‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 43 sur 126 · LE VOYAGE D* AIX-LA-CHAPELLE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE D* AIX-LA-CHAPELLE

VIXCT KT UX RAPPORTS ADRE88R8 PAR LE PRI5CE DE IfBTTEllSICB A L*BlfPBaBini FRA!(VOI8, ET RÉ80LUTIOK8 80CTERAIRK8 DE SA MAJESTE, DD 8 JUILLET AU 17 50VE3IRRE 1818.

278. Préparatifs d'installation faiu au cbàteaa da Hradschin. — 279. Mort de la Reine de Suède. — 280. Conspiration ultra-royaliste en France. — Tentatives faites pour amener un rapprochement entre le pacti ministériel et Monsieur. — 281. L*Empereur Alexandre et la question dei paysans dans les provinces de la Pologne russe. — Le feld-maréchal prince de Schwarzenberg. — 282. Le voyage de TEmpereur Alexandre est ajourné. — Metternich projette un voyage à Paris. — 283. Mort de François-Georges de Metternich. — 284. Entretien avec Capo d*Istria. — 285. Faveur à accorder au prince de Schwarzenbcrg. — 286. Af&ires de Rome. — 287. Tentatives faites en vue de la réconciliation du Roi et de Monsieur. — 288. Dévouement des populations rhénanes à TEmpereur François. — 289. Projets de voyage deTÉmpereur Alexandre. — 290. Proposition relative au choix des chambellans. — 291. Heureux changement dans Tattitude des partis à Francfort. — 292. Mort de la Reine d'Angleterre. — 293. Préparatifs en vue du voyage de l'Empereur François. ^ 294. Le Prince Électeur de Hessc-Cassel aspire au titre de Roi. — 293. Organisation militaire de la Confédération germanique. — 296. Portrait de l'Empereur. — 297. Grossesse de l'Archiduchesse Léopoldine. — 298. Remise du voyage.

GariMbad, le 8 juillet £818.

S78. J'ai rhoiineur d'annoncer à Votre Majesté que je suis arrivé ici hier. Garlsbad regorge d'étrangers, parmi lesquels se trouvent des diplomates de tous les pays, qui ne sont ici que pour me parler ou bien pour observer mon entrevue avec le comte Capo distria , qui est attendu à Garlsbad pour le 10.

Hier, à mon passage par Prague, le gouverneur de la Bohême m^a demandé s'il y aurait une réunion de Souverains à Prague. Je lui répondis négativement. 11 me dit alors qu'il avait reçu tout récemment du grand maître de la Cour l'ordre de feire immédiatement arranger et réparer à fond le deuxième étage

du château du Hradschin et de régler les dépenses nécessaires à cet efFet. Je lui affirmai qu'il devait y avoir làdessous quelque erreur inexplicable pour moi, et le priai de ne rien feire entreprendre avant que Votre Majesté eût donné de nouveaux ordres. Je Vous prie donc, Sire, de vouloir bien donner des ordres en conséquence ; il est possible qu*il s'agisse de réparations quelconques ; mais ce n'est pas ce que font entendre les instructions données par le grand maftre de la Cour. Il faut qu'il y ait positivement erreur à cet égard. £n tout cas, je considère comme un devoir de porter cet incident à la connaissance de Votre Majesté , attendu qu'on évitera peut-être des dépenses considérables dont le but m'échappe.

Le prince de Schwarzenberg , que j'ai trouvé ici, va relativement très-bien. Il est gai, et jusqu'ici il n'a qu'à se louer de sa cure.

Metternigh, m. p.

J'ai pris bonne note de ce que vous me mandez. Je me suis déjà mis en mesure d'être renseigné sur ce qui en est des préparatifs d'installation qui doivent être faits dans le château de Prague *.

François, m. p.

Baden , le 15 juillet 1818.

Carisbad, le 9 juillet.

879. Des lettres de Copenhague annoncent la mort subite de la Reine de Suède, veuve du dernier Souverain. Elle avait passé la soirée chez le Roi, et elle est décédée avant cinq heures du matin.

