III. La Liberté de la presse
I. Education. Pour tout ohsei-vatcur impartial, il est évident aujourd'hui que les novateurs d'Allemagne, — et c'est dans la classe instruite qu'il y en a le plus, — ont renoncé à l'espérance d'exercer, à leur point de vue révolutionnaire, une influence effective sur la généi-ation active du moment, et particulièrement d'entraincr cetlfi génération « l'action. Le succès
d'une pareille entreprise rencontrera toujours des osbtacles » dans quelques-uns des principaux traits du caractère germanique. — L'Allemand est flegmatique, réfléchi et fidèle. Il spécule plus qu'il n'agit, surtout quand l'action est inséparable de la dissolution de la fia mille et de la rupture des liens civils ; de plus, le patriotisme des Allemands porte sur différents objets : dans la patrie commune il y a, depuis qu'elle est constituée, des vœux populaires distincts entre eux; le patriotisme provincial est celui auquel le citoyen allemand est le plus accessible; il s'empare de lui au sortir du berceau, et trente générations se sont succédé sans qu'il y eût une raison de ne pas l'honorer comme le patriotisme le plus immédiat et le plus naturel: car le Brandebourgeois comme l'Autrichien, le Bavarois comme le Hessois, étaient en même temps Allemands. Souvent Torganisation politique des États influe encore pendant des siècles sur le caractère des peuples, alors que les institutions elles-mêmes ont disparu ; du reste , le souvenir du Saint-Empire est encore récent, et c'est surtout dans les classes inférieures qu'il est encore très-vif. Bien qu'il n'y ait plus d'Empire aujourd'hui, il reste encore une Allemagne, et le noyau des anciennes provinces subsiste encore sous l'autorité des anciens Souverains.
Les novateurs ont compris l'inanité de leur entreprise; aussi leur plan, depuis quils en ont un, a pris un caractère tout différent , et ce caractère lui-même répond k l'esprit et à la situation personnelle des chefs : ce que na pu faire la géné^ ration actuelle doit rester réservé à la génération prochaine; toutefois, afin que ceUe^i ne marche pas sur les traces de ses devancières , il faut s'emparer du jeune homme aussitôt qu'il est sorti de l'enfance et soumettre son esprit à une discipline révo^ lutionnaire.
Là où la révolution, dans l'acception la plus brutale du mot, ne peut plus fausser l'esprit des jeunes gens déjà élevés et les pousser à l'insurrection, il faut élever un peuple pour la révolution.
Ce plan est celui que poursuivent quelques-unes des uni-* versités allemandes , et si nous ne sommes pas suffisamment