , dans leà Apennins , où l'Archiduc a eu la bonté de m'envoyer une cui-^ sinière et un service qui assurément n'y furent pas de trop. Je suis arrivé ici ce matin, à onze heures, et j'ai passé la journée à voir le peu de choses curieuses qu'oifre Modène.

Un fait qui me frappe , c^est la différence extrême qu^ofFre le climat de la Toscane avec celui d'en deçà les Apennins. On m^avait dit souvent que la véritable Italie ne commence qu'au versant sud de cette chaîne de montagnes ; on a parfaitement raison. Je retrouve ici la Lombardie et la Vénétie, tandis que la Toscane est tout autre. Les plantes véritablement du Midi ont cessé ici. Le fieiit est surtout frappant quand on vient de Lucques et surtout de Massa. Lucques est plus méridionale que la Toscane même , et Massa est comme la Sicile. La côte étant étroite et les montagnes servant de réverbères , il ne gèle et même il ne neige jamais à Massa. L'oranger y vient en abondance et en pleine terre. Toutes les plantes grasses peuvent y être acclimatées.

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Mantoue, ce 5 septembre.

236. Je suis arrivé ici ce soir à neuf heures , et je coin repartir demain à midi , pour aller coucher à Vérone , m'attendent les gouverneurs de Milan et de Venise.

Je viens de passer près de deux jours à Parme, c'est-à-< que j'y suis arrivé le 3, à sept heures du soir, et je suis p aujourd'hui à midi pour Golomo , où Madame TArchiduchc m'a donné à dfner. Son établissement est on ne peut plus c fortable; sa Cour est montée à merveille, et il n'y a rien trop ni de trop peu. Parme offre en elle-même une quan d'objets curieux. Cette ville est le berceau du Corrége. salles et les murs sont couverts de ses chefs-d'œuvre ; il pour Parme ce que Jules Romain est pour Mantoue. On saurait se figurer rien de plus enchanteur que tout ce qu' légué à des siècles malheureux de ne pouvoir l'imiter et h reux de pouvoir l'admirer.

Vérone, ce 6, dix heures da soi

237. J'ai vu ce matin à Mantoue tout ce qu'il y a à voii même ce qui ne mérite pas la peine d'être vu. Je suis an ici à trois heures. J'ai visité à Vérone tout ce que mon n heureux œil m'avait empêché de connaître en 1816, et je [ dans une heure pour aller coucher demain à Bozen , qui e douze postes d'ici.

J'écris par le présent courrier à Pepi *, à Klagenfurt, oi serai le 10. Vous recevrez de mes nouvelles de cette ville le courrier qui commande mes chevaux, et qui arrivera p le moins quinze à seize heures avant moi.

Je fais des vœux pour vous retrouver tous en bonne sai J'en forme particulièrement pour la pauvre petite**, maiî

* Le comte Joseph Ësterfaazy, plus tard gendre de Mettemich.

(Note de V Éditeur.) ** La pnnccssc Hermine, fille du prince, actuellement encore en vie.

{Note de C Éditeur.)

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