EXCUBSIONS EN BOHÊME ET A COBOURG
ne fût convaincu qu'il entendait le latin. L'air plut beaucoup aux paysans.
21 juin.
419. J'ai reçu aujourd'hui la visite d'un homme trèsaimable, d'un bon compagnon, le prince de Schœnburg. C'est un chasseur passionné, un excellent garçon ; aussi a-t-on chi plaisir à le recevoir dans un château solitaire.
J'en ai fini avec mes plans de reconstruction du château. J'aurai un corps de logis principal avec deux ailes; l'une des deux n'est encore achevée qu*à moitié. Quand le tout sera terminé, je pourrai facilement loger trente personnes.
29 juin.
420. Je suis décidé depuis longtemps à construire un nou-* veau caveau. L'ancien, où reposent mes ancêtres et ma pauvre fille, est mal situé. Je viens de trouver un emplacement trèsconvenable pour la future construction. Je vous ai écrit il y a quelques mois que, sur ce domaine, un château et un village ont été détruits par un incendie. Au lieu de faire rebâtir ce château pour l'usage des vivants, je vais le (aire reconstruire en vue d'assurer aux miens et à moi-même un dernier asile. Je ferai élever un monument qui n'aura pas son pareil en Bohême et peut-être dans toute l'Europe. J'aime tout ce qui défie le temps. Je vais donc ériger un monument égyptien ; ce ne sera pas une pyramide, mais la chapelle et le caveau seront en style égyptien : c^est le seul qui résiste aux années et aux intempéries des saisons. On trouve sur place de nombreux matériaux; je n'aurai donc qu'à mettre pierre sur pierre. Il n^entrera pas un seul morceau de bois dans la construction du monument, qui sera érigé au milieu d'un jardin, sur une colline d'environ soixante pieds de haut*.
* Metternick semble avoir voulu pirier du cliiteau de Miltigauy qui fut détruit par un incendie au mois d*avril 1820. Le caveau de famille fut construit pins tard (en i8S8) & Plasi. ( N^e de fÉtUieur.)
Rosenau , le S juillet.
421. J'ai quitté ma propriétë le 30; j'ai couché en i*ou(c, pour ne pas arriver de trop bonne heure à Ck)bour^. Le gîte était détestable, ce qui, du reste, m'est par&itement égal, vu que j'emmène toujoui*s avec moi mon lit et mon cuisinier.
Hier, à midi, j'ai fait mon entrée à Gobourg, où m'attendaient toutes les jouissances problématiques que peut donner l'observation des règles d'une rigoureuse étiquette. Maréchaux du palais, chambellans, pages, etc., étaient là pour me recevoir au sortir de ma voiture. Je fus conduit dans mon appartement comme le Saint-Père après la procession de la Fête-Dieu. Visite du duc, visite rendue au duc; visite à la duchesse, à la duchesse mère, à la duchesse sœur (duchesse A. de Wurtemberg) ; puis grand dîner, grand cercle ù la Cour, grand concert, grand souper. Mon coucher seul a été modeste ; il Ta même été tellement, que j'en ai été ravi. Aujourd'hui, nous avons quitté la capitale pour nous installer à la campagne ; heureusement, là aussi on a laissé l'étiquette de côté. Rosenau est un petit château; nous ne sommes que cinq personnes à Thabiter : le duc, la duchesse, une cousine de cette dernière, un des messieurs de ma suite et moi. La contrée est ravissante; le parc a deux lieues de tour; il est admirablement entretenu. J'ai rarement vu quelque chose de plus joli et de plus confortable, hc soir, il y a eu une fête populaire où tout le monde, excepté moi, a dansé avec les paysans. Je ne pus échapper au plaisir de danser avec une jolie villageoise que grâce à un mensonge; je lui dis qu'en 1813 un boulet de canon mavait effleuré le mollet gauche.
4 juillet.
422. Le duc me promène dans son pays, qui n'est pas grand, mais est fort joli.
Le duc feit reconstruire son château de Gobourg en style