II. — Formes
La sanction de la quadruple alliance doit avoir lieu entre les quatre Cours.
Communication confidentielle de l'acte qui renfermera cette sanction doit être faite au Roi de France.
L'établissement du concert diplomatique entre les cinq Cours.
La communication à l'Europe du fait de ce concert. Ad 1. La sanction de la quadruple alliance devra être consignée dans un protocole secret ;
Ad 2. Le concert à établir entre les cinq Cours exige :
170 RECUEIL DE DOCUMENTS (l8I«-18Si).
Une invitation à la France ;
Un protocole , qui réglera le concert entre les cinq Cours ;
Ad 3. Une communication aux autres Cours pourra avoir lieu , soit sous la forme d'une déclaration des cinq Cours , soit sous celle d'une dépêche uniforme et circulaire des cinq Cabinets à leurs ministres accrédités auprès des Cours d'Europe.
Principes justes,
302. Le traité de Chaumont forme la base de la quadruple alliance.
Ce traité renferme des stipulations permanentes, et d'autres qui sont transitoires.
Les traités entre les quatre alliés, subséquents à celui de Chaumont, offrent la même différence dans leurs clauses.
II s'agit aujourd'hui de maintenir : 1* les clauses permanentes de la quadruple alliance ; 2* le casus fœderis contre la France ; 3" de fixer les réunions sur le principe : a. De réunions périodiques, sauf à convenir six mois d'avance
qu'il n'y a pas lieu de se réunir; h. De réunions extraordinaires provoquées par des intérêts
spéciaux.
LES RÉSULTATS DL CONGRES d'aIX-LA-CHAPELLE. 303. Mémoire de Frédéric Gentz '^. Aix-la-Chapelle, novembre 1818.
303. Ce n'est ni par le nombre ni par l'importance directe de ses décisions que le Congrès d'Aix-la-Chapelle brillera dans les transactions politiques de notre temps. Il n'avait au fond
* Gentz a présente ce Mémoire au prince de Metternich en raccompagnant de8 lignes suivantes : « J'ai esquissé pour mon nouveau correspondant (le prince Soutzo) les principales négociations d*Aix-la-Chapelle; c*est une sorte d*introduction à l'exposé que je ferai des travaux du Congrès. Cette esquisse se termine parles observations générales que j'envoie ci-joint à Votre Altesse. Il se pourrait bien que Votre Altesse les trouvât un peu trop élevées pour le point de vue où Elle se place; c'est un peu mon sentiment à moi-môme; mais il est difficile, en présence d'un aussi grand objet, de baisser le ton vo-
LES RESULTATS DU CONGRÈS n'AIX-
qu'une question à de'cider*, î) s'en est honorablement acquitté. La modération, la bienveillance, la délicatesse avec lesquelles on a traité dans ces conférences tout ce qui se rapportait à l'évacuation du territoire fiançais cl à une quantité de dispositions accessoires, pourront servir de modèle à des négociations futures , et si la France elle-même n'a pas assez rendu justice k ces procédés, ils u'en resteront pas moins consignés dans l'histoire.
Des considérations du plus grand poids défendaient aux Souverains et aux ministres réunis d'aborder, sans nécessité urgente , d'autres sujets de discussion, de les aborder surtout dans des formes régulières et officielles. Mais tous ceux qui ont dû faire l'objet de leurs délibérations confidentielles ont été traités dans un esprit de paix, de justice et de sagesse, et pas une résolution n'a été prise, pas un protocole n'a été signé, qui n'ait tendu à consolider l'ordre public, ou à chercher des remèdes à des complications qui pouvaient le compromettre.
Cependant, pour juger le Congrès d'Aix-Ia-Chapelle, ce n'est pas à ses résultats positifs et matériels qu il faut s'arrêter ; il faut l'envisager dansTenseroble de ses effets, dans l'ensemble des relations politiques et fédératives qu'il a établies ou essentiellement affermies, et dans l'influence que l'esprit qui l'a dirigé peut exercer sur les destinées prochaines et futures de l'Europe. Sous ce point de vue élevé, le Congrès d'Aix-la-
loiiuirciiiFiil. En loiil caa, je croh ijiic Voire Altesso ne irouvera pas CM réfleiioni loul à faîl inclignci de ion approbation, et, «i je ne «uii pu déçu <ian« celle eipërance, je me trouverai sufHuminenl rPcoiD[ienBé. • Le contenu du MétFioire qui procède cei léOniimt tinalei a éié publié dana les • Dél>«cbM inéditei • de Prokesub (187â, 1, p. 396). [Xote de rÉdiIrur.)
• tin article du Irailé de Paris du 10 novembre 181:) conlcDail relie olauK, i^ii'au bout de Ui>ie dd» le« puiuancel alliée», d'accord avec le Roi de France, auraient i eiaminer ai la «iiuaiion de ce paya pennettaïl de retirer Ici troupcn clrangèrea, ou ai l'occupation devait darrrjii>r|u'à l'eiplnitîoii di- la uini|uièroc année. Ccït pour décider celte queilïon que ic réunit le (^n|iri'i d'Aii-la- Chapelle.
A ce Con|>rèi atsiiuienl, outre I» troï* Souveralu» alliés, les diplomnlei autrichieni : Mellemich, Vincent ci Geniz; les diplomatcn niiseï : Capii d'Isiria, Neueirodo et Lievcn ; lea diploinaleg pniMiena : HnrdenberBi l^uinboldl,DemBtorrf; tel diplomalea anglais : Wellin[;lon,Clasllcrea|>b, Cannin|{i les diplomalet Françai» : nicbeliim, Rayueval et Monnier. (Note Je l'Édilrur.)
1*72 RECUEIL DE DOCUMENTS (l818-183S).
Chapelle a été un événement de haute importance, dont l'observateur superficiel ne saisira peut-être que quelques traits détachés, et que Thomme d'État, pénétrant jusqu^au fond des choses, est seul en état d'apprécier.
Ne pouvant embrasser ici tout ce qui tient à un aussi vaste sujet, je me bornerai à quelques obsenrations sur la tendance politique et morale des conférences d'Aix-la-Chapelle , sous les trois rapports qui me semblent mériter une attention particulière.