Le Roi, qui était sur le point de se rendre en Norvège, a remis son voyage jusqu'après l'inhumation de la Reine,

* Cette résolution, ainsi que toutes celles qui suivent, a été écrite sur le rapport par l'Empereur François lui-même. (Note de C Editeur.)

Au point de vue politique , cet événement n'a pas d'impoi^

tance particulière.

Metternigh, m. p.

J'ai pris note de ce que vous me mandez.

François, m. p.

Baden, le 15 juillet 1818.

Carisbad, le 14 juillet.

280. J'ai rhonneur d'envoyer ci -joint à Votre Majesté une lettre très-intéressante, écrite de Londres par M. deLebzeltem. Les dispositions du Cabinet anglais sont excellentes, et les jugements de Lebzeltern sont justes de tout point.

Votre Majesté trouvera aussi sous ce pli une lettre particulière du comte de Garaman, qui annonce une prétendue conspiration ultra-royaliste. Je d\6 prétendue , parce que le fait ne parait pas démontré. D'ici à quelques jours nous saurons exactement ce qui en est de cette affaire; en attendant , je suis porté à croire que tout n'est qu'une intrigue ourdie par le parti qui combat, non sans raison, les ultras. Je n'ai reçu de Paris qu'une simple mention de l'incident.

Votre Majesté daignera se convaincre que le ministère français, ou plutôt que le duc de Richelieu espère, comme dernière ressource , que mon intervention entre le parti ministériel et Monsieur, frère du Roi, pourrait amener un rapprochement. Monsieur s est adressé à moi dans le même but. Dans quelques jours je serai à même de soumettre à Votre Majesté les démarches que j'aurai faites à propos de cette affaire , qui est de la plus haute importance . Nul moment ne saurait être plus favorable pour arriver à une heureuse solution ( chose qui était certainement impossible jusqu'ici), que la veille de l'entrevue des Souverains. J'emploierai ces dernières heures, ces heures si précieuses, à tâcher de réaliser les vœux des deux parties, et d'obtenir, par des voies directes et absolument confidentielles , tous les bons résultats qu'il sera en mon pouvoir d'atteindre. Personne toutefois, ni moi ni un autre, ne peut répondre du succès.

COBRESPOMDANCE AVEC LEMPEBELR FRANÇOIS (1818). 139

Li satîs&clioD de voir que les deux parties m^accordent une égale confiance, doit me suffire jusqu'ici.

Suivant des nouvelles particulières , reçues aujourd'hui de Berlin, le Roi doit arriver dans cette ville à la fin du mois, en même temps que l'Empereur Alexandre. On raconte que le camp de manœuvre qui devait être formé près de la capitale De sera pas réuni, et que l'Empereur Alexandre profitera de liotervalle entre son arrivée en Prusse et l'entrevue pour aller voir ses sœurs. Je ne sais s'il est aussi question d'une îiiiteà Stuttgart, mais j'en doute presque.

Dans tous les cas, il ne pourra résulter rien de bon de toutes

ces allées et venues que l'Empereur entreprendra avant l'entre

vue des Souverains. La chose est-elle réellement comme j'ai

flionneur de le dire à Votre Majesté? c'est ce que je saurai par

les nouvelles officielles de Berlin , que j'attends d'heure en

lieure.

Metternich, m. p.

Je prends note de ce que vous me mandez, et vous renvoie les annexes de ce rapport.

François, m. p,

Radrn, le 21 juillet 1818.

GarUbad, le 22 juillet.

S81. J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Majesté un rapport du comte de Thum ; Elle verra par ce document que l'Empereur Alexandre continue à traiter le Prince de Hesse arec les plus grands égards.

Le Czar commence à s'occuper très-activement de la situation des paysans dans les provinces de la Pologne russe. Il est ÎDCoolestable qu'il a pour cela les raisons les plus sérieuses du monde; mais, d'autre part, l'Empereur court risque d'allumer on vaste incendie dans ses États. Les Russes sont généi*alement en éveil ; quelles conséquences auraient de nouveaux progrès dans la voie des concessions? c'est ce qu'il est difficile de déterminer dès à présent.

