‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 52 sur 126 · I. — Relativement au système politique, général · texte numérisé non relu

I. — Relativement au système politique, général

La totalité des puissances européennes a été unie depuis 1813, non pas pour une alliance proprement dite, mais par un système de cohésion fondé sur des principes généralement reconnus, et sur des traités dans lesquels tout État, grand ou petit, a trouvé la place qui lui convenait. On pourrait dénier à cet état de choses ce qui , d'après les anciennes idées politiques , caractérise un système fédératif ou d'équilibre ; mais il n'en est pas moins certain que , dans les circonstances où se trouve l'Europe , et dont elle ne sortira pas de sitôt, le système actuel était le plus conforme à ses besoins, et que la dissolution de ce système serait une calamité épouvantable ; car aucun des États qui y sont compris ne pouvant rester isolé, il s'ensuivrait pour tous de nouvelles combinaisons politiques, de nouvelles mesures de sûreté , par conséquent de nouvelles alliances, des déplacements, des rapprochements, des intrigues, des complications incalculables qui, à travers mille chances différentes et toutes également fonestes , nous conduiraient à une nouvelle guerre générale , c'est-à-dire , — ^ car les deux termes sont à peu près syTionymes, — au bouleversement définitif de Tordre social en Europe.

Une partie de ces terribles dangers occupait, il faut en convenir, pendant l'année 1817 et jusqu'à Tété de 1818, nonseulement les vaines conjectures du public , mais les méditations des hommes d'État, en leur inspirant de vives inquiétudes et de sinistres pressentiments. On redoutait surtout à cette

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