‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 59 sur 126 · UETTEHMCU ET L'OBCAMSATION DF. LA PRUSSE (IS · texte numérisé non relu

UETTEHMCU ET L'OBCAMSATION DF. LA PRUSSE (IS

renseignés pour pouvoir déterminer jusqu'à quel point un certain nombre de professeurs des universités de Prusse sont initiés à ce plan et travaillent à le réaliser, nous ne croyon» cependant pas nous tromper en regardant le lait lui-même comme plus que probable.

Quant à l'association des étudiants allemands [Burschentchaft), le Gouvernement du Roi de Prusse sait à quoi s'en tenir sur son compte : on ne saurait fiaire disparaître assez tdt cette cause de désordre, cela est incontestable. Ce qui n'est pas moins certain toutefois, c'est que ce but ne peut être atteint qu'à la condition d'agir de concert avec les Gouvernements allemands.

II. Sociétés gymnasliques . Cette institution dangereuse est intimement liée à la question des universités^ les inventeurs, l'invention cl l'exécution appartiennent à la Prusse.

Le gymnase est, à proprement parler, l'école préparatoire des désordres universitaires. C'est là que l'enfant doit devenir jeune bomme, de même qu'à l'univei^ité ce dernier doit devenir bomme par l'éducation.

Nous exprimons notre intime conviction en disant que c'est aujourd'hui pour le Itoi un devoir gouvernemental d'extirper le mal. Les palliatifs ont cessé d'être suffisants pour cela. H faut que toute I institution, telle qu'elle existe, soit supprimée ; il Pdut que tous les établissements soient fermés sous peine de répressions fixées d avance par la loi pour ceux qui l'enfreindraient.

Comme c'est à Berlin même que cette institution a pris naissance et qu'elle existe aujourd'hui; comme, d'autre part, les succursales apparaissent comme des loges secondaires se rattachant à la loge mère , il faut , si l'on veut que le remède soit eflicace, attaquer le mal dans sa racine. Dans le cas oii l'on ne parviendrait pas à en détruire tous les rejetons, il faudrait aussi discuter lu question avec les Gouvernements allemands qui manquei'aient de clairvoyance et qui voudraient entretenir le mal.

III. Liberté de la presse. Ce problème, le plus difficile de tous , ne peut être résolu , si toutefois il peut Tétre définitivement , qu'à une condition : c'est que Tentente soit par&ite entre rÀutriche et la Prusse, et qu'on soit d'accord avec les autres Gouvernements allemands.

Toute mesure doit être basée sur les principes suivants :

1* Etre aussi large que possible en ce qui concerne les œuvres sérieuses et véritables ;

2* Faire une différence très-marquée entre des œuvres de ce genre , des pamphlets et des feuilles périodiques ;

3* Tenir compte de Tindépendance des membres de la Confédération et de la nécessité d'obliger chaque État confédéré à avoir une loi réelle , soit préventive , soit répressive.

Ce rapide examen des trois questions conduit à la conclusion suivante :

1* Il faut que la Prusse prenne immédiatement des mesures relativement aux sociétés gymnastiques ;

2*11 faut aviser aux moyens d'ouvrir promptement des pourparlers entre la Prusse et l'Autriche;

3" Il faut enfin que tout ce qui se rattache à cette négociation soit préparé et entamé dans le plus grand secret.

SUR LA QUESTION DES JUIFS EN AUTRICHE. 307. Mémoire rédigé par Metternich en 1818*.

507. L'édit de l'Empereur Joseph est en pleine vigueur dans tous les États allemands de l'Autriche. La constitution de

* Ce qui semble avoir donné lieu à la rédaction de cet exposé, c*est un m Mémoire sur Tétat des israélites, par un ministre du saint Évangile « , qui fut dédié et remis aux Souverains réunis au Congrès d'Aix-la-Chapelle. Indépendamment de cet écrit, les représentants des israélites de Vienne avaient fait parvenir à TEmpereur une requête ayant pour objet d'ohienir une enquête sur Tétat de la législation relativement à la condition civile de leurs coreligionnaires. (Note de tÉdUeur.)

SVB LA QUESTION DES JUIFS EM AUTRICHE (ïllSi

la Hongrie s'oppose à une partie de son exécution, mais ce fait est indépendant de la volonlé du Itoi.

Des écoles de filles juives existent partout. Là où les communaulés sont trop peu nombreuses, les entants des deux sexes fréquentent les écoles chrétiemies; il est libre à cbaque juif de faire élever ses enfants dans les établissements d'éducation chrétiens.

Les juifs peuvent, avec des permis particuliers , et dans les pays Dij les constitutions ne s'y opposent pas directement, acquérir des propriétés foncières.

Ils sont placés sous la conscription militaire, ainsi que les cbrétiens. Tous les grades au service leur sont ouverts; il existe aujourd'hui des officiers d'élal-niajor juifs.

Les distinctions de tous les genres, excepté celles qui comportent une formule de serment chrétien, tel que l'exigent les ordres de chevalerie, leur sont accordées. Les hommes les plus marquants par leurs vertus civiques et leur état honorable ont acquis jusqu'à des titres de noblesse, qui les placent sur le même rang que les nobles chrétiens.

Ils peuvent se vouer à tel état qui leur convient ; s'il n'en existe guère dans les rangs des employés civils, c'est qu'ils ne se vouent pas à cette carrière, ou bien que tous ceux qui y aspirent entrent dans le sein de rÉglisc.

On a néanmoins été forcé dans plusieurs lieux de prendre des mesures de précaution pour la mise à exécution de l'édit de l'Empereur Joseph , même bien des années après qu'il avait été mis en œuvre, vu l'abus que les juifs ont fait des concessions qui leur avaient été accordées. Voués de père en hls au petit commerce, se soutenant l'un l'autre avec d'immenses capitaux , ils préfèrent gagner par les voies d'un commerce licite ou illicite ce qui leur coi'iterait des soins et de la peine à acquérir par d'autres voies.

Les lois de l'Empereur .loseph ont cependant produit un bien réel ; l'exemple le plus satisfaisant que l'on puisse citer à l'appui de celte vérité se trouve dans la différence réelle qui existe entre les juifs de la Galicie et ceux de l'ancienne Pologne.

Une des grandes difficultés qu^offre toute mesure relative au changement de la position des juifs, provient de leur nombre. Toute réforme précipitée portera toujours sur une masse immense d'hommes adultes et que rien ne peut déterminer soit à renoncer à leurs habitudes , soit à en adopter Franchement de nouvelles.

EXTRAITS DR LETTRES PARTICULIÈRES ECRITES PAR MBTTERNICH À Si FAMILLE,

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