Le comte Capo d*Istria ne sera guère ici avant le 26 ou le

27 de ce mois, car il attendait encore son Mattre à Saint- Pétersbourg et pourrait bien n'être pas parti avant le 15.

Du reste, je suis entouré ici des cheCs de presque toutes les missions accréditées auprès de Votre Majesté , et il n'y a pour moi guère d'autre différence entre Vienne et Carisbad que le changement de résidence. En attendant, je cherche autant que possible à gagner du temps pour me distraire, et je ne puis assez me louer des eaux qu'on trouve ici. Le 31 de ce mois , je quitterai Carisbad , et , comme il feut que je mette trois ou quatre jours d'intervalle entre les deux cures, j'irai chez moi h la campagne jusqu'au 4 août. Le 5, je commencerai ma nouvelle cure à Franzensbad.

Il y a un mieux sensible dans l'état de santé du prince de Schwarzcnberg. Sa maladie interne perd de jour en jour son caractère aigu ; comme Carisbad n'agit jamais directement sur une paralysie causée par une attaque d'apoplexie , on lui prescrira des bains spéciaux , dont les médecins se promettent les meilleurs résultats. Cependant il est déjà redevenu ingambe à tel point qu'il peut faire des promenades de plusieurs heures.

Metternich , m. p.

Je prends note de ce que vous me mandez. Je souhaite que la cure d'eaux et de bains vous fasse grand bien, ainsi qu'au prince de Schwarzcnberg.

François, m. p.

Franzensbrunn, le 7 août.

282. Sire, la nouvelle que l'Empereur Alexandre n'arrivera que le 27 septembre au lieu du 15, et que, par suite de ce retard, Touverturedes conférences sera reculée de quinze jours, ne peut manquer de produire une impression très-(%cheuse en France. 11 est vrai que cela ne change en rien la situation ; mais cette incertitude prolongée est pénible pour les Français, et elle agit forcément d'une manière défavorable sur le Gouvernement et sur la nation.

La question de gùgnev ou de perdre du temps me suggère tout naturellement l'idée suivante : peut-être obtiendrionsnous des résultats avantageux, si je profitais des douze jours de liberté que j'aurai pour aller des bords du Rhin à Paris.

Les raisons qui militent en faveur de ce voyage sont les suivantes :

1* Je verrai de près ce que la distance nous cache souvent.

2* Aux conférences d'Aix-la-Chapelle, je pourrais parler avec une autorité toute particulière devant les autres chefs de Cabinets qui n'auraient pas été, comme moi, sur les lieux mêmes où se sont produites les difficultés à résoudre.

3* Il y a la chance d'amener un rapprochement entre Monsieur et le Gouvernement; car, ainsi que j'ai eu l'honneur d'en iofiMrmer Totre Majesté, j'ai été invité par les deux parties à m'interposer dans ce but. Je ne manquerai pas de soumettre prochainement à Votre Majesté les mesures que j'ai prises en me d'arriver à cet heureux résultat. En ce moment même, laflEaire est poussée le plus vigoureusement possible. J'ai envoyé le marquis de Caraman de Carlsbad à Paris avec les instructions nécessaires, et d'ici à huit jours je renverrai à Monsieur un individu qui m'avait été expédié par lui. Si la chose réussit, ce sera une des garanties les plus solides pour l'avenir; de même , si cette incroyable désunion se perpétue , les plus tristes éventualités peuvent se produire. Le moment qui précède l'entrevue des Souverains est décisif, et surtout il nous offre des moyens puissants pour agir sur les deux parties.

i* Enfin j'aurais un motif très-plausible pour faire le voyage de Paris dans le fait du passage de lord Castlereagh par cette ▼ille , si toutefois il devait avoir lieu.

Si Votre Majesté daignait partager cette manière de voir, je Lui demanderais très-respectueusement la simple autorisation de me rendre à Paris suivant que les circonstances le deman^ àtront. Ces circonstances peuvent se présenter ou se modifier tous les jours ; je ne pourrais donc qu'attendre et saisir le moment favorable d'agir.

En conséquence , je prierais Votre Majesté de garder le plus profond secret sur cette autorisation. Si je devais donner suite

142 RECUEIL DE DOCUMENTS (lgl8-UM).

à celte idée , il faudrait que j'eusse Pair d'avoir reçu Tordre de profiter des quelques jours de liberté que je dois au retard subi par l'entrevue des Souverains pour me rendre compte de la situation sur les lieux mêmes. Dans le cas ou mon voyage ne s'efFectueraît pas , il faut que le public n'ait jamais entendu |)arler de ce projet.

De toute façon, je serai à la fin de ce mois sur les bords du Rhin ; j'y trouverai le chancelier d'État prince de Hardenberg, le comte de Munster, agissant comme délégué du Cabinet anglais, et plusieurs autres personnages considérables qui m'attendent ou qui viendront me voir au Johannisherg , pour se concerter avec moi sur les questions les plus importantes qui seront traitées lors de Tcntrevue.

Si Votre Majesté daignait me laisser juge de l'opportunité de ce rapide voyage à Paris, je ne pourrais d'aucune manière être dans cette ville avant le 7 septembre, et, le 23, j'aurais rejoint Votre Majesté à Mayence.

Je prie très-respectueusement Votre Majesté de daigner me donner le plus tôt possible Ses ordres relativement au rapport secret que j'ai l'honneur de Lui adresser.

Metternich, m. p.

Je vous autorise à vous rendre à Paris si vous croyez devoir le (iaire dans l'intérêt du service. De toute façon, je vous attendrai donc, le 23 septembre , à Mayence.

François, m. p.

Rnden, le il août 1818.

Franzcnsbad, le 15 août.

283. Sire, le douloureux événemcnt*qui m'a frappé, moi ainsi que toute ma maison, m'impose ledevoir d'offrir à Votre Majesté l'expression de ma profonde reconnaissance pour les grâces dont Elle n'a cessé de combler mon père pendant le cours de sa longue existence. Dès sa première jeunesse, celui qui n'est

* Voir, relativement au même sujet, le n^ 256.

plus aTaît été entraîné par Texemple de ses ancêtres, mais plus encore par son cœur , à se vouer au service de son Sou- Tcrain. L^unique but de ses vœux et de ses efforts , c*étaient rhonneur et Tintérét de la Maison impériale et de TÉtat. Votre Majesté perd en lui un sen^iteur affaibli par Vàf^e , il est vrai, mais qui n'en était pas moins fidèle et moins dévoué pour cela. Sa constante préoccupation était de me voir remplir les devoirs que son âge et sa situation ne lui permettaient plus de remplir lui-même, et sa plus grande consolation, il la trouvait dans le sentiment du succès que j'avais obtenu dans ma lutte contre les difficultés et contre les orages des derniers temps. Lorsque, quelques jours avant sa fin , ma famille lui demandait sUI ne désirait pas me voir à Yieiine , il dit : a Que mon fils ne songe quà son devoir; je puis tout aussi bien lui donner tna bénédiction de loin; béni soit-il aujourd'hui , et bénie soit son entreprise ! »

Je trouve dans ces paroles un adoucissement à ma douleur: elles me consolent de ne Tavoir pas revu et d'avoir été empêché par la distance de remplir à son égard les devoirs d'un fils.

Maintenant que je suis devenu, par cette triste circonstance, le chef de ma maison, je prie Votre Majesté d'étendre Sa bonté sur les miens. Depuis si longtemps et en tant d'occasions différentes. Votre Majesté s'est conduite en père à mon égard, qu'il ne m'est permis de parler que de ma reconnaissance. Comme les révolutions qui se sont accomplies dans ces derniers temps ont mis ma famille au rang de tous les vassaux et de tous les sujets de la Maison impériale , je ne puis former qu'un seul vœu : c'est que mes descendants fassent un jour, sous Tunique empire du sentiment du devoir, ce qu'ils auraient sans doute fait de même, en obéissant h un sentiment spontané.

Metternicii, m. p.

Soyez sûr que je prends une part bien vive au malheur qui TOUS frappe. Je compte fermement sur votre attachement à ma personne , et je me flatte que vous vous efforcerez de faire

marcher votre famille et vos descendants sur vos traces, afin qu'un jour je trouve en eux des serviteurs aussi habiles et aussi dévoués que vous Têtes vous-même.

François, m. j9.

Vienne, le 19 août 1818.

Franientbmnn, le 18 août.

2tt4. Sire , je me suis rendu avant-hier à Carisbad afin de m'entretenir avec le comte Capo d'Istria, qui se trouve dans cette ville depuis quelques jours.

Le résultat de cet entretien est net et rassurant , comme je Tespérais. Quelques indications sommaires suffiront pour le faire connaître à Votre Majesté, qui s'est toujoui'ssi bien tenue au courant des grandes affaires politiques.

Voici les points principaux :

1^ L'Empereur de Russie, quoique flottant entre plusieurs motifs moraux qui se contredisent, reste fidèle au principe fondamental du maintien du repos. Il y est déterminé par son éloignement pour tout ce qui dépasserait de simples passetemps militaires, et par ses principes religieux, qui s'accentuent toujours davantage.

2** L'Empereur et son Cabinet se laissent aller de plus en plus au désir de faire du prosélytisme moral et politique. De là toutes ces intrigues grandes et petites qui nous déroutent , nous et , pour ainsi dire , tous les Gouvernements ; de là cette nuée d'émissaires et d'apôtres. Toutefois, on ne saurait méconnaître qu'au fond de ces éternelles menées il y a une intention, — qu'elle soit vague ou nettement arrêtée dans l'esprit de TEmpereur; — c'est celle de laisser le temps et le cours naturel des choses faire ce qu'ils peuvent pour contribuer à l'extension de l'influence russe. Dans ces conditions, une influence cesse de devenir une puissance.

3* Le comte Capo d'Istria est tout à fait opposé à la /orme de la prochaine entrevue.

Premièrement, il ne voudrait pas que les Souverains parussent en personne à cette conférence, et il regrette que

son' Maure soit la cause positive et peut-être unique qui a provoqué la réunion. Du reste, je suis parfaitement d'accord avec lui sur ce point.

En second lieu, il aurait désiré qu'il n'y eût point d'entrevue des Souverains et des Cabinets, ou bien il aurait voulu une entrevue générale. •

Ses motifs sont les suivants :

Il croit qu'une mesure aussi grave ne peut qn exciter la jalousie des puissances non admises au Congrès, tendre l'opi^ nion publique au plus haut degré, et compromettre les Souverains et les Cabinets par suite du manque de résultats.

Sur ce point, mon opinion diCFère entièrement de la sienne. Mes raisons sont les suivantes; je les lui ai développées en tant que cela pouvait se £eiire sans accuser trop nettement la différence qui existe entre nos deux Gouvernements sous le rapport des vues et de la marche suivie.

Les cinq Cours qui doivent se réunir à Aix-la-Chapelle sont' non-seulement appelées, mais encore obligées par le traité du 20 novembre 1815 à prendre part à la conférence. Toutes les Cours d'Europe ont ratifié et reconnu ce traité et, par conséquent, toutes les stipulations qu'il contient.

L'exercice d'un droit et, bien plus encore, l'accomplissement d'un devoir, n'excitent pas la jalousie de ceux qui sont en dehors de l'un et de l'autre. Aucun Gouvernement n'a peur de voir trancher par les cinq Cours la question qui doit être résolue à Aix-la-Chapelle, car leur mission est de le faire; mais tous les Gouvernements craignent que les quatre ou cinq Cours en question niaient l'intention de s'occuper encore d'autre chose que du règlement de cette affaira unique. C'est pourquoi il Éaut que les quatre Cours se bornent exclusivement à traiter t affaire dont il s'agit; c'est aussi pour cette raison que nous avons demandé que les quatre Cours reconnaissent solennellement cette obligation longtemps avant l'ouverture des conférences. Nous devons veiller à ce qu'elle soit admise et remplie.

C'est chez les révolutionnaires seulement que l'opinion est tendue, et non pas chez les gens bien pensants. C'est là un fait réel, incontestable; le résultat le plus heureux de l'entrevue